Élevage, La Marina BJ– Le secteur de l’élevage bovin au Bénin entre dans une phase de transformation structurelle à l’échelle nationale. Selon nos informations, pour répondre à la demande croissante en protéines animales et réduire les sorties de devises liées à l’importation, les autorités agricoles du pays déploient une stratégie d’envergure sur trente-six mois.
Des informations recueillies auprès de notre source bien informée, ce programme repose sur un pilier central : l’amélioration génétique massive pour maximiser la productivité laitière et bouchère des troupeaux sur l’ensemble du territoire.
L’ambition est de passer d’un élevage de subsistance à une filière véritablement compétitive. Pour ce faire, le gouvernement béninois à travers le Projet d’Appui au Développement des Filières Lait et Viande (PRODEFILAV-PEL) mise sur l’introduction de 31 500 doses de semence bovine de haute performance. Ce matériel biologique permettra aux éleveurs de procéder à des croisements contrôlés, visant à obtenir des sujets plus robustes, à croissance rapide et dotés d’un meilleur rendement laitier. En complément, l’utilisation de 15 300 kits d’hormones est prévue pour assurer une gestion rigoureuse de la reproduction. Ces outils techniques permettront aux techniciens et aux éleveurs de synchroniser les chaleurs au sein des troupeaux, garantissant ainsi des cycles de mise bas plus réguliers et une production mieux répartie sur l’année.
Une coordination stratégique en trois étapes
Bien que le pilotage soit centralisé dans le bassin historique de production, l’objectif est d’irriguer toutes les zones pastorales du pays. Le plan se décline en trois étapes majeures, commençant par une phase préparatoire actuellement en cours qui consiste à finaliser les aspects techniques de la contractualisation avec les experts et fournisseurs de solutions génétiques. S’ensuivra un déploiement annuel sur trois ans où les doses et les kits seront mis à disposition des exploitations sur toute l’étendue du territoire tout en bénéficiant d’un suivi vétérinaire strict. Enfin, un monitoring des premiers veaux issus de ces inséminations permettra une évaluation précise des performances pour mesurer l’amélioration réelle du poids et de la production de lait au niveau national.
Soutenu par la Banque Africaine de Développement (BAD), ce programme ne se contentera pas de fournir des intrants. Il vise à professionnaliser les entreprises d’élevage béninoises en les dotant d’outils de pointe jusque-là peu accessibles aux petits exploitants. En renforçant la base génétique du cheptel national, le Bénin se donne les moyens de bâtir une filière viande-lait résiliente et moderne. À terme, cette modernisation devrait non seulement sécuriser l’approvisionnement des marchés urbains de Cotonou à Parakou, mais aussi offrir de nouvelles perspectives économiques durables aux éleveurs, transformant chaque tête de bétail en un actif plus rentable pour l’économie nationale.
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