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Développement durable : Avec la Banque mondiale, le Bénin mobilise de nouveaux leviers pour son économie bleue

Protection côtière, La Marina BJLe Groupe de la Banque mondiale a approuvé le 17 mars 2026 un financement de 240 millions de dollars pour lancer la première phase du programme régional WACA+, qui cible en premier lieu le Bénin et la Mauritanie. Pour le gouvernement béninois, cette décision ouvre un chapitre inédit : celui d’un littoral transformé non plus seulement en ligne de défense contre l’océan, mais en socle d’une économie productive et résiliente.

L’intervention béninoise se concentre sur deux zones géographiques identifiées comme prioritaires : l’estuaire de la Bouche du Roy et l’embouchure du fleuve Mono. Ces deux points constituent des nœuds de vulnérabilité majeurs pour le pays. L’érosion y menace simultanément des habitations, des terres agricoles, des axes de transport stratégiques et des zones à fort potentiel touristique.

La stabilisation de ces sites n’est pas un objectif isolé. Elle conditionne la protection d’un tissu économique et humain bien plus large, dans un contexte où les zones côtières d’Afrique de l’Ouest abritent plus de 360 millions de personnes et subissent des pressions croissantes sur leurs moyens de subsistance.

13 000 emplois comme horizon

À l’échelle régionale, le programme prévoit la restauration de jusqu’à 3 000 hectares de mangroves et de zones humides côtières. Le Bénin prend sa part dans cet effort, avec des enjeux qui dépassent la seule dimension écologique. Les mangroves restaurées rempliront une triple fonction : amortir les ondes de tempête et réduire l’exposition aux inondations, reconstituer les stocks halieutiques dont dépendent des milliers de pêcheurs artisanaux, et ouvrir de nouvelles perspectives dans les secteurs de l’écotourisme et de l’aquaculture. Ce que le programme désigne comme une restauration d’écosystèmes est en réalité la reconstruction d’une infrastructure productive naturelle, dont la dégradation représente un coût économique direct pour les communautés locales.

La dimension sociale du programme constitue l’un de ses axes les plus structurants. D’ici 2031, la première phase de WACA+ vise la création de 13 000 emplois mieux rémunérés au Bénin et en Mauritanie, répartis entre la pêche, l’aquaculture, l’écotourisme, l’hôtellerie, la logistique et les activités de restauration de la nature.

Pour y parvenir, le programme mise sur un soutien direct au tissu entrepreneurial local. Les micros, petites et moyennes entreprises, les coopératives, les associations de producteurs ainsi que les entreprises dirigées par des femmes et des jeunes bénéficieront de formations, d’accompagnements et d’une assistance technique ciblée. Au total, plus de 31 000 personnes devraient être touchées par ces activités de renforcement des capacités avant la clôture de la phase initiale.

Une architecture financière mixte

Sur le plan de la résilience, le programme fixe un objectif chiffré : réduire l’exposition à l’érosion côtière et aux inondations pour plus de 530 000 personnes au Bénin et en Mauritanie. Cet objectif repose sur la combinaison des infrastructures de protection physique, de la restauration des écosystèmes et du renforcement des capacités institutionnelles de gestion du littoral. Le programme appuiera en parallèle la mise en œuvre des plans nationaux de développement du littoral, la modernisation de la surveillance côtière et l’amélioration de la gouvernance des aires marines protégées. Ces éléments constituent le socle réglementaire sans lequel aucun investissement privé durable ne peut s’ancrer.

Selon le communiqué de la Banque Mondiale, le financement de 240 millions de dollars repose sur trois sources distinctes : 207 millions de dollars mobilisés par l’Association internationale de développement, 28 millions de dollars de capitaux privés et 5 millions de dollars issus du fonds fiduciaire PROBLUE. Cette architecture mixte, qui associe financement public concessionnel et capitaux privés, traduit une volonté explicite de ne pas cantonner le programme à la logique de l’aide au développement.

La dimension régionale du dispositif renforce cette ambition. WACA+ s’inscrit dans la continuité des phases précédentes du programme WACA, mais cette phase marque un élargissement délibéré vers l’économie bleue comme levier de développement socio-économique. Les phases futures du programme ont vocation à couvrir d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, avec pour objectif final de protéger plus de 1,3 million d’hectares d’espaces marins et de soutenir plus de 50 000 emplois dans l’ensemble de la région.

Pour le Bénin, la première phase constitue ainsi bien plus qu’un programme de protection côtière. Elle représente l’amorce d’un repositionnement économique durable sur la façade atlantique.

Avec la contribution de Noé William HOUNKANRIN (Collaborateur extérieur LMBJ)

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