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Bénin – Banque mondiale : neuf réformes structurelles au cœur d’un financement de 170,4 millions d’euros

Financement international, La Marina BJ Selon nos informations, l’Exécutif béninois, représenté par le ministre d’État Romuald Wadagni, et Marie Chantal Uwanyiligira, Directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Bénin, ont signé, les 2 et 3 mars 2026, les documents de l’accord de financement relatif à la « première politique de financement de la transformation économique accélérée et de la création d’emplois au Bénin ». Ce pacte financier, d’un montant global de 170,4 millions d’euros (soit environ 111,7 milliards de FCFA), marque une étape décisive dans le partenariat entre le Bénin et l’Association internationale de développement (IDA).

Loin d’un appui budgétaire classique, cette enveloppe vient récompenser — et surtout financer — une accélération sans précédent de la production normative de l’Exécutif béninois.

Un arsenal juridique converti en levier de financement

Pour convaincre la Banque mondiale et obtenir ces fonds, l’Exécutif béninois a dû faire la preuve d’une maturité institutionnelle à travers une série d’« actions préalables ». Selon le document de l’accord consulté par La Marina BJ, l’État a mis en avant, dans le domaine industriel, la mise en œuvre de la loi portant Code des investissements via le décret n° 2025-684 du 5 novembre 2025. Ce texte consacre la création de pôles économiques régionaux dédiés à l’industrie et à l’agro-industrie, piliers centraux de la stratégie nationale. Ce maillage est complété par le décret n° 2025-644 du 15 octobre 2025, visant à promouvoir l’accès à l’électricité dans les zones rurales.

Parallèlement, le gouvernement a renforcé la résilience du secteur financier par le décret n° 2025-665 du 29 octobre 2025. Ce dernier mandate les prêteurs alternatifs (Fintech et établissements de monnaie électronique) pour participer au partage et à l’utilisation des données de crédit auprès du Bureau d’information sur le crédit (BIC). L’objectif est d’accroître l’accès au financement pour les entreprises, tout en musclant la lutte contre l’évasion fiscale — y compris dans le secteur informel — par l’arrêté n° 2946-c/MEF instaurant une unité de veille stratégique.

Sur le front social, la Banque mondiale a été convaincue par les engagements de l’État béninois en faveur de la préservation du capital humain. L’institutionnalisation de la gratuité des soins prénataux par le décret n° 2025-672 du 29 octobre 2025 et l’extension de la couverture nutritionnelle infantile (note n° 089/PR/ANAN) font office de garanties de protection sociale. Cette refonte s’étend à l’éducation, avec le décret n° 2025-657 du 22 octobre 2025 réformant l’enseignement technique, ainsi qu’à la gestion des services publics essentiels. À ce titre, la restructuration de la SONEB (décret n° 2025-671) et l’encadrement de la transition énergétique domestique constituent les ultimes gages d’une modernisation structurelle. Sur ce dernier point, le gouvernement a scellé la standardisation du marché du gaz GPL via le décret n° 2025-231 du 7 mai 2025 et l’arrêté interministériel n° 3343 du 5 décembre 2025. Ces textes instaurent et imposent des procédures de gestion strictes pour les bouteilles de 1,5 kg et 3 kg, afin de rendre l’énergie propre accessible aux ménages les plus modestes.

Un crédit en deux volets

L’enveloppe de 111,7 milliards de FCFA est structurée en deux compartiments distincts, reflétant une ingénierie financière adaptée à la capacité d’absorption et d’endettement du pays. Le premier volet, désigné comme le Crédit A, représente une somme de 38,4 millions d’euros. Il est complété par le Crédit B, plus substantiel, qui s’élève à 132 millions d’euros. Cette segmentation permet au Trésor béninois de disposer d’une manne immédiate pour soutenir ses programmes de transformation, tout en lissant les engagements souverains sur le long terme.

Toutefois, le déboursement de ces crédits reste rigoureusement indexé sur la performance continue de l’administration béninoise. Outre le maintien d’un cadre macroéconomique stable, le gouvernement béninois est tenu de justifier la pérennité de ses réformes à travers des rapports de mise en œuvre documentés. La clause de clôture, fixée au 31 juillet 2027, impose désormais une course contre la montre pour le retrait intégral des fonds. Enfin, pour garantir une orthodoxie financière sans faille, l’accord sanctuarise le rôle de la Cour des comptes, chargée d’un audit annuel des flux financiers pour s’assurer que chaque franc CFA concourt effectivement à la création de richesse et d’emplois.

À travers cet accord, la Banque mondiale entend accompagner les efforts du Bénin visant à améliorer son environnement économique, renforcer les services essentiels et soutenir le développement du capital humain. Avec cette nouvelle enveloppe financière, le partenariat entre le Bénin et l’institution de Bretton Woods se poursuit ainsi autour d’un objectif commun : soutenir les réformes structurelles engagées par le pays et consolider les bases d’une croissance durable.

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