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Bénin : l’Assemblée nationale certifie un excédent budgétaire de 136,6 milliards sur la gestion 2024

Gouvernance, La Marina BJ Premier acte législatif de la 10ème législature, le vote unanime du règlement définitif du budget de l’État, gestion 2024, le 21 mai 2026 à Porto-Novo, révèle une exécution budgétaire en deçà des ambitions sur les recettes ordinaires, mais redressée par des opérations de trésorerie robustes. Le résultat net consolidé de l’exercice s’établit à 136,6 milliards de FCFA excédentaires.

C’est par la certification des comptes publics que la 10ème législature béninoise a choisi d’ouvrir son premier chantier législatif. Réunis en séance plénière le jeudi 21 mai 2026 au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, sous la présidence du Professeur Joseph Fifamin Djogbénou, les 109 députés ont adopté à l’unanimité la loi n° 2026-06 portant règlement définitif du budget de l’État, gestion 2024. Acte de clôture du cycle budgétaire annuel, cette loi arrête de façon définitive et contraignante les montants des recettes et des dépenses exécutées, ainsi que le résultat net de l’exercice, constituant ainsi l’acte par lequel le Parlement vérifie, après coup, que l’exécutif a respecté l’autorisation budgétaire qui lui avait été consentie. Elle a été examinée sur la base du rapport de la commission des finances et des échanges, présenté en séance par son président, le député Gérard Gbénonchi, en présence d’Yvon Detchénou, ministre de la Justice et de la législation, représentant le Gouvernement.

Une trésorerie qui redresse la balance

Le rapport de la commission des finances et des échanges révèle un décalage net entre ambition et réalisation sur le volet budgétaire stricto sensu. La loi de finances initiale pour 2024 avait arrêté les ressources budgétaires à 2 076 milliards de FCFA pour des charges de 2 551,7 milliards, dégageant un déficit prévisionnel de 475,7 milliards destiné à être couvert par les opérations de trésorerie. En exécution, les recettes budgétaires mobilisées se sont établies à 1 932,9 milliards de FCFA, un écart de plus de 143 milliards sous la prévision, tandis que les dépenses exécutées ont atteint 1 940,6 milliards. Le solde budgétaire ordinaire demeure ainsi légèrement déficitaire. C’est la sphère des opérations de trésorerie, mobilisation d’emprunts, remboursements de dette, flux de financement, qui rétablit l’équilibre d’ensemble.

Avec 1 374,5 milliards de ressources mobilisées contre 930,1 milliards de charges, l’excédent de trésorerie dégagé atteint 444,3 milliards de FCFA. Ce flux de financement, une fois intégré au solde budgétaire déficitaire, porte le résultat net consolidé de l’exercice à 136,6 milliards de FCFA excédentaires, chiffre officiellement acté par la loi de règlement. Ces résultats s’inscrivent dans un contexte macroéconomique favorable : en 2024, le PIB réel du Bénin a progressé de 7,5 %, son niveau le plus élevé depuis 1990 selon la Banque mondiale, porté par les performances du secteur agricole, l’essor industriel et la progression du tertiaire, avec une inflation contenue à 1,2 %.

Vingtaine d’accord de financement ratifiés

Au cours de la même séance, les députés ont également pris acte de la ratification d’une vingtaine d’accords de financement portant sur des secteurs aussi variés que la cohésion sociale, l’électrification et l’interconnexion des communautés, l’accès à l’eau potable en milieu rural, l’intégration des marchés régionaux, l’inclusion et l’emploi des jeunes. Ce volume inhabituel de ratifications groupées reflète l’intensité des engagements contractés par le Bénin auprès de ses partenaires multilatéraux et bilatéraux dans le cadre du Programme d’Action du Gouvernement. La démarche est cohérente avec la stratégie d’endettement public du pays, qui vise à allonger les maturités et à privilégier la dette externe longue et concessionnelle en substitution aux financements internes courts et coûteux.

Les députés se retrouvent ce vendredi 22 mai pour achever un ordre du jour structuré autour de trois projets de loi à portée normative significative. Le premier porte sur l’environnement en République du Bénin, un texte très attendu qui vise à corriger les limites de la loi-cadre existante, jugée insuffisante en matière d’encadrement des pollutions, et qui avait déjà manqué l’examen lors de la dernière session de la 9ème législature. Le deuxième concerne la répression du faux monnayage et des autres atteintes aux signes monétaires, dans le sillage d’un mouvement d’harmonisation sous-régionale déjà engagé au sein de l’UMOA. Le troisième texte porte autorisation de ratification de la Convention régissant la Commission bancaire de l’UMOA, instrument de gouvernance financière régionale traduisant l’alignement du Bénin sur les standards prudentiels communs à la zone. Pour une assemblée encore en phase de rodage institutionnel, l’ampleur du programme soumis à délibération en ces deux journées constitue un véritable baptême du feu législatif.

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