Bourse, La Marina BJ — La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) a entamé sa nouvelle semaine de cotation sous une pression vendeuse particulièrement vive. Dans un contexte de correction généralisée où la capitalisation boursière globale a fondu de plus de 217 milliards de FCFA, le pôle béninois a fait preuve d’une remarquable capacité d’absorption, limitant ses pertes face à la dérive des indices majeurs.
La séance de ce lundi 23 mars 2026 a été caractérisée par un paradoxe technique saisissant. Si l’indice de référence, le BRVM Composite, a concédé 1,38 % pour s’établir à 402,99 points, l’activité transactionnelle a, de son côté, connu une explosion spectaculaire. La valeur transigée a bondi de plus de 100 % pour atteindre 1,73 milliard de FCFA, contre environ 868 millions lors de la clôture précédente. Cette augmentation massive des volumes, dans un marché orienté à la baisse, suggère une phase active de réallocation stratégique opérée par les investisseurs institutionnels.
Une digue face à la purge
Au cœur de cette tempête boursière, les titres cotés au Bénin ont affiché une discipline de cours exemplaire. Contrairement à l’indice BRVM Prestige qui a lourdement chuté de 1,74 %, les actifs nationaux ont contenu leurs replis dans une fourchette étroite, comprise entre 0,29 % et 0,65 %.
La Bank of Africa Bénin (BOAB) a une nouvelle fois démontré sa solidité. Malgré une correction de 0,45 %, portant son cours à 7 815 FCFA, le titre préserve l’essentiel de ses acquis avec une performance annuelle impressionnante de +33,65 %. Avec plus de 13,7 millions de FCFA de transactions lors de cette séance, elle demeure l’une des valeurs les plus actives du compartiment national.
De son côté, la BIIC Bénin (BICB) s’est imposée comme la valeur la plus résiliente du compartiment national. Son repli, limité à 0,29 % (5 185 FCFA), confirme son statut d’actif défensif par excellence. Enfin, la Loterie Nationale du Bénin (LNB) a concédé 0,65 % pour clôturer à 3 825 FCFA, dans un volume d’échange modeste qui témoigne de l’absence de panique chez les porteurs de titres.
Rotation sectorielle
Le paysage sectoriel de la journée a été marqué par un profond contraste. Tandis que les Télécommunications (-2,14 %) et la Consommation de base (-2,48 %) ont pesé sur la tendance, le secteur Industriels a créé la surprise en s’adjugeant une progression de 3,16 %. Ce rebond technique a été porté notamment par Bolloré-AGL (+7,35 %), valeur du compartiment industriel, qui figure en tête du peloton des hausses aux côtés d’ORAGROUP (+7,43 %) et de SERVAIR (+6,88 %). À l’inverse, le titre Unilever, valeur de la Consommation de base, a accusé la plus forte baisse du jour (-7,49 %), illustrant la sélectivité accrue des donneurs d’ordres qui délaissent certaines valeurs défensives au profit de titres offrant une meilleure visibilité sur les dividendes à venir.
D’après notre spécialiste à la rédaction, cette séance de purge, bien que sévère en apparence, « apparaît comme un assainissement nécessaire après les niveaux élevés atteints par le marché en début de mois de mars. » Pour le pôle béninois, la capacité à encaisser ce choc de volatilité avec des baisses marginales est un signal fort de maturité. Le doublement de la valeur transigée au niveau global indique que le marché « nettoie » ses positions courtes, ouvrant potentiellement la voie à des points d’entrée stratégiques sur des valeurs à forts fondamentaux avant la prochaine vague de publications annuelles.
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