Bourse, La Marina BJ – Au cœur d’une séance boursière caractérisée par une neutralité absolue et de vifs arbitrages sectoriels, la Banque Internationale pour l’Industrie et le Commerce du Bénin (BIIC) poursuit sereinement sa trajectoire ascendante. À l’issue de la journée de cotation du lundi 8 juin 2026, l’institution bancaire de Cotonou s’est hissée parmi les grandes satisfactions de la cote, signant une nouvelle progression au sein d’un marché régional en quête d’orientation.
La place financière régionale de l’UEMOA a entamé la deuxième semaine du mois de juin sous le signe d’un équilibre parfait. L’indice vedette, le BRVM Composite, a concédé un infime repli de -0,13 % pour s’établir à 436,68 points, reflétant une indécision graphique matérialisée par une balance des variations d’une symétrie absolue : 20 titres ont terminé en hausse, 20 en baisse et 7 sont restés inchangés. L’animation de la séance s’est distinguée par un effet de ciseau technique marquant, avec des volumes transactionnels en hausse de +56,76 % (1 118 675 actions) mais une valeur globale en repli de -28,93 % à 1,37 milliard de FCFA. Ce découplage s’explique par la forte concentration des ordres sur des lignes à faible valeur nominale, à l’instar d’Ecobank Transnational Incorporated (ETIT) qui a centralisé plus de 853 000 actions à seulement 33 FCFA l’unité.
Excellent momentum pour la BIIC Bénin
C’est précisément dans ce contexte de parfaite parité entre courants acheteurs et vendeurs que la BIIC Bénin (BICB) a confirmé le virage stratégique amorcé au cours de la semaine écoulée. En s’adjugeant une hausse de +1,83 % pour clôturer à 5 555 FCFA, l’institution bancaire franchit un nouveau palier psychologique important. Soutenu par des volumes de transactions particulièrement confortables, ce nouveau pas en avant porte la performance annuelle de la BIIC à +11,66 %. Le titre, qui bénéficie d’un intérêt renouvelé de la part des gestionnaires de fonds institutionnels, récolte vraisemblablement les fruits de sa valorisation attractive à un PER de 10,19 et s’affirme de plus en plus comme la valeur défensive de choix du pôle béninois en ce début de second semestre.
Ce dynamisme de la BIIC tranche avec la trajectoire de sa consœur, la Bank of Africa Bénin (BOAB). La première capitalisation bancaire du pays a reculé de -0,91 % pour se situer à 8 700 FCFA. Ce repli n’altère en rien ses excellents fondamentaux puisque la BOA BN conserve la meilleure performance globale des émetteurs béninois avec un gain annuel remarquable de +48,72 %, confirmant sa phase de rattrapage continue. De son côté, la Loterie Nationale du Bénin (LNBB) grapille un timide +0,13 % à 3 835 FCFA, mais reste plombée en territoire négatif sur l’année (-10,71 %), matérialisant un retard structurel que ce léger rebond technique peine encore à combler.
Les services financiers en zone refuge
D’un point de vue sectoriel, le compartiment des Services Financiers a joué les premiers rôles en s’adjugeant une progression d’ensemble de +0,98 %, portée par le réveil de la SGBC (+3,85 %) et la bonne tenue de la BIIC, s’imposant comme le secteur le plus liquide du jour avec plus de 572 millions de FCFA captés. Le secteur pétrolier a également brillé (+1,14 %), survolté par la Société Multinationale de Bitumes (SMB CI) qui signe la plus forte hausse de la journée à +7,46 %. À l’inverse, les secteurs des Télécommunications (-1,54 %) et des Services Publics (-1,81 %) ont lourdement pesé sur la tendance générale de la cote. Ce coup de frein s’explique par la baisse technique d’Orange Côte d’Ivoire (-3,64 %), qui subit l’effet mécanique « ex-dividende » suite au détachement ce jour de son coupon géant de 800 FCFA par action. La Compagnie Ivoirienne d’Électricité (CIE CI) a connu un sort similaire en abandonnant -4,23 %, victime d’une liquidation logique de bénéfices après son rallye haussier de la semaine dernière, tout comme FILTISAC qui concède une lourde correction de -5,56 %.
Les regards des investisseurs se tournent désormais vers les guichets du marché des créances. L’agenda des prochains jours s’annonce particulièrement dense avec l’introduction programmée de quatre nouvelles lignes obligataires souveraines du Sénégal le 10 juin, suivies dès le lendemain par l’arrivée de deux nouveaux emprunts de l’État de Côte d’Ivoire (TPCI 5,85 % et TPCI 6,00 %). Ces vagues de papier frais devraient restructurer la liquidité globale de la place financière, offrant un nouveau test de résistance pour les valeurs de croissance de la BRVM au premier rang desquelles la BIIC Bénin entend bien consolider son nouveau statut.
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