Bourse, La Marina BJ — Alors que la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) a essuyé l’une de ses plus fortes corrections de ce début d’année, le pôle béninois a fait preuve d’une insolente résilience. Tandis que les indices régionaux viraient au rouge vif, la BIIC et la LNB ont opéré un redressement spectaculaire, s’imposant comme les rares points de satisfaction d’une séance marquée par un pessimisme généralisé.
Ce mercredi 04 mars restera comme une séance de « douche froide » pour la place financière régionale. En l’espace de quelques heures de cotation, la capitalisation boursière globale de la BRVM s’est contractée de près de 196 milliards de FCFA, pour s’établir à 15 944 milliards. Le BRVM Composite a plongé de -1,21 %, entraîné dans sa chute par un BRVM 30 encore plus affecté (-1,71 %). Pourtant, au cœur de ce reflux massif, le compartiment béninois a achevé sa phase de respiration pour entamer un découplage offensif.
La fin de la pause pour la BIIC Bénin ?
Après avoir marqué le pas la veille, la Banque Internationale pour l’Industrie et le Commerce (BIIC) a repris sa marche en avant avec autorité. Le titre a bondi de +1,06 %, franchissant un nouveau cap stratégique à 5 250 FCFA. Cette performance n’est pas anodine car elle intervient au moment où le secteur des Services Financiers régional reculait globalement de -1,14 %.
Avec une variation annuelle qui culmine désormais à +5,53 %, la BIIC démontre que son palier actuel n’est plus un sommet, mais un nouveau socle de croissance. Si les volumes se sont stabilisés à 14,8 millions de FCFA transigés, la qualité de la demande confirme que le titre est de plus en plus perçu comme une valeur de fond de portefeuille par les institutionnels.
L’autre grande satisfaction du jour provient de la Loterie Nationale du Bénin (LNB). Malmenée depuis le début du mois, la valeur a enfin stoppé son érosion en signant une hausse de +0,78 %. Le titre a reconquis le terrain perdu pour clôturer à 3 895 FCFA, porté par un volume d’échanges en nette progression (2 662 titres transigés contre 2 074 la veille).
Le poumon de liquidité du marché béninois
Si la Bank of Africa Bénin (BOA BN) a concédé une micro-baisse cosmétique de -0,14 % (à 6 990 FCFA), elle n’en a pas moins été l’actrice centrale de la journée. Dans un marché en quête de repères, la filiale béninoise du groupe BMCE a servi de véritable réservoir de liquidités notamment sur le pôle béninois, drainant plus de 74,6 millions de FCFA de valeur transigée.
À elle seule, la BOA Bénin a capté une part substantielle des flux d’échanges du pôle financier national, prouvant sa capacité à absorber des volumes importants même en période de tension. Sa capitalisation boursière, qui tutoie les 281 milliards de FCFA, demeure un pilier de stabilité pour l’indice BRVM Prestige.
Une débâcle régionale aux airs de sélection naturelle
Pour mieux mesurer la performance des titres béninois lors de cette séance de cotation, il faut observer le champ de mines qu’est devenu le reste de la cote. Dans une atmosphère de désengagement, la valeur transigée globale s’est envolée de 40,64 % pour atteindre 3,01 milliards de FCFA, signe que de nombreux investisseurs ont précipité leurs sorties sur un marché où l’on comptait 26 baisses contre seulement 18 hausses.
Le secteur industriel a été littéralement balayé avec un recul de -4,15 %, illustré par le naufrage de Solibra CI (-7,50 %) et la déroute de Safca CI (-7,46 %). Si Vivo Energy CI a réussi l’exploit de grimper de +7,49 % aux côtés d’Unilever CI (+5,71 %), la tendance de fond est restée lourdement lestée par la chute d’Erium CI (-6,89 %) et d’Uniwax CI (-6,56 %). En s’extrayant de cette spirale négative qui a également emporté les Télécommunications (-1,95 %), le pôle béninois ne s’est pas contenté de résister ; il a proposé une alternative robuste à la volatilité ambiante.
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