Agro-industrie, La Marina BJ – Parallèlement aux interventions dans les filières avicole, aquacole, horticole et le secteur de l’élevage, la politique d’appui-conseil agricole s’élargit progressivement. Selon les informations recueillies auprès de notre source bien informée, le ministère de l’agriculture à travers l’Agence Territoriale de Développement Agricole (ATDA) du sixième pôle, prévoit le déploiement d’un programme d’accompagnement technique et commercial destiné à transformer la dynamique de la filière palmier à huile dans les Pôles de Développement Agricole (PDA) 5, 6 et 7.
Inscrite dans le cadre du Programme National de Développement de la Filière Palmier à Huile (PNDF-PH) et financée sur les ressources du Budget National, cette nouvelle initiative bénéficie d’une enveloppe budgétaire prévisionnelle estimée à 169,49 millions de francs CFA. Longtemps première culture d’exportation du pays jusqu’au début des années 1970, avant de traverser plusieurs décennies de crise, la filière palmier à huile connaît depuis 2016 une relance portée par diverses réformes gouvernementales. Elle représente aujourd’hui environ 0,68 % du produit intérieur brut national, avec une production ayant atteint 908 394 tonnes en 2023, en hausse de 6,2 % par rapport à l’année précédente.
Le PNDF-PH, validé en 2020 dans le sillage du premier Programme d’Actions du Gouvernement, affiche l’ambition, à l’horizon 2030, d’installer au moins 25 000 hectares de nouvelles palmeraies, d’améliorer d’au moins 20 % le rendement moyen des exploitations et de faire progresser de 50 % les ventes d’huile de palme, d’huile palmiste et de savons dérivés produits selon les normes de durabilité, sur le marché national comme dans la sous-région. C’est dans cette trajectoire que s’inscrirait le futur dispositif engagé pour les trois PDA.
Une continuité dans l’appui aux acteurs de base
Conçu pour s’étendre sur une durée prévisionnelle de douze (12) mois une fois les interventions de terrain lancées, ce projet adopte la démarche désormais consacrée par les autorités agricoles : l’établissement d’un diagnostic de professionnalisation initial, un encadrement ciblé, puis une évaluation d’impact. L’objectif global réside dans l’amélioration de la rentabilité des plantations, la professionnalisation des ateliers de transformation locale et la sécurisation des débouchés commerciaux pour les producteurs.
Le premier pilier stratégique vise la délivrance d’un Conseil Technique Spécialisé (CTS). Il s’agira d’outiller le personnel d’encadrement et les agriculteurs sur l’ensemble du cycle de production, depuis les règles d’installation des plantations jusqu’à la gestion durable des exploitations. Sur le volet de la transformation, l’intervention mettra un point d’honneur sur la mise en conformité des produits dérivés aux normes béninoises. Les formations cibleront notamment l’amélioration des procédés d’extraction pour l’huile rouge de palme, l’huile palmiste brute et l’huile zomi. Pour soutenir ces pratiques à la base, la redynamisation des Unités Mobiles de Prestations de Service (UMPS) et des groupements de services spécialisés est également inscrite au cœur de la feuille de route, en vue de bâtir un modèle opérationnel réplicable à l’échelle nationale.
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Modèles économiques durables
Parallèlement au renforcement des compétences agricoles, le second volet prioritaire s’articulera autour du Conseil à l’Accès aux Marchés (CAM). L’ambition est d’apporter des réponses concrètes aux défis de commercialisation auxquels font face les acteurs locaux. Selon les informations recueillies par notre journaliste contributeur Hubert Sena, le plan prévoit d’instaurer des mécanismes de fidélisation des apporteurs de matière première au profit du cluster Huile Rouge de palme de Sakété et du Pôle d’Entreprises Agricoles (PEA) de Pobè.
De plus, des travaux d’ingénierie sociale et d’accompagnement organisationnel serviront à structurer des modèles économiques pérennes pour les PEA de Pobè et d’Ifangni, garantissant ainsi une meilleure gestion des infrastructures collectives de transformation et un accès facilité aux marchés les plus porteurs (Lire LMBJ du 28/01/2025). À travers cette initiative, l’exécutif confirme sa volonté de généraliser l’approche par filière pour accélérer la modernisation de l’agriculture béninoise.
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