Consommation, La Marina BJ — L’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INStaD) a rendu publics, le vendredi 10 avril 2026, les chiffres de l’Indice Harmonisé des Prix à la Consommation (IHPC) pour le mois de mars 2026. Les données révèlent un retour de la pression inflationniste sur le court terme, mettant fin à deux mois consécutifs de stabilité du niveau général des prix.
Selon le bulletin mensuel consulté par La Marina BJ, en mars 2026, le niveau général des prix au Bénin a enregistré une progression de 0,7% par rapport au mois précédent, portant l’indice à 102,3 contre 101,6 en février. Cet accroissement mensuel est essentiellement imputable à l’augmentation des tarifs dans la division « Transports », où les prix de l’essence de contrebande, dite « kpayo », ont bondi de 11,1% sur la période.
Ce choc a exercé une pression directe sur l’indice de l’énergie, qui affiche lui-même une variation de +4,5% sur un mois — et de +5,6% pour la division Transport dans son ensemble. C’est en réalité cette division, avec un poids de 1 007 points sur 10 000, qui constitue le principal vecteur de la poussée inflationniste de mars.
Une pression accentuée
L’analyse selon la provenance des biens confirme que la hausse est particulièrement marquée pour les produits importés, qui ont renchéri de 1,7% au cours du mois. Parmi ceux-ci, les produits d’origine extérieure à l’UEMOA accusent même une hausse de 1,8%, signe que les tensions sur les approvisionnements extérieurs constituent un facteur aggravant. En comparaison, les produits locaux affichent une plus grande stabilité avec une légère augmentation de 0,3%.
Sur le plan géographique, la poussée inflationniste n’est pas uniforme : les régions du Nord-Ouest et du Centre sont les plus durement touchées sur un mois, avec des hausses respectives de 1,9% et 1,7%, suivies du Sud-Ouest à 1,4%. À l’opposé, la zone Sud-Centre reste quasi stable à +0,1%, ce qui illustre une géographie des prix très contrastée à l’intérieur du territoire national.
Malgré cette accélération en mars, le regard sur douze mois offre une perspective plus nuancée : le niveau général des prix a reculé de 0,4% par rapport à mars 2025, après -0,1% en février 2026. Ce recul annuel s’explique principalement par la chute des prix des produits du secteur primaire (-5,8% en un an), ainsi que par les baisses enregistrées dans les divisions « Produits alimentaires et boissons non alcoolisées » (-2,5%) et « Restaurants et services d’hébergement » (-6,0%). Cette dualité entre une hausse mensuelle nette et une déflation en glissement annuel révèle que la pression des coûts énergétiques reste pour l’heure un phénomène conjoncturel, sans avoir encore déplacé la tendance de fond.
Les indicateurs de convergence sous surveillance
L’inflation sous-jacente — qui exclut les produits volatils que sont l’énergie et les produits frais — s’établit à 0,4% pour mars, confirmant que le noyau dur de l’économie reste sous contrôle. À fin mars 2026, le taux d’inflation en moyenne annuelle ressort à +1,0%, en recul d’un dixième de point par rapport au mois précédent, ce qui permet au Bénin de demeurer en conformité avec les critères de convergence de l’UEMOA.
Toutefois, la vigilance reste de mise. L’évolution trimestrielle — comparée à décembre 2025 — révèle une hausse cumulée de 0,5%, tirée notamment par les divisions « Transport » (+5,6%), « Logement, eau, électricité, gaz et autres combustibles » (+0,5%) et « Vêtements et chaussures » (+0,8%). Selon notre spécialiste à la rédaction, « si la pression sur les carburants de substitution venait à se prolonger au second trimestre, l’indicateur de convergence pourrait subir une pression à la hausse que les baisses alimentaires ne suffiraient plus à compenser.»
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