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Présidentielle 2026 au Bénin : En ralliant Romuald Wadagni, Chabi Yayi siffle la fin des illusions pour Nourenou Atchadé et Les Démocrates

Politique, La Marina BJ À quelques jours de l’ouverture des campagnes électorales pour le scrutin présidentiel du 12 avril 2026, le paysage politique béninois vient de subir un séisme dont les répliques menacent d’engloutir les restes du principal parti d’opposition, Les Démocrates. En officialisant son soutien à la candidature du ministre d’État Romuald Wadagni, le fils de l’ancien président Thomas Boni Yayi ne se contente pas de changer de camp : il dynamite la stratégie de boycott déguisé de son ancienne formation et laisse le tout nouveau président Nourenou Atchadé à la tête d’un navire de plus en plus ivre.

C’est un acte de rupture stratégique qui siffle, de facto, la fin des illusions pour le parti « Les Démocrates ». Alors que la formation, désormais pilotée par Nourenou Atchadé — dans un climat de contestation persistante de l’aile Éric Houndété —, tentait de sauver les apparences en décrétant une « neutralité » de façade pour le scrutin du 12 avril prochain, le réel vient de la rattraper. Chabi Georges Nadjim Yayi, fils du président démissionnaire du parti et secrétaire aux relations extérieures du parti jusqu’à sa démission fracassante début mars, a choisi son camp. Et ce n’est pas celui de l’abstention.

Le naufrage d’une stratégie

Selon plusieurs observateurs, pour le camp de Nourenou Atchadé au parti Les Démocrates, le calcul aurait été pourtant clair : en refusant de soutenir un candidat, l’objectif du parti aurait été de faire chuter le taux de participation du prochain scrutin présidentiel, considéré par une partie de la population comme un test pour le grand favori, qu’est le candidat président Romuald Wadagni. Mais c’était compter sans la variable Chabi Yayi. En appelant à voter pour son « ami de longue date », le fils de l’ancien chef de l’État ne fait pas que rallier le candidat de la mouvance présidentielle ; il offre sur un plateau d’argent la caution populaire et l’ancrage « Yayi » qui manquaient encore à l’ingénieur financier de la Marina.

L’ironie est cruelle pour les radicaux du parti Les Démocrates. Eux qui ont érigé l’ancien chef de l’État Thomas Boni Yayi en figure tutélaire pour structurer leur opposition voient aujourd’hui l’héritier biologique et politique de « l’homme de Tchaourou » s’afficher aux côtés de l’adversaire. Pire, le ralliement de Chabi fait directement suite aux révélations du candidat président Romuald Wadagni qui, lors d’une interview diffusée le lundi 23 mars 2026, a affirmé avoir reçu l’onction, ou du moins la « bénédiction », du patriarche Boni Yayi lui-même.

La pièce manquante

Si le fils se met en ordre de bataille, c’est une partie non négligeable des militants de base du parti Les Démocrates qui finira par franchir le Rubicon. Il ne fait aucun doute que , la légitimité du sang l’emportera sur les consignes de neutralité d’un appareil partidaire perçu comme déconnecté des réalités du terrain. Pour le candidat président Romuald Wadagni, ce soutien est la pièce manquante d’un puzzle pas si complexe. Déjà fort de l’appareil d’État et de soutiens de poids comme celui de l’ancien président Nicéphore Soglo, il s’assure avec Chabi Yayi une victoire qui ne sera pas seulement technique, mais éminemment politique.

En sifflant la fin des illusions pour Nourenou Atchadé, Chabi Yayi vient de valider une recomposition majeure de l’échiquier béninois. Pour Les Démocrates, le réveil s’annonce douloureux : le 12 avril risque de ne pas être le baromètre de leur force, mais celui de leur isolement. La « Rupture » semble avoir trouvé, dans le camp même de ses détracteurs d’hier, les artisans de sa propre continuité.

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