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Bénin : À Tchaourou, Osborne III plaide pour une mise en valeur du site écotouristique de Carnoville

Tourisme, La Marina BJ — À l’occasion du 132e anniversaire de l’officialisation du poste colonial de « Carnotville » et de la Journée mondiale du tourisme ce 27 septembre 2026, la chefferie traditionnelle locale monte à nouveau au créneau. Selon elle, malgré les investissements publics passés et les financements internationaux injectés, le site écotouristique d’Agbassa dans la ville de Tchaourou peine à intégrer les circuits commerciaux nationaux. Elle demande ainsi un nouvel état des lieux et les conditions d’intégration du site au circuit touristique du Nord-Bénin.

Le 27 septembre 1894, un télégramme officiel enregistrait la création du poste français de « Carnotville » dans le Borgou. Cent trente-deux ans plus tard, ce document conservé aux Archives nationales d’outre-mer rappelle l’importance historique d’un site aujourd’hui rattaché au village d’Agbassa, dans l’arrondissement d’Alafiarou, commune de Tchaourou. Le lieu, connu sous le nom cadastral de Gah Méré, conserve notamment les vestiges d’anciens bâtiments coloniaux et se situe à plus de 500 mètres d’altitude au-dessus du bassin d’Agbassa. Mais en 2026, c’est surtout la question de sa mise en valeur touristique qui revient au premier plan.

Selon nos informations, la demande actuelle d’un état des lieux ne survient pas sur un site abandonné, mais sur un périmètre ayant déjà bénéficié de concours financiers substantiels. Dès 2018, le projet PAGEFCOM II, financé par la Banque africaine de développement (BAD) et le Gouvernement béninois, a donné lieu à des marchés pour l’aménagement écotouristique de Carnoville et des pistes d’accès d’Agbassa. Ce maillage a ensuite été formellement intégré aux réalisations du Programme d’Action du Gouvernement (PAG 2021-2026) avec la livraison d’une escale touristique en 2020. Pourtant, six ans après la réception des premières infrastructures, le maillon manquant demeure l’animation commerciale et la promotion auprès des agences de voyages.

Un plaidoyer pour l’intégration aux circuits du septentrion

Dans un message transmis à la rédaction de La Marina BJ, le chef traditionnel de Carnoville dresse un bilan lucide de la situation. D’après Osborne III, « bien que Carnoville puisse déjà être visité, il y a encore peu pour faire connaître son importance dans l’histoire du Bénin ». Sa demande vise ainsi à obtenir un nouvel état des lieux de la halte touristique et à préciser les conditions dans lesquelles Carnoville pourrait trouver une place plus clairement identifiée dans l’offre touristique du Nord-Bénin. L’enjeu porte autant sur l’état des aménagements que sur leur entretien, leur accessibilité, leur animation et leur intégration à des circuits permettant de valoriser le patrimoine historique du site.

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Au-delà donc des infrastructures, le site de Carnoville dispose d’atouts patrimoniaux réels pour structurer une offre de tourisme d’histoire dans la commune de Tchaourou. Ancienne plus grande garnison de la colonie à la fin du XIXᵉ siècle, établie en pleine rivalité franco-germano-britannique pour le contrôle du Borgou, la localité conserve des ruines coloniales exploitables et un panorama géographique remarquable sur le bassin d’Agbassa. La balle est désormais dans le camp des autorités administratives et des organismes de promotion touristique pour transformer ces investissements physiques en un véritable pôle d’attraction économique régional.

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