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Pour l’année scolaire 2026-2027, le Bénin et l’UNICEF misent sur des contrats de performance dans les écoles

Éducation, La Marina BJAlors que les portails des établissements scolaires s’ouvrent ce lundi 14 septembre 2026 sur toute l’étendue du territoire national, l’année académique 2026-2027 ne s’annonce pas comme une simple reprise administrative. En coulisses, les ministères en charge de l’Éducation et l’un de leurs partenaires stratégiques, l’UNICEF, peaufinent une refonte silencieuse mais décisive du système éducatif. Selon nos informations, une initiative d’envergure est sur le point d’être mise en œuvre pour corriger les défaillances de la gouvernance locale en imposant la culture de la performance et de la redevabilité au cœur des circonscriptions scolaires.

Longtemps caractérisé par une gestion fortement centralisée, le suivi des établissements scolaires se heurte sur le terrain à des disparités d’accès, de maintien des élèves et de qualité des apprentissages. Si les efforts d’accroissement des effectifs portent leurs fruits, la chaîne de transmission entre les décisions centrales et l’exécution dans les communes présente des fragilités chroniques.

Pour cette année scolaire 2026-2027, les autorités éducatives, soutenues par le Partenariat mondial pour l’éducation à travers le programme WEZIZA ÉDUC et le dispositif PAQUE2, s’apprêtent à réorienter leur stratégie vers une responsabilisation directe des acteurs déconcentrés.

La fin programmée du pilotage uniforme

L’axe majeur de cette feuille de route en préparation repose sur la rupture avec les directives appliquées sans adaptation aux réalités locales. Jusqu’ici, les projets d’établissement souffraient d’un manque de contextualisation face aux contraintes spécifiques de chaque zone géographique. Selon le document projet consulté par La Marina BJ, la réponse de l’État béninois s’organisera autour d’un maillage ciblé couvrant un total de 31 communes réparties dans l’ensemble des départements. De Karimama, Malanville, Kandi et Banikoara dans l’extrême Nord, en passant par Ségbana, Kalalé, Gogounou, Pèrèrè, Kouandé, Kérou, Pehunco, Cobly, Copargo, Toucountouna, Tanguiéta, Matéri et Boukoumbé, jusqu’aux communes de Sô-Ava, Agbangnizoun, Aguégués, Toviklin, Lalo, Djakotomey, Aplahoué et Klouékanmè, chaque bassin éducatif fera l’objet d’un accompagnement sur mesure.

L’architecture opérationnelle de cette grande réforme s’appuiera sur sept experts en sciences de l’éducation, en planification ou en ingénierie de la qualité, et totalisant au moins dix ans d’expérience sur le terrain. Durant quatorze mois, ces spécialistes de l’accompagnement institutionnel et de la gestion axée sur les résultats (GAR) auront pour mission d’immerger les acteurs locaux dans ce nouveau modèle. Les premières phases d’immersion et de renforcement des capacités des cadres locaux s’achèveront au premier trimestre 2027. Elles seront suivies, d’ici la fin du mois de mai 2027, par la finalisation des plans triennaux et des contrats de performance. La phase de suivi-évaluation et de diffusion des bilans de performance s’étendra quant à me de juillet à novembre 2027.

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Vers des contrats de performance

Au cœur de ce dispositif sur le point d’être enclenché, les Circonscriptions Scolaires (CS) et les Circonscriptions d’Inspection Pédagogique (CIP) deviendront les pivots de la gouvernance sous la supervision conjointe des inspections générales ministérielles et des directions de la planification. L’initiative prévoit la généralisation progressive de plans triennaux et de contrats de performance fondés sur des indicateurs précis et mesurables, tout en responsabilisant les structures de cogestion et les collectivités territoriales.

Cette mutation en coulisses rejoint les préoccupations exprimées ce dimanche 13 septembre par le ministre des Enseignements maternel et primaire, Armand Kuyema Natta, lors de son traditionnel message de rentrée. Pointant un « contraste » entre la progression continue du CEP (90,17 %) et le recul enregistré au BEPC (64,14 %) et au BAC (66,78 %), l’autorité ministérielle de l’éducation à la base a appelé à resserrer l’encadrement pédagogique dès ce premier jour de classe. La remise récente de seize véhicules tout-terrain aux chefs de circonscription, citée par le ministre et appuyée par l’UNICEF, apparaît ainsi comme le premier jalon matériel d’un vaste plan d’action dont les premiers bilans publics viendront sceller, d’ici 2027, le passage vers une école béninoise pleinement participative et axée sur les résultats.

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