Industrialisation verte, La Marina BJ — Le Fonds africain pour l’économie circulaire (ACEF), sous la gestion du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), ouvre un nouveau chapitre avec l’intégration de huit nouveaux pays, dont le Bénin, dans son programme de feuilles de route nationales pour l’économie circulaire (NCER). Pour le gouvernement béninois, cette transition consacre le passage de la formulation institutionnelle à des résultats mesurables d’ici 2035.
Cette extension valide un modèle d’action publique articulé autour de deux régimes distincts : d’une part, la phase d’élaboration stratégique engagée par l’Angola, le Liberia, Madagascar et le Sénégal ; d’autre part, la phase opérationnelle dans laquelle s’engagent désormais le Bénin, le Tchad, l’Éthiopie et Maurice. L’initiative s’inscrit dans un contexte macroéconomique marqué par un déficit annuel de financement du développement supérieur à 400 milliards de dollars pour le continent — un chiffre avancé par Anthony Nyong, directeur du département du Changement climatique et de la Croissance verte à la BAD, pour qui les feuilles de route nationales doivent permettre aux pays de transformer leurs priorités en opportunités d’investissement concrètes.
L’ancrage béninois : du diagnostic aux objectifs 2035
Au Bénin, selon les informations rapportées par notre journaliste contributeur Noé William Hounkanrin, la matérialisation de cette orientation s’appuie sur le Plan d’action national pour l’économie circulaire (PAEC). Si la réflexion sectorielle et les premières concertations techniques ont été amorcées dès mai 2024, le plan a été officiellement lancé le 5 février 2026 sous l’égide du ministère du Cadre de vie et du Développement durable (MCVDD).
Le modèle béninois vise des transformations structurelles quantifiées à l’horizon 2035 et en matière de développement du tissu entrepreneurial, l’ambition est de porter le nombre d’entreprises circulaires formelles de 19 actuellement à 300 unités productives.
Concernant le recyclage et la gestion des déchets, le plan cible un taux de recyclage global de 25 %, vise à garantir une collecte intégrale des déchets ménagers en milieu urbain et prévoit d’élever la couverture rurale à 60 %. Sur le plan du capital humain, la stratégie entend former 15 000 citoyens aux compétences de la transition verte.
Les premiers agrégats sectoriels confirment la faisabilité industrielle des objectifs fixés. Selon les données ministérielles présentées par l’ex ministre José Didier Tonato, le secteur des infrastructures réinjecte déjà 70 % des matériaux issus des anciennes routes. De son côté, la Zone économique spéciale de Glo-Djigbé (GDIZ) assure un taux de recyclage et de retraitement de 90 % des eaux usées de ses unités textiles.
Composante de la deuxième phase
La montée en puissance du dispositif béninois bénéficie de l’appui technique et financier du Fonds ACEF, créé en 2022 par la BAD avec le soutien initial de la Finlande et du Fonds nordique de développement. La réponse massive à l’appel à manifestations d’intérêt — ayant réuni 32 candidatures d’États africains pour la deuxième cohorte — atteste d’une appropriation politique croissante du concept de régénération économique. En accédant à la phase d’exécution aux côtés du Tchad, de l’Éthiopie et de Maurice (le Cameroun ayant finalisé sa propre feuille de route au deuxième trimestre 2026), le Bénin positionne son cadre réglementaire comme un guichet d’investissement bancable.
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Pour le gouvernement du président Romuald Wadagni, l’enjeu immédiat réside dans la traduction institutionnelle de ce plan d’action en instruments d’incitation fiscale, en partenariats public-privé et en projets industriels capables d’absorber les flux de financements mobilisés par la Banque africaine de développement.
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