Développement durable, La Marina BJ — Le Programme intégré de développement et d’adaptation au changement climatique dans le Bassin du Niger (PIDACC/BN) entre dans une phase de cadrage déterminante. Alors que la date limite de dernier décaissement reste fixée au 31 décembre 2027, la dernière mission d’évaluation du bailleur, datée du 27 juillet 2026 et rendue publique le 18 octobre, dresse un bilan contrasté. Si les chantiers communautaires enregistrent des avancées effectives, le démarrage des infrastructures structurantes accuse du retard avec un rythme d’exécution jugé insuffisant.
Établi à la suite d’une mission de supervision conduite du 4 au 11 mai 2026, sur la base de données arrêtées au 30 avril, le rapport évalue à 28,45 % l’exécution physique globale de la composante béninoise. Pour le Plan de travail et budget annuel (PTBA) 2026, le bilan après quatre mois affiche 10,03 % d’exécution physique et 3,79 % d’exécution financière. Face à ces écarts par rapport au calendrier, la mission recommande de réviser le PTBA et le Plan de passation des marchés (PPM), d’élaborer un plan détaillé de décaissement et d’exclure le barrage de Gamia du plan d’activités.
Sur le plan financier, l’analyse comparative des documents révèle un réajustement du budget global béninois : il passe de près de 9,74 milliards de FCFA dans le rapport de décembre 2025 à environ 8,85 milliards dans celui de juillet 2026. Cette baisse d’environ 893 millions de FCFA porte sur la ligne du Fonds vert pour le climat (GCF), sans explication explicite fournie dans le rapport de supervision. Les financements approuvés par la Banque africaine de développement (BAD) demeurent quant à eux inchangés, à environ 8,84 milliards de FCFA. Par ailleurs, la mission mentionne la non-entrée en vigueur du prêt additionnel du GCF, dont l’échéance initiale était fixée au 31 août 2026.
Du côté de la consommation des crédits, le taux de décaissement atteint sous la période environ 22 %, contre 18,01 % en décembre 2025. Malgré cette progression, près de 78 % des ressources restent à décaisser. Le rapport souligne également que la faible mobilisation de certaines ressources de contrepartie nationale ralentit le démarrage de plusieurs travaux communautaires.
Avancées communautaires
En dépit de l’attente sur les grands ouvrages, les projets à participation communautaire poursuivent leur progression. Dans le secteur de l’élevage et de la transhumance, selon les informations rapportées par notre journaliste contributeur Gabin Tovonon, la matérialisation des couloirs de passage du bétail est passée de 47 kilomètres balisés fin 2025 à 137 kilomètres matérialisés, pour une cible globale de 140 kilomètres. À Pehunco, 270 hectares de cordons pierreux ont été installés sur les 400 prévus, et le traitement de 773,56 m³ de ravins a démarré à Banikoara et Kandi.
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La dynamique s’étend aux infrastructures économiques locales avec le lancement de la construction de cinq magasins de stockage de produits agricoles à Ségbana, Bembéréké, Gogounou, Malanville et Karimama. Sur le plan social, les équipements destinés aux sous-projets de 48 groupes vulnérables ont été réceptionnés, et plusieurs conventions ont été signées avec l’UDOPER B/A, l’ATDA 2, l’INRAB et la DGEC. Au 30 avril 2026, les travaux des infrastructures structurantes n’avaient pas encore démarré, en raison de la finalisation des instruments de sauvegarde environnementale et sociale. Bien que les certificats de conformité environnementale et sociale aient été obtenus pour le barrage de Gamia et pour les retenues pastorales de Liboussou et Sombi Kérékou, la mission préconise le retrait du barrage de Gamia, son délai de réalisation étant jugé incompatible avec la période restante du projet.
Afin de résorber les lenteurs de la passation des marchés et de combler la vacance de postes clés au sein de l’Unité nationale de coordination du projet, notamment ceux de coordonnateur, de spécialiste en passation des marchés, d’expert en sauvegarde environnementale et de responsable développement social et genre, plusieurs options administratives sont examinées. Elles prévoient l’autonomisation de l’unité pour certaines procédures nationales et le recours à la maîtrise d’ouvrage déléguée via la Société béninoise des aménagements agricoles (SoBAA). Le rapport prévoit aussi le transfert à l’ATDA 2 des travaux de conservation des eaux et des sols, et à la DGEFC des plantations sylvopastorales. Enfin, en raison de contraintes sécuritaires dans la zone de Karimama, 80 kilomètres de couloirs de bétail ont été redéployés vers Banikoara, Bembéréké et Ségbana.
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