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BRVM : Les bancaires béninoises s’installent au vert, résistant au coup de mou sectoriel

Bourse, La Marina BJ La séance de cotation du mardi 9 juin 2026 a imposé une phase de consolidation saine mais sélective à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM). Alors que le compartiment des services financiers a essuyé un repli généralisé sous l’effet de prises de bénéfices sur plusieurs grands émetteurs de la sous-région, le pôle bancaire béninois a fait preuve d’une résilience remarquable. En s’installant sereinement au vert, la Banque Internationale pour l’Industrie et le Commerce du Bénin (BIIC) et la Bank of Africa Bénin (BOA Bénin) confirment la solidité de leurs fondamentaux et la confiance continue des donneurs d’ordres.

La place financière régionale de l’UEMOA a évolué sous le contrôle modéré des vendeurs en ce deuxième rendez-vous de la semaine. L’indice de référence, le BRVM Composite, a concédé un recul de -0,14 % pour s’établir à 436,06 points, tandis que le BRVM 30, plus restrictif, accentuait son repli à -0,38 %, confirmant que les valeurs phares de la cote ont globalement souffert. La largeur du marché est d’ailleurs ressortie négative avec 23 titres en baisse contre seulement 18 en hausse. Pourtant, cette correction globale cache un paradoxe technique majeur au niveau des flux financiers : la valeur globale transigée a bondi de près de +59 % pour atteindre 2,18 milliards de FCFA, alors que le volume d’échanges reculait de -24 % à 852 000 titres. Cette divergence fondamentale indique que les investisseurs institutionnels ont concentré leurs capitaux de manière ciblée sur des valeurs lourdes et à cours élevé.

La BIIC et la BOA Bénin affichent une belle convergence haussière

C’est précisément au sein du compartiment des Services Financiers, malmené à l’échelle régionale avec un recul sectoriel de -0,41 %, que les signatures bancaires béninoises ont choisi de nager à contre-courant. La BIIC Bénin (BICB) maintient son excellent momentum de court terme en s’adjugeant une progression de +0,63 %, consolidant sa place de choix dans les allocations de portefeuille défensives. Dans une parfaite synchronisation, la Bank of Africa Bénin (BOAB) emboîte le pas à sa consœur locale en s’appréciant de +0,52 %. Cette légère hausse permet à la BOA Bénin de frôler à nouveau le seuil stratégique des +50 % de performance cumulée depuis le début de l’année (actuellement à+49,49 %). Ce parcours, l’un des plus robustes du secteur bancaire de l’UEMOA en 2026, démontre que la place boursière du pôle béninois conserve une prime d’attractivité majeure auprès des gestionnaires de fonds.

Seule fausse note habituelle de ce pôle béninois, la Loterie Nationale du Bénin (LNBB) est demeurée parfaitement stable à 3 835 FCFA. L’émetteur para-public traîne toujours une contre-performance annuelle de -10,71 %, s’isolant comme le seul actif béninois inscrit en territoire négatif sur l’exercice, faute de catalyseurs opérationnels capables de déclencher un flux acheteur durable.

Quand l’Énergie sauve la mise

La performance de la BIIC et de la BOA Bénin est d’autant plus méritoire que le reste du secteur financier a lourdement pesé sur la tendance boursière. En tant que compartiment le plus lourd de la séance avec plus de 1,074 milliard de FCFA de transactions centralisées, le secteur bancaire régional a subi les corrections sévères de la Société Ivoirienne de Banque (SIB CI) qui plonge de -4,11 %, d’Oragroup Togo en recul de -2,63 %, et de Coris Bank International qui cède -2,27 %. Ces prises de bénéfices automatiques sur les banques ivoiriennes, burkinabè et togolaises ont mécaniquement entraîné le repli de l’indice Composite, validant le dicton boursier selon lequel la santé de la BRVM reste intimement liée à celle de ses institutions financières.

Le salut du marché est venu du secteur de l’Énergie, unique véritable locomotive de la journée avec un gain de +1,22 %, propulsé par la flambée continue de la SMB CI qui s’adjuge +7,36 % pour porter ses gains annuels à +62 %. Le secteur industriel a également été animé par la spectaculaire poussée de la SETAO CI (+7,41 %), dont le cours a plus que doublé en six mois pour atteindre une performance annuelle de +135 %, un niveau de surchauffe qui appelle désormais à la prudence. En définitive, cette séance du 9 juin s’apparente à une saine redistribution des flux de capitaux avant l’intégration imminente de nouvelles lignes obligataires souveraines ivoiriennes et sénégalaises, une vague de papier frais que les banques béninoises abordent en position de force.

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