Politique, La Marina BJ — Par un communiqué officiel daté du 26 mars 2026, et en réponse au ralliement de certains militants portés par Éric Houndété au « Pacte Républicain », la nouvelle direction du parti Les Démocrates (LD) a annoncé la suspension immédiate de vingt-deux de ses responsables et cadres. Cette décision, qui fragilise davantage l’unité de la principale formation d’opposition, fait suite à une violation flagrante des consignes de la ligne officielle du parti.
L’élément déclencheur de cette « purge politique » est sans équivoque : le soutien public apporté par ces membres au duo de candidats non investi par le parti (Wadagni-Talata, ndlr) constitue la cause principale de la rupture. Selon le communiqué de deux pages signé par le vice-président Christophe Boni Monsia, agissant pour le compte du président Nourénou Atchadé, ces déclarations représentent une violation flagrante des décisions actées lors du Conseil national ordinaire du 22 mars 2026. Le parti invoque la gravité de ces actes pour justifier des mesures conservatoires radicales à l’encontre des intéressés. En conséquence, les cadres concernés sont, dès à présent, retirés de toutes les instances et suspendus de l’ensemble des activités du mouvement, conformément aux articles 75, 76 et 77 des statuts, ainsi qu’aux articles 86, 94 et 95 du règlement intérieur.
Des figures de proue sur la sellette
La liste des cadres suspendus comprend des noms influents qui ont longtemps porté la voix du parti dans l’arène politique nationale. On y retrouve, en tête de liste, Éric Louis Camille Houndété, suivi de figures majeures telles que Saliou Akadiri, Philippe Aboumon, René Bagoudou Orou Igari ou encore Gnanki Jihane Saka Saley. D’autres personnalités comme Amadou Philippe Orou Sica, Jude Bonaventure Lodjou et François Comlan figurent également parmi les sanctionnés, aux côtés de Rosalie Sognon et d’Abdoulaye Mama Djima.
Contrairement à Chabi Yayi ou Guy Mitokpè, qui avaient pris le soin de démissionner avant d’officialiser leur soutien au ministre d’État Romuald Wadagni, Éric Houndété et ses alliés ont choisi de porter leur dissidence de l’intérieur. Cette stratégie de la « ligne interne » a été immédiatement foudroyée par l’aile Atchadé. Pour la direction actuelle du parti, ces responsables ne sont plus que des « aventuriers politiques » dont il faut se protéger pour maintenir la cohésion des militants.
Vers une « remobilisation »
Face à ce qu’elle qualifie d’agissements d’« aventuriers politiques », la direction des Démocrates tente de reprendre fermement la main sur ses troupes. Le président Nourénou Atchadé a d’ores et déjà annoncé, via le même communiqué, l’organisation d’une tournée nationale de remobilisation des militants prévue pour les prochains jours.
Cette initiative vise à la fois à stabiliser la base pour éviter toute contagion de la fronde et à procéder à une revue systématique des différentes instances du parti. Le message envoyé aux responsables des structures à la base est dépourvu d’ambiguïté : ils sont invités à respecter scrupuleusement les décisions du Conseil national et à traiter comme tel tout contrevenant à la discipline de groupe.
Restez connectés à l’actualité en temps réel en rejoignant notre chaîne WhatsApp pour ne rien manquer : actus exclusives, alertes, et bien plus encore.