Votre portail vers l'information stratégique au Bénin, en Afrique et au-delà
Votre portail vers l'information stratégique au Bénin, en Afrique et au-delà

Côte d’Ivoire : SAFCA et NEI-CEDA, deux géants à l’épreuve de la transition

Notation , La Marina BJ Entre restructurations stratégiques et chocs sectoriels, deux fleurons de la place d’Abidjan viennent de passer l’examen de leur notation financière. Si la Société Africaine de Crédit Automobile (SAFCA) mise sur un nouveau souffle actionnarial, l’éditeur NEI-CEDA doit composer avec une rentabilité bousculée par les réformes de l’enseignement.

Dans ses derniers rapports, l’agence de notation panafricaine Bloomfield Investment Corporation maintient des notes de la catégorie « investissement » pour ces deux acteurs historiques du paysage économique ivoirien, tout en pointant du doigt des vulnérabilités opérationnelles ayant pesé sur l’exercice 2024.

L’ère CREDAF pour conjurer le déficit

Pour la SAFCA (opérant sous la marque Alios Finance Côte d’Ivoire), l’heure est à la transition. L’établissement financier conserve sa note de long terme BBB+ avec une perspective stable, valable jusqu’au 31 août 2026. Ce maintien reflète des facteurs de protection jugés « appropriés » par les analystes, bien que soumis à la variabilité des cycles économiques. À court terme, l’institution maintient également sa note A1 avec une perspective stable. Cette notation est justifiée par une certitude de remboursement en temps opportun très élevée. Selon les analystes de Bloomfield, « les facteurs de liquidité sont excellents et soutenus par de bons facteurs de protection des éléments essentiels. Les facteurs de risque sont mineurs ».

Sur le front des chiffres, l’institution montre une résilience encore fragile. Son Produit Net Bancaire (PNB) a progressé pour s’établir à 3 980 millions de FCFA en 2024, contre 3 692 millions un an plus tôt. Cette dynamique a permis de réduire significativement le déficit net, passé de -579 millions à -165 millions de FCFA. Cependant, le coût du risque (-333 millions de FCFA) et une dégradation de la qualité de la nouvelle production de crédit freinent encore le retour définitif à l’équilibre. Le véritable catalyseur pourrait être institutionnel du fait que depuis le 30 avril 2025, le Groupe CREDAF a pris les commandes avec 52,02 % du capital. Ce changement de main est perçu comme une opportunité majeure pour redynamiser une exécution stratégique jugée « mitigée » l’an dernier.

Le leader de l’édition face au mur des réformes

Du côté du Plateau et de Treichville, les Nouvelles Éditions Ivoiriennes (NEI-CEDA) affichent, comme précédemment, une note A- sur le long terme et A1- à court terme, avec une perspective stable. Cette notation est justifiée, sur le long terme, par une « qualité de crédit élevée ». Les facteurs de protection sont jugés bons, bien que les risques deviennent plus variables en période de pression économique. À court terme, Bloomfield évoque une « certitude de remboursement en temps opportun élevée ». La fiche de notation indique que les facteurs de liquidité sont forts, soutenus par de bons éléments de protection, et que les facteurs de risque sont « très faibles ».

Pourtant, l’exercice 2024 s’est révélé particulièrement éprouvant pour le leader de l’édition scolaire. Le chiffre d’affaires a fondu de près de 20 %, tombant à 6 744 millions de FCFA. Plus spectaculaire, le résultat net a basculé dans le rouge avec une perte de 759 millions de FCFA, rompant avec le bénéfice de 1 167 millions enregistré en 2023. En cause, une réforme des méthodes d’enseignement primaire ayant grippé les ventes directes aux libraires, couplée à un redressement fiscal. Malgré ce trou d’air, NEI-CEDA conserve des fondamentaux solides. Sa trésorerie nette de 4 762 millions de FCFA et le maintien de sa politique de dividendes témoignent d’une structure financière qui « reste solide ».

Pour les investisseurs, le message est que la liquidité immédiate de ces deux entités n’est pas compromise. Toutefois, le défi de 2026 sera purement opérationnel. La SAFCA devra transformer l’essai de sa nouvelle gouvernance pour assainir durablement son portefeuille, tandis que NEI-CEDA devra prouver son agilité commerciale face à une concurrence de plus en plus agressive et un cadre pédagogique en pleine mutation.

Restez connectés à l’actualité en temps réel en rejoignant notre chaîne WhatsApp pour ne rien manquer : actus exclusives, alertes, et bien plus encore.

Partager cet article
Lien partageable
Précédent

Baromètre RSE au Bénin : La CDC certifiée leader de la performance durable avec six distinctions

Suivant

À l’affiche | Démission au Parti Les Démocrates : Des non-dits chez Yayi Boni ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire article suivant