Bourse, La Marina BJ— Après la purge sévère de la veille, la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) a amorcé une timide phase de stabilisation ce mardi 24 mars 2026. Si l’indice de référence a renoué avec le vert, le compartiment béninois a vécu une séance de « débouclage » stratégique, marquée par des prises de bénéfices sur ses fleurons bancaires et une concentration exceptionnelle des flux sur la Loterie Nationale du Bénin.
Le marché financier de l’UEMOA semble avoir trouvé un point d’équilibre précaire. L’indice BRVM Composite a grignoté +0,15 % pour clôturer à 403,58 points contrairement aux autres indices (BRVM 30 :-0,02% et BRVM prestige : -0,09%), effaçant une infime partie des pertes de lundi. Cependant, derrière cette apparente accalmie, les volumes racontent une tout autre histoire : le nombre de titres échangés s’est effondré de -55,72 %. Cette chute de la liquidité globale, couplée à une valeur transigée quasi stable (1,62 milliard de FCFA), confirme que le marché est entré dans une phase de sélectivité aiguë, où l’argent ne circule plus que sur une poignée de valeurs de premier plan.
Le pôle béninois en phase de réajustement
Alors que le marché global se redressait, les actifs béninois ont subi un effet de décalage technique. La Bank of Africa Bénin (BOAB) a essuyé la correction la plus notable du compartiment, cédant -2,11 % à 7 650 FCFA. Ce recul, bien que significatif, s’apparente à un débouclage de positions de court terme après le rallye du début de mois. Le titre demeure d’ailleurs la locomotive du pôle national avec 23,9 millions de FCFA de transactions, préservant une assise annuelle solide de +31,54 %. Dans la même veine, la BIIC Bénin (BICB) a concédé -1,64 % pour se fixer à 5 100 FCFA. Cette baisse, réalisée sur des volumes résiduels, illustre davantage un ajustement technique qu’une désaffection réelle des investisseurs.
La LNB, l’exceptionnelle valeur refuge
Le fait saillant de la journée pour le Bénin réside dans la performance de la Loterie Nationale du Bénin (LNB). Dans un marché dominé par l’incertitude, le titre a affiché une stabilité parfaite à 3 825 FCFA. Plus impressionnant encore, la valeur a capté un flux transactionnel de 13,5 millions de FCFA (contre environ 2,4 millions la veille), signe que les institutionnels voient en la LNB un point d’ancrage solide pour sécuriser leurs portefeuilles en période de volatilité.
Le réveil des industriels
Au niveau régional, la séance a été portée par un retournement dans le secteur Industriels (+2,24%), avec Bolloré-AGL (+5,21%) en figure de proue, lourdement sanctionné lundi avant de profiter d’achats à bon compte pour reprendre de la hauteur. La Consommation de base a également signé un rebond solide à +0,92%, grâce notamment à Unilever (+6,27%) et SAPH (+4,97%) qui effacent en partie leurs pertes sévères de la veille. À l’inverse, la Consommation discrétionnaire (-2,75%) et l’Énergie (-1,71%) ont prolongé leur correction entamée lundi, avec des chutes notables sur Palm CI (-7,50%), Total CI (-6,18%) et SOGB (-6,00%) qui illustrent la sélectivité croissante des donneurs d’ordres sur ces compartiments.
Pour notre spécialiste à la rédaction, cette séance de mardi souligne la mutation psychologique des opérateurs de la place d’Abidjan. Le temps de l’euphorie généralisée semble révolu au profit d’une gestion de « bon père de famille ». Pour le pôle béninois, ce débouclage est une étape saine qui assainit les cours avant la période cruciale des dividendes. La résilience de la LNB et le maintien de volumes élevés sur la BOA BN suggèrent que les titres béninois restent, malgré les soubresauts, l’un des piliers de confiance pour les gestionnaires de fonds de la sous-région.
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