Bourse, La Marina BJ — Alors que la place financière régionale de l’UEMOA baigne dans une euphorie rare avec une progression de 8 % en quinze jours, le pôle béninois semble frappé d’une soudaine inertie. Entre le 16 et le 20 février 2026, la liquidité vers les valeurs béninoises s’est littéralement évaporée, enregistrant une chute brutale de 30 % de ses volumes transactionnels. Une déconnexion inquiétante qui place la BOA Bénin et la LNB au cœur du peloton des plus fortes baisses de la semaine.
La séance de clôture du vendredi 20 février a confirmé une tendance lourde : le marché boursier régional est à deux vitesses. D’un côté, un indice BRVM Composite conquérant qui s’adjuge +3,78 % sur la semaine (après +4,09 % la semaine précédente), porté par un rallye spectaculaire des secteurs industriels et des services. De l’autre, un compartiment béninois qui subit un assèchement de ses flux. En l’espace de cinq séances, la valeur totale transigée sur les trois titres béninois est passée de 367,8 millions de FCFA à seulement 254,4 millions, soit une perte de plus de 113 millions de FCFA de liquidité.
Le « réservoir de cash »
Cette fuite des capitaux s’explique selon les analystes par un arbitrage massif des investisseurs. Dans un marché où 37 actions sont en hausse pour seulement 8 en baisse, les gestionnaires de portefeuilles ont délaissé les valeurs béninoises, perçues comme stagnantes, pour financer leurs positions sur des titres explosifs comme SAFCA (+24,56 %) ou Servair Abidjan (+23,45 %).
La Bank of Africa Bénin (BOAB) illustre parfaitement ce désamour passager. La locomotive du pôle a vu ses volumes fondre, passant de 221,7 millions de FCFA à 159 millions d’une semaine à l’autre. En concédant 0,72 % sur la semaine pour clôturer à 6 850 FCFA, la BOA BN se classe au 6ème rang des plus fortes baisses du marché. Un signal faible mais réel de prise de bénéfices au profit d’opportunités ivoiriennes plus immédiates.
La LNB dans la tourmente, la BIIC en résistance isolée
La situation est plus délicate pour la Loterie Nationale du Bénin (LNB). Figurant à la 5ème place des plus fortes baisses de cette semaine de cotation, le titre poursuit son érosion. Malgré un volume d’échange qui reste présent, la valeur a glissé à 3 865 FCFA, portant sa variation annuelle à un seuil critique de -10,01 %. Si cette baisse permet au rendement net de grimper à un niveau record de 7,13 %, elle traduit surtout une méfiance persistante des investisseurs suite aux annonces de fin d’année 2025.
Seule la BIIC Bénin (BICB) parvient à maintenir la tête hors de l’eau, mais avec une peine évidente. Bien qu’elle reste dans le vert avec une progression hebdomadaire de 0,10 %, elle s’effondre dans le classement des performances, passant de la 29ème à la 37ème place des hausses. Elle sauve toutefois l’honneur du pôle en franchissant le cap symbolique des 5 000 FCFA, attirant à elle seule 78,1 millions de FCFA de flux, soit près du tiers de la liquidité totale des titres béninois.
Un marché régional sourd au repli béninois
Pendant que les valeurs béninoises consolide dans la douleur, la BRVM vit un véritable « Bull Run ». Le BRVM 30 s’envole de 3,84 % et le compartiment Prestige gagne 2,65 %. La concentration des hausses sur des titres comme Africa Global Logistics (+21,16 %) ou Ecobank Togo (+17,24 %) montre que l’appétit pour le risque est de retour, au détriment des valeurs de rendement prudentes du Bénin.
Pour nos spécialistes à la rédaction, cette fin de mois de février sera décisive. Le pôle béninois doit impérativement stopper cette fuite de liquidité pour éviter que la correction technique ne se transforme en un désintérêt durable des grands donneurs d’ordres de la zone UEMOA.
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