Gouvernance, La Marina BJ – Adopté en Conseil des ministres ce mercredi 3 juin 2026, le premier projet de loi de finances rectificative (LFR) du septennat fait grimper l’enveloppe globale de l’État à 4 086,62 milliards de FCFA. En injectant cette rallonge massive de 8% par rapport aux prévisions initiales, le nouveau pouvoir dévoile sa stratégie de choc pour financer ses urgences sociales et restructurer l’appareil d’État sans déstabiliser les équilibres macroéconomiques du pays.
Six jours seulement après son Conseil des ministres inaugural, le nouveau gouvernement béninois passe à la vitesse supérieure sur le front budgétaire. Réuni sous la présidence du chef de l’État Romuald Wadagni, l’exécutif a adopté le projet de loi de finances rectificative pour l’exercice en cours, un texte désormais soumis à l’examen des députés de l’Assemblée nationale. Cette révision express, survenant à peine quelques semaines après l’investiture présidentielle du 24 mai 2026, marque une rupture claire avec la trajectoire définie en décembre dernier. En choisissant de modifier en profondeur l’architecture financière votée initialement, le président Romuald Wadagni n’opère pas un simple ajustement technique, mais pose le premier acte politique majeur de son septennat, révélant la méthode et les priorités économiques qui guideront son mandat jusqu’en 2033.
Le premier impératif de cette rallonge budgétaire de 302 milliards de FCFA découle directement de la profonde réorganisation institutionnelle voulue par le nouveau président. L’éclatement de l’ancien ministère de l’Économie et des Finances, désormais structuré autour d’un ministre principal et de trois ministres délégués thématiques, a imposé un recalibrage immédiat de la répartition des crédits républicains. Pour absorber cette mutation sans alourdir le train de vie de l’État, l’exécutif applique une logique de rationalisation stricte au sein de l’administration publique. Les dépenses de personnel accusent ainsi une baisse volontariste de 9,8%, une compression qui traduit la chasse aux doublons administratifs et l’optimisation des structures ministérielles sans pour autant geler les recrutements sectoriels clés. À l’inverse, cette discipline interne permet de dégager des marges de manœuvre pour doper les dépenses d’investissement de 8,5%, accélérant ainsi la transformation des grandes infrastructures publiques du pays.
Déployer l’arsenal social du nouveau septennat
Le cœur politique et l’explication majeure de cette injection de fonds massifs résident dans la mise en œuvre immédiate des promesses sociales du chef de l’État Romuald Wadagni. Le gouvernement prévoit d’utiliser ces ressources nouvelles pour ouvrir des lignes budgétaires d’envergure, à commencer par la généralisation de la gratuité de la scolarité pour les filles de l’enseignement secondaire général et technique dès la rentrée prochaine. Les investissements dans le capital humain se renforcent également à travers l’accélération du programme nutritionnel des mille premiers jours pour les nourrissons, l’extension de l’assurance maladie obligatoire et la consolidation des budgets d’achèvement du Centre hospitalier international de Calavi.
Sur le terrain de la précarité et de l’aménagement, cette rallonge, une fois validée par le parlement, permettra de financer des programmes de réinsertion pour les personnes en situation de mendicité et les enfants de la rue, tout en accélérant l’installation de points d’eau potables dans les écoles et centres de santé des zones rurales. Enfin, face au contexte géopolitique international, une part significative de ces crédits prend la forme de subventions aux intrants agricoles afin de protéger le pouvoir d’achat des ménages et de garantir la sécurité alimentaire nationale.
Préserver la crédibilité macroéconomique face aux marchés
L’un des enseignements majeurs de ce collectif budgétaire est la volonté du président Romuald Wadagni de sanctuariser la signature financière du Bénin auprès des partenaires internationaux. Tout en augmentant les dépenses globales, l’exécutif réussit le pari de maintenir inchangés les grands équilibres macroéconomiques validés par les institutions régionales. Le taux de croissance pour l’année 2026 reste solidement projeté à 7,5%, soutenu par une progression de 2% des recettes de l’État grâce à une efficacité accrue de la collecte fiscale et sans la moindre création de nouveaux impôts.
L’inflation demeure maîtrisée autour de 2%, un niveau largement inférieur au plafond communautaire de l’UEMOA, tandis que le déficit budgétaire reste capé à 2,8% du produit intérieur brut. Ancien artisan du redressement financier national sous la présidence de Patrice Talon, le nouveau chef de l’État utilise sa double casquette de technicien et de politique pour démontrer aux investisseurs que le virage social du Bénin s’opère sous le sceau d’une orthodoxie budgétaire absolue.
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