Économie, La Marina BJ – Les derniers indicateurs de conjoncture publiés par le ministère béninois de l’Économie et des Finances révèlent une transformation structurelle profonde. À fin décembre 2025, si l’indice global du chiffre d’affaires (ICA) affiche une assise solide, il cache des fortunes disparates : l’industrie extractive et les grands chantiers volent la vedette à une agriculture en quête de second souffle.
Le verdict des chiffres est tombé pour l’exercice 2025. Avec une progression globale de 9,2 % de son Indice du Chiffre d’Affaires (ICA), l’économie béninoise confirme sa résilience et son dynamisme. L’indice, qui s’établit désormais à 158,1 contre 144,9 un an plus tôt, témoigne d’une activité commerciale robuste sur l’ensemble du territoire national. Mais au-delà de cette croissance macroéconomique flatteuse, c’est la recomposition des moteurs de la richesse nationale qui retient l’attention.
Le réveil du sous-sol
Le grand gagnant de cette année 2025 est, sans conteste, le secteur des industries extractives. Avec un bond spectaculaire de 64,6 %, ce segment sort de l’ombre pour s’imposer comme un levier stratégique. Cette performance traduit l’accélération des projets miniers et de carrières, essentiels pour alimenter une autre locomotive : le secteur des Constructions et Travaux Publics (BTP).
Boosté par la poursuite des grands chantiers du Programme d’Action du Gouvernement (PAG), le BTP enregistre une hausse de 19,1 %. Cette dynamique de construction ne se contente pas de transformer le paysage urbain ; elle irrigue par ricochet le secteur des Transports, dont le chiffre d’affaires progresse de 26,3 %, confirmant le rôle du Bénin comme hub logistique en pleine expansion.
Le point de vigilance
Toutefois, ce tableau brillant comporte une zone d’ombre non négligeable. L’agriculture et autres activités de soutien, pilier historique de l’économie béninoise, accusent un repli préoccupant de 16,0 %. Ce décrochage de l’indice (passant de 93,1 à 78,2) contraste avec la ferveur industrielle. Entre aléas climatiques et fluctuations des cours mondiaux des matières premières comme le coton, le secteur primaire semble chercher ses marques dans une économie qui s’industrialise à marche forcée. De même, le secteur de l’Hébergement et de la Restauration marque un léger pas de retrait (-5,1 %), suggérant une phase de normalisation après les pics d’activité des années précédentes.
Au milieu de ces mutations, le secteur des services joue son rôle de filet de sécurité. Le Commerce, qui pèse l’essentiel du poids de l’indice, reste sur une trajectoire ascendante (+9,9 %), tout comme les Banques et Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) qui progressent de 9,7 %. Cette corrélation quasi parfaite avec la croissance globale indique que l’appareil financier béninois parvient à capter et à accompagner la vitalité des entreprises, malgré les turbulences sectorielles.
Vers une économie de transformation ?
Ces chiffres valident une ambition, celle de diversifier les sources de revenus de l’État. Si le Bénin reste une terre agricole, sa croissance est désormais portée par une base plus large, incluant les mines, les services numériques (+9,6 % pour les télécoms) et les infrastructures de transport. Le prochain défi sera de maintenir ce cap industriel tout en amorçant la relance du secteur agricole et autres, afin que la croissance, bien que portée par les mines, reste inclusive pour la majorité rurale de la population.
D’après notre spécialiste à la rédaction « la hausse de l’indice global à 158,1 est une victoire psychologique pour les marchés. Elle prouve que le moteur béninois tourne à plein régime, même si le ralenti agricole impose une certaine prudence pour les mois à venir. »
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