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BRVM : Face au repli général, les bancaires béninoises étalent leur robustesse

Bourse, La Marina BJ La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) a prolongé sa phase de consolidation ce mercredi 24 juin 2026, s’enfonçant un peu plus dans un territoire rouge marqué par l’attentisme des opérateurs. L’indice de référence BRVM Composite a cédé -0,39 %, tandis que le compartiment Prestige, regroupant les douze valeurs les plus liquides de la sous-région, essuyait la plus lourde correction de la journée avec un repli de -0,73 %. Pourtant, au milieu de ce mouvement de décrue généralisée à Abidjan, l’axe Cotonou a fait preuve d’une impressionnante résilience grâce à ses deux titres bancaires.

Porté par la reprise de la marche en avant de la BOA Bénin et la liquidité exceptionnelle de la BIIC Bénin, le bloc bancaire béninois a étalé sa robustesse fondamentale, confirmant son statut de valeur refuge du premier semestre. Le profil macroéconomique de la séance traduit également un net essoufflement des initiatives sur la place financière régionale. Les investisseurs ont clairement levé le pied, entraînant une baisse de 17 % des volumes (1,71 million de titres) et une contraction de près de 23 % de la valeur globale transigée, qui retombe sous la barre des 2 milliards pour s’établir à 1,94 milliard de FCFA.

La BIIC brille par sa liquidité

C’est au cœur d’une séance de résistance des services financiers que le pôle bancaire de Cotonou a déployé ses forces, attirant de larges flux de capitaux de la part d’institutionnels en quête d’actifs défensifs à fort rendement.
La Banque Internationale pour l’Industrie et le Commerce (BIIC) s’est imposée comme l’un des grands animateurs de la séance régionale. Bien que le titre ait concédé un repli marginal de -0,34 % pour s’établir à 5 790 FCFA, l’émetteur a fait étalage d’une profondeur de marché remarquable. Plus de 26 000 actions ont été échangées sur la ligne, générant à elles seules un flux de transaction de 150 millions de FCFA. Ce volume massif, dans une journée de forte contraction boursière, prouve le grand intérêt et la confiance des gestionnaires de portefeuilles pour cette valeur. Ces derniers profitent de la moindre respiration technique pour accumuler des lignes sur un titre dont le PER décoté reste l’un des plus attractifs du marché.

Parallèlement, la Bank of Africa (BOAB) Bénin a rapidement effacé sa légère déconvenue de la veille pour reprendre sa trajectoire ascendante. Le titre BOAB a progressé de +0,34 %, se hissant de nouveau à 8 950 FCFA sur un volume honorable de plus de 5 000 titres. Cette performance permet à la banque béninoise de consolider son insolent gain de +52,99 % depuis le premier janvier, signant au passage l’une des trajectoires de croissance les plus dynamiques du groupe Bank of Africa sur la bourse régionale. Le marché continue de valider sa prime de qualité, ignorant une valorisation exigeante pour saluer la récurrence de ses résultats opérationnels.

La LNB en hibernation

En marge de cette démonstration de force du secteur bancaire, la Loterie Nationale du Bénin (LNB) a connu une nouvelle séance d’observation, déconnectée du reste du pôle béninois.
Le titre LNBB est demeuré parfaitement stable à 4 000 FCFA au terme d’échanges particulièrement étroits et de faibles volumes.

Dépourvue de catalyseur à court terme, la valeur poursuit sa phase d’hibernation boursière, les investisseurs préférant visiblement arbitrer en faveur des rendements bancaires immédiats en cette fin de semestre plutôt que de parier sur le redressement d’un titre qui affiche toujours -6,87 % de perte annuelle. La LNB parvient néanmoins à préserver ce support psychologique essentiel des 4 000 FCFA, qui lui sert de base technique en attendant le retour de flux acheteurs.

Le sursaut du bloc BOA sahélien

Si le marché est apparu techniquement neutre avec un équilibre parfait de 17 hausses contre 17 baisses, la lourde chute de la Consommation Discrétionnaire (-4,34 %), plombée par la capitulation de CFAO Motors CI à 1 550 FCFA (-7,46 %), ainsi que le repli d’Orange Côte d’Ivoire (-3,29 %) sur le segment des Télécommunications ont lourdement pesé sur la tendance. Dans ce contexte de repli sectoriel, seuls les services financiers (+0,42 %) et les services publics (+1,51 %) ont servi de remparts.

D’autres forces sous-jacentes ont également permis d’éviter un décrochage plus sévère de la cote régionale. Le compartiment industriel s’est ainsi offert une bouffée d’oxygène avec une progression de +0,25 %, parvenant à stabiliser ses positions après plusieurs séances de turbulences. C’est toutefois du côté de l’Afrique de l’Ouest sahélienne que sont venues les impulsions haussières les plus spectaculaires du jour sur le segment financier. La Bank of Africa (BOA) Mali s’est hissée au sommet du palmarès régional en s’adjugeant une hausse stratosphérique de +7,46 %, talonnée de près par sa consœur, la BOA Niger, qui a bondi de +4,89 %. Ces performances notables au sein du réseau BOA démontrent que l’appétit pour le risque bancaire reste le principal filet de sécurité des investisseurs en cette fin de cycle semestriel.

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