Investissement, La Marina BJ – Le gouvernement béninois a quasiment atteint ses objectifs en matière de préservation des actifs publics pour l’exercice 2025. Avec un taux d’exécution global de 92,3 %, la maintenance des infrastructures s’impose à nouveau comme un pilier de la stratégie budgétaire, bien que des disparités sectorielles subsistent.
Au 31 décembre 2025, les chiffres de la Direction Générale du Budget affichent une dynamique robuste. Sur une enveloppe prévisionnelle de 69,48 milliards de FCFA, l’État a effectivement mobilisé 64,14 milliards de FCFA pour assurer l’entretien et la durabilité des investissements nationaux.
Le Cadre de Vie, moteur de la dépense publique
Comme c’était déjà le cas les années précédentes et avec sept projets sur les onze répertoriés, le Ministère du Cadre de Vie et des Transports (MCVT) confirme son statut de premier poste de dépense dans cette catégorie budgétaire. À lui seul, ce département a absorbé environ 65,2 % des prévisions totales, avec une consommation de crédits souvent supérieure aux attentes initiales.
Le programme d’Asphaltage, fer de lance de la modernisation urbaine dans des villes comme Cotonou, Parakou ou Porto-Novo, a nécessité une rallonge budgétaire pour atteindre une exécution de 122,3 %, représentant un décaissement de 27 milliards de FCFA contre une prévision de 22 milliards. Ce dépassement témoigne d’une accélération des chantiers au-delà du cadrage budgétaire initial. Plus saillant encore, la réhabilitation des bâtiments administratifs et des infrastructures socio-communautaires affiche un taux de 189,3 % soit 10,75 milliards mobilisés pour une prévision de 5,68 milliards, signe d’une montée en charge rapide des opérations de rénovation du patrimoine bâti de l’État.
Le pari de la mobilité territoriale
L’analyse des données révèle une attention particulière portée à la connectivité rurale et aux axes stratégiques du territoire. Concernant les pistes rurales, un montant de 13,59 milliards de FCFA pour une prévision de 9,59 milliards, a été investi pour faciliter l’évacuation des produits agricoles, ce qui correspond à un taux d’exécution de 141,7 %. Ce volume traduit la priorité accordée à l’évacuation des produits agricoles dans un contexte de soutien à la compétitivité du secteur primaire.
Sur le réseau routier d’intérêt national, la réhabilitation et le renforcement de la RNIE 2 sur le tronçon Bèroubouay–Kandi–Malanville (177,20 km) ont mobilisé 6,71 milliards de FCFA, pour un taux d’exécution de 118,1 %. Cet axe, structurant pour le commerce sous-régional avec le Niger et le nord du Bénin, bénéficie ainsi d’un effort budgétaire supérieur aux prévisions.
Deux lignes affichent quant à elles une exécution parfaite de 100 % : les travaux d’entretien périodique dans les départements de l’Atlantique, du Zou, des Collines et de la Donga, ainsi que l’entretien courant mécanisé sur les routes revêtues, pour des enveloppes respectives de 879,5 millions et 500 millions de FCFA. Ces résultats traduisent une maîtrise d’exécution des services techniques concernés. La réhabilitation des palais royaux, qui relève également du MCVT, s’établit à 77,7 % d’exécution, soit 677,5 millions de FCFA décaissés sur 872 millions prévus.
L’énigme du secteur social
Derrière ces performances macroéconomiques se cachent des contre-performances notables dans les secteurs sociaux. Le projet de construction et de réhabilitation des infrastructures sanitaires, incluant les centres hospitaliers universitaires, départementaux et les hôpitaux de zone, affiche comme déjà le cas en 2024 un taux d’exécution nul de 0,0 %, laissant, sans aucune explication, en suspens une enveloppe de 14,04 milliards de FCFA.
De même, le domaine de l’approvisionnement en eau potable présente un bilan mitigé puisque l’entretien des adductions d’eau villageoises est assuré à hauteur de 83,6 % tandis que le programme d’urgence pour les adductions d’eau potable n’a consommé que 21,3 % de ses crédits.
Au total, le taux de réalisation de 92,3 % positionne favorablement le Bénin dans sa capacité à passer de la phase de construction à celle, plus exigeante sur le plan institutionnel, de la maintenance durable. C’est dans cette seconde phase que se joue la pérennité des investissements lourds consentis ces dernières années, notamment dans les infrastructures routières et les équipements publics. Reste que les retards enregistrés dans le secteur sanitaire et, dans une moindre mesure, dans l’hydraulique rurale rappellent que l’exécution budgétaire n’est pas uniforme, et que certains ministères techniques peinent encore à traduire les dotations en réalisations concrètes dans les délais impartis.
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