Qualité de service, La Marina BJ — L’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et de la Poste (ARCEP) vient de rendre publics les indicateurs de performance des opérateurs mobiles pour la période du 15 au 28 février 2026. Si la connectivité 4G affiche une vitalité remarquable, portée par une guerre des débits sans précédent, la fiabilité de la voix (2G) révèle des disparités qui fragmentent l’expérience utilisateur sur le territoire national.
Le paysage des télécommunications béninois dessine une courbe en « V » pour la période du 15 au 28 février 2026. D’un côté, une accélération fulgurante de la data ; de l’autre, une stabilité parfois chancelante des services vocaux traditionnels. C’est le constat majeur qui ressort de l’analyse des données de qualité de service (QoS) collectées durant cette seconde quinzaine du mois, analyse effectuée par le cabinet WE Connector pour La Marina BJ.
Celtiis impose un nouveau standard
Le segment de la 4G est devenu le terrain d’expression privilégié de la performance. Dans cette arène, l’opérateur national Celtiis s’impose comme la locomotive du marché avec un débit descendant moyen franchissant la barre des 21 Mbps. Cette performance lui permet de distancer de près de 25 % ses concurrents directs, MTN et Moov Africa, qui se stabilisent tous deux autour de 16,5 Mbps. Bien que devancés par Celtiis, ils offrent, selon la note d’analyse du cabinet WE Connector, « une expérience utilisateur très confortable, triplant le seuil de conformité. »
Cette suprématie de Celtiis se confirme également sur l’amont avec un débit de 3,70 Mbps enregistré en fin de période. Il convient toutefois de souligner que l’ensemble des acteurs surpasse largement le seuil réglementaire de 5 Mbps, ce qui témoigne d’une maturité technique globale des infrastructures 4G sur l’ensemble du territoire.
La voix : le défi de la résilience pour Moov
Si l’internet mobile brille, le service voix rappelle aux opérateurs les exigences de la continuité de service avec un seuil de conformité strict de 99 % pour le taux de succès des appels. Sur ce point précis, MTN fait figure de référence : après un départ à 98,87 % le 15 février, l’opérateur leader a redressé la barre pour atteindre une régularité exemplaire, culminant à 99,67 % le 28 février.
De son côté, l’opérateur national Celtiis affiche une stabilité remarquable, bien qu’il frôle le seuil réglementaire sans toujours le franchir durablement, oscillant entre 98,76 % et 99,04 % de succès. Sa gestion du blocage d’appels reste toutefois excellente selon l’analyse du cabinet. À l’opposé, Moov Africa peine davantage à s’aligner sur ces standards de qualité en affichant des fluctuations marquées sous la barre des 98 % et en descendant jusqu’à 96,87 % le 21 février. Cela constitue une alerte majeure pour l’opérateur qui doit composer avec un taux de blocage d’appels plus élevé que celui de ses pairs durant cette quinzaine.
Une 3G qui joue les prolongations
Malgré la montée en puissance de la 4G, la technologie 3G reste un pilier essentiel pour l’inclusion numérique et la hiérarchie y est globalement respectée. Celtiis mène sur les débits descendants avec une moyenne proche de 1 900 kbps, tandis que MTN conserve une légère avance sur les débits montants avec une pointe enregistrée à 97,10 kbps. De son côté, Moov Africa ferme la marche sur ce segment avec une moyenne de 880 kbps en téléchargement, bien que l’opérateur reste techniquement conforme aux seuils minimaux de l’ARCEP.
L’analyse de cette période révèle une qualité de service à deux vitesses où l’excellence de la data est portée par un challenger agressif qui pousse les historiques à maintenir des débits confortables. Parallèlement, la fragilité de la voix reste un segment où la fiabilité opérationnelle demeure l’apanage de MTN, mettant ainsi en lumière la nécessité pour Moov et Celtiis de stabiliser davantage leur cœur de réseau voix. Pour l’abonné béninois, le choix de l’opérateur semble désormais dicté par l’usage : la puissance brute pour le numérique ou la certitude de la liaison pour les appels critiques, ce qui oblige le régulateur à maintenir une veille constante.
Selon la note du cabinet, « les données montrent que si la conformité est globalement acquise sur la data, la bataille pour la « zéro coupure » en appel voix reste le principal chantier de ce premier trimestre 2026. »
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