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Douanes béninoises : Derrière la nomination de Raouf Malehossou, l’impératif de maintenir le cap d’une régie à 860 milliards

Gouvernance, La Marina BJ Le gouvernement du Président Romuald Wadagni a nommé, lors du Conseil des ministres de ce mercredi 3 juin 2026, le Colonel Aboudou Raouf Malehossou au poste de Directeur Général des Douanes. Si cet expert de l’OMD prend les rênes d’une régie financière aux performances record, sa feuille de route s’annonce dense, entre redressement des taxes à l’exportation et intégration technologique régionale avec le Nigeria.

Le deuxième Conseil des ministres de l’administration Wadagni, réuni ce mercredi 3 juin 2026, a acté une nomination stratégique pour les finances publiques nationales. Le Colonel Aboudou Raouf Malehossou prend officiellement les rênes de la Direction Générale des Douanes (DGD) du Bénin. Il remplace Adidjatou Hassan Zanouvi, qui occupait ces fonctions depuis sa nomination le 29 novembre 2023. Le choix de ce haut fonctionnaire s’inscrira en droite ligne dans une dynamique de consolidation technique des réformes douanières et de sécurisation des recettes de l’État, sous la supervision du tout nouveau ministre de l’Économie et des Finances, Aristide Médenou.

Le nouveau patron de la DGD n’est pas un inconnu pour l’appareil d’État. Formateur à l’École nationale des douanes de Porto-Novo, cet officier supérieur a gravi tous les échelons opérationnels avant de s’imposer comme expert accrédité auprès de l’Organisation mondiale des douanes (OMD) à Bruxelles. Son créneau, la gestion des risques et la mise en œuvre des programmes d’« Opérateurs Économiques Agréés » (OEA), un dispositif central qu’il a déjà défendu par le passé lors des réformes menées avec le prestataire technique Webb Fontaine.

Maintenir le cap d’une régie à 860 milliards

​Le premier chantier du Colonel Malehossou sera d’industrialiser son expertise. À l’heure où l’administration douanière a achevé sa mue numérique globale, l’enjeu ne réside plus dans la transition technique, mais dans l’affinement des contrôles. Sa mission consistera à substituer définitivement les inspections physiques systématiques par une doctrine de contrôle ciblée, automatisée et basée sur le renseignement, indispensable pour accélérer le traitement des marchandises au Port de Cotonou sans fragiliser les recettes de l’État.

Le second défi est purement budgétaire car le nouveau Directeur Général hérite d’une institution au sommet de sa forme financière, et le principal enjeu sera de stabiliser ces rendements élevés. En 2025, malgré un contexte régional adverse marqué par les fluctuations du naira et l’impact persistant des crises transfrontalières, la DGD a mobilisé 861,2 milliards de FCFA, pulvérisant son objectif initial de 772,2 milliards pour afficher un taux d’exécution de 111,5 % (Lire LMBJ du 31/03/2026). Cette performance prolongeait déjà un exercice 2024 solide, bouclé à 102,8 % des prévisions. ​Si les recettes d’importation affichent une croissance robuste de plus de 20 %, un signal d’alarme s’est toutefois allumé sur le tableau de bord de la régie. Le segment des taxes à l’exportation a enregistré un repli brutal de 38,6 % sur le dernier exercice. Le redressement de cette fiscalité sur les flux sortants constitue l’un des tests de vérité immédiats pour la nouvelle équipe.

​Le dernier grand chantier à court terme, et sans doute le plus politique, se joue sur le terrain de l’intégration régionale. Le Colonel Malehossou devra finaliser le déploiement technologique du Système interconnecté de gestion des marchandises en transit (SIGMAT) avec la République fédérale du Nigeria. Ce projet d’envergure, crucial pour l’espace UEMOA, vise à automatiser l’échange de données douanières en temps réel entre Cotonou et Abuja. Pour cet expert du renseignement frontalier, la réussite du SIGMAT sera déterminante pour sécuriser les corridors de transport, fluidifier le commerce avec le géant nigérian et endiguer la contrebande. La passation de charges officielle, attendue d’ici demain au plus tard selon nos informations, ouvrira formellement ce mandat placé sous le signe de la haute technologie et de l’efficacité macroéconomique.

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