Agriculture, La Marina BJ — La réorganisation du financement agricole au Niger produit ses premiers effets sur l’exécution des programmes soutenus par les partenaires internationaux. Selon les informations à notre disposition, la dernière note d’évaluation du Projet de modernisation de l’élevage et de l’agriculture (LAMP) indique que la dissolution du Fonds d’investissement pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle (FISAN) a retardé le déploiement du mécanisme de subvention de renforcement du crédit dudit projet. L’opérationnalisation de l’entité appelée à prendre le relais n’étant pas encore effective, des arrangements institutionnels transitoires restent nécessaires pour permettre le lancement des appels à propositions destinés aux bénéficiaires.
La dissolution du FISAN intervient dans le cadre d’une réorganisation administrative décidée par les autorités nigériennes. Signé le 8 juin 2026, le décret portant suppression de plusieurs organismes publics prévoit le transfert des missions du Fonds au ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, désormais dirigé par le colonel Bilaly El Hadj Gambobo. Cette décision met fin à l’existence de cette structure, qui disposait jusque-là d’une autonomie administrative et financière et intervenait dans la coordination et la mobilisation des financements destinés au secteur agricole.
Mais ses conséquences dépassent le seul périmètre administratif. Dans leur dernière évaluation de l’état d’avancement du LAMP, les responsables du projet établissent explicitement un lien entre cette dissolution et le retard pris par le mécanisme CEG. « Le financement par l’intermédiaire du CEG a été retardé en raison de la dissolution du FISAN et du retard dans l’opérationnalisation de l’entité qui lui succède », indique la note d’évaluation dans les commentaires associés aux indicateurs de financement du projet.
Selon nos informations, des arrangements institutionnels transitoires sont en cours de mise en place pour permettre le lancement de l’appel à propositions de sous-projets dès ce mois de novembre 2026. Ce calendrier constitue un enjeu pour la poursuite du programme, puisque le mécanisme CEG doit contribuer à faciliter l’accès des entreprises agricoles au financement.
L’attente de trop
Le CEG constitue l’un des instruments mobilisés par le LAMP pour soutenir le financement des activités agricoles. Son déploiement doit notamment contribuer à accroître le nombre d’entreprises du secteur accédant à des financements par endettement. Le projet vise 600 entreprises financées à l’horizon septembre 2029, dont 200 dirigées par des femmes.
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À la fin octobre 2026, les résultats enregistrés restent encore éloignés de cette cible. Les conclusions de l’évaluation font état de 15 prêts totalisant 1,64 million de dollars accordés par Bank of Africa Niger dans le cadre d’un mécanisme de garantie partielle de portefeuille. Trois autres institutions financières participantes faisaient encore l’objet d’un examen préalable. Il s’agit, selon nos informations, de financements déjà accordés dans le cadre de la garantie partielle de portefeuille, à distinguer du déploiement du CEG, dont le calendrier a été affecté par la dissolution du FISAN.
Le diagnostic transmis aux autorités nigériennes relève également que 1 602 bénéficiaires potentiels du CEG ont reçu un accompagnement préparatoire, sans financement, dans le cadre de deux accords avec des prestataires de services d’appui aux entreprises. L’appel à propositions annoncé pour ce mois de novembre 2026 doit précisément permettre de faire progresser le processus de sélection et de financement des sous-projets. L’enjeu est donc celui du passage entre la préparation des bénéficiaires et la mise à disposition effective des ressources. Tant que les arrangements institutionnels nécessaires ne sont pas finalisés et que l’entité appelée à prendre le relais n’est pas opérationnelle, le calendrier de déploiement du mécanisme reste soumis à ces ajustements.
Approuvé en juin 2024 et doté d’un financement révisé de 363,79 millions de dollars de la Banque Mondiale, le LAMP doit contribuer à renforcer les capacités productives agricoles, à développer les infrastructures de commercialisation et à améliorer l’accès au financement dans les zones ciblées. Au 20 octobre 2026, le tableau financier du projet faisait état de 43,95 millions de dollars décaissés, soit 12,08 % du financement révisé.
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