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Financement humanitaire : le PAM Bénin à court de 7,64 milliards de FCFA d’ici janvier 2027

Humanitaire, La Marina BJ Alors que plusieurs chocs frappent de plein fouet le monde rural, le Programme Alimentaire Mondial enregistre un déficit de financement critique pour ses opérations au Bénin. D’ici janvier 2027, il manque 13,5 millions de dollars, soit environ 7,64 milliards de FCFA, pour maintenir l’assistance d’urgence, alors même que plus de 201 000 personnes sont déjà classées en situation d’insécurité alimentaire aiguë.

La situation humanitaire au Bénin entre dans une zone de turbulences financières qui menace directement la capacité de réponse aux urgences nationales. Selon le dernier rapport de situation du Programme Alimentaire Mondial (PAM) consulté par La Marina BJ, l’organisme de l’ONU fait face à un manque à gagner crucial dans la mobilisation de ses ressources. Sur un portefeuille stratégique quinquennal (2024-2027) évalué à 181,37 millions de dollars (environ 102,66 milliards de FCFA), seuls 90,05 millions près de 50,97 milliards de FCFA ont été effectivement financés à la date du rapport. Cette impasse budgétaire se traduit par un besoin net immédiat de 13,5 millions de dollars soit 7,64 milliards de FCFA à mobiliser au cours des six prochains mois (août 2026 – janvier 2027) afin d’éviter une rupture brutale des opérations d’assistance.

Le choc financier

Ce déficit budgétaire survient dans un contexte opérationnel particulièrement tendu. L’instabilité liée à la crise du Sahel ne se cantonne plus aux seuls départements septentrionaux de l’Atacora, de l’Alibori et du Borgou. Selon le rapport, la pression sécuritaire s’accentue, avec un élargissement des zones d’accès, marquant une avancée préoccupante des risques. Ce glissement géographique s’accompagne d’un afflux continu de réfugiés en provenance des pays frontaliers (Burkina Faso, Niger, Togo, Nigeria) ainsi que de déplacements internes de populations (Lire LMBJ du 20/08/2026). Parallèlement, des inondations majeures consécutives aux fortes pluies de la fin juillet ont détruit des cultures et des habitations dans l’Atacora et le Mono, compliquant davantage l’accès géographique et réduisant la présence des partenaires humanitaires sur le terrain.

Sur le plan alimentaire, la situation reste préoccupante indépendamment même de la question budgétaire : selon les projections du Cadre Harmonisé (novembre 2025), pas moins de 201 226 personnes sont classées en insécurité alimentaire aiguë (phases IPC 3 à 5) pour la période s’étalant de juillet à septembre 2026. C’est sur cette population déjà vulnérable que pèse le risque d’une rupture de l’aide si le gap de financement n’est pas comblé. À la perte des moyens de subsistance liée aux déplacements forcés s’ajoute une pression macroéconomique tenace : la hausse des prix des denrées alimentaires et du carburant érode progressivement le pouvoir d’achat des ménages ruraux vulnérables. En juillet, le PAM a assisté 9 160 personnes et distribué 36 758 475 FCFA (environ 65 000 dollars) en transferts monétaires directs — 33 530 000 FCFA au titre de l’assistance alimentaire générale à 911 ménages, et 3 228 475 FCFA au titre des activités vivres-contre-travail pour 343 participants. Un volume que la faiblesse des réserves financières contraint à des arbitrages de plus en plus serrés, alors même que les besoins d’aide d’urgence et de soutien nutritionnel augmentent.

Pour éviter la paralysie dans les zones concernées du pays, le PAM s’efforce de maintenir le cap en adaptant son dispositif d’intervention, précise le rapport. L’agence renforce son partenariat avec les institutions nationales, notamment via l’Agence Nationale de l’Alimentation et de la Nutrition (ANAN) pour le programme des « 1000 premiers jours », et s’associe à de nouveaux acteurs de terrain comme Caritas, opérationnel depuis le 1er juillet 2026, pour couvrir les zones nouvellement touchées par l’insécurité. Des initiatives d’efficacité énergétique, à l’instar de la fabrication de sacs à rétention thermique pour les cantines scolaires en collaboration avec le PNUD, visent également à pérenniser les acquis.

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Toutefois, ces innovations organisationnelles ne pourront remplacer la liquidité financière. Sans un réengagement rapide des bailleurs de fonds internationaux pour éponger le gap de 7,64 milliards de FCFA, la continuité de l’aide humanitaire et le renforcement des systèmes de protection sociale béninois restent fortement compromis.

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