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Bénin : Derrière le classement de Ganvié, des obligations strictes imposées aux habitants de la « Venise de l’Afrique »

Patrimoine, La Marina BJLa décision a été entérinée lors du Conseil des ministres du 4 mars 2026 : la cité lacustre de Ganvié est inscrite au patrimoine culturel national. Si cette décision est saluée comme une victoire pour la préservation de ce site iconique, l’acte présidentiel signé du président Patrice Talon et de deux autres ministres du gouvernement révèle des contraintes administratives et architecturales majeures pour les populations locales.

Le gouvernement justifie cette mesure par la nécessité de protéger un écosystème de 481,85 hectares menacé par la pression démographique, la pollution du lac Nokoué et les effets du changement climatique. En classant Ganvié, l’État béninois sacralise un site fondé au XVIIIe siècle, précisément en 1717, comme un refuge historique contre les razzias esclavagistes. Cette protection juridique d’envergure s’accompagne désormais d’un encadrement très strict du mode de vie des habitants des vingt et un (21) villages répartis entre les arrondissements de Ganvié 1 et Ganvié 2.

Fin de la liberté de bâtir sans contrôle

Le cœur de la nouvelle réglementation réside dans l’article 2 du décret n° 2026-057 qui redéfinit les droits des résidents. Bien que les populations soient autorisées à poursuivre leurs activités quotidiennes et l’usage économique de leurs installations, cette liberté est conditionnée par l’absence totale de dénaturation du patrimoine classé.

L’entretien et la réparation des habitations sur pilotis doivent impérativement respecter l’intégrité architecturale et historique du site. En outre, toute reconstruction, modification substantielle ou nouvelle installation permanente est désormais soumise à une autorisation préalable du ministre chargé de la culture. Ce document devient une pièce maîtresse puisqu’il doit être joint obligatoirement à toute demande de permis de construire.

L’inventaire exhaustif

Le décret consulté par La Marina BJ définit avec précision les composantes du bien culturel qui tombent sous la protection de l’État. Les composantes matérielles incluent les habitations traditionnelles en bois et roseau, les passerelles, les embarcadères ainsi que les différentes catégories de barques circulant sur le lac. Le classement s’étend également au patrimoine immatériel, englobant les savoir-faire de construction, les techniques de pêche traditionnelle acadja, les rituels et les tabous sociaux de la communauté Tofinou. Enfin, l’écosystème naturel comprenant les mangroves, les forêts sacrées et la faune aquatique est intégré à ce périmètre de conservation rigoureux.

L’application des dispositions de ce acte présidentiel est confiée de manière conjointe au Ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts ainsi qu’au Ministre du Cadre de Vie et des Transports. Cette double tutelle administrative souligne la volonté de l’exécutif de lier la sauvegarde de l’identité culturelle à la gestion environnementale durable du Grand Nokoué. Ce nouveau statut de protection de la cité de Ganvié, marque un tournant où le développement de la cité doit désormais se conformer aux exigences de son nouveau statut de monument national.

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