Gouvernance, La Marina BJ — Pour la première fois depuis sa constitutionnalisation en décembre 2025, le Sénat béninois apparaît dans un document budgétaire officiel. Le projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour la gestion 2026, adopté en Conseil des ministres le 3 juin et transmis à l’Assemblée nationale, lui alloue une dotation. Une inscription technique qui constitue le pivot financier indispensable au déploiement immédiat de la chambre haute.
Dans le Tableau A de répartition des crédits de paiement annexé au PLFR 2026, le Sénat intègre la nomenclature officielle sous un code. La loi de finances initiale, promulguée en décembre 2025 pour l’exercice 2026, n’anticipait aucune formulation budgétaire pour la nouvelle institution ; le collectif budgétaire y inscrit désormais 100 millions de francs CFA, intégralement logés en dépenses de transfert.
Le compte rendu officiel du Conseil des ministres du 3 juin 2026 lie cette révision budgétaire à la restructuration de l’appareil gouvernemental et à l’exécution des nouvelles orientations présidentielles (Lire LMBJ du 3/06/2026). Au-delà de l’ajustement comptable, cette inscription formalise l’existence administrative d’une seconde chambre parlementaire et prélude à son installation imminente.
Une dotation d’amorçage face aux impératifs du calendrier
La ventilation des 100 millions de francs CFA reflète la phase transitoire de l’institution, puisque l’annexe du projet n’alloue pour l’heure aucun crédit au personnel ni aux biens et services. L’inscription exclusive en dépenses de transfert indique que ces fonds visent à couvrir les frais logistiques d’installation, avant l’élaboration ultérieure d’un budget sectoriel complet, certainement pour le compte de l’exercice 2027.
Pour rappel, les indemnités des sénateurs doivent faire l’objet d’un décret en Conseil des ministres qui n’a pas encore été rendu public à ce jour. Début mai, l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo, lui-même membre de droit de la future assemblée, projetait une mise en place dans le courant du mois de juin, consécutivement à la prestation de serment du Président SEM Romuald Wadagni. Le démarrage effectif des travaux, articulé autour de quatre sessions ordinaires de vingt et un jours par an alignées sur le calendrier législatif de l’Assemblée nationale, reste tributaire de trois conditions : la nomination formelle des sénateurs devant être désignés, l’adoption du règlement intérieur et l’affectation de locaux dédiés.
En inscrivant cette dotation initiale dans le premier collectif budgétaire de son mandat, l’exécutif désormais conduit par le chef de l’État, Romuald Wadagni, formalise l’ancrage financier de l’institution, dont le déploiement matériel reste à exécuter. À suivre.
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