Message de campagne, La Marina BJ – Au cœur de la quinzaine médiatique de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) qui précède le choix national du 12 avril 2026, les duos Wadagni-Talata et Hounkpè-Hounwanou ont confronté leurs visions sur le « Cadre de vie ». Derrière les enjeux de salubrité et de mobilité, c’est un véritable arbitrage de société qui se dessine : faut-il accélérer la transformation infrastructurelle du pays ou refonder l’État sur une discipline environnementale stricte ?
Après l’éducation, la sécurité et la diplomatie etc, le « Cadre de vie » s’impose comme le baromètre le plus tangible de l’action publique. Pour les électeurs, l’enjeu est immédiat : il s’agit de la route devant leur maison, de la gestion de leurs déchets et de leur sécurité face aux caprices du climat. Entre continuité offensive et rupture écologique, les deux programmes en lice proposent des trajectoires radicalement différentes.
Le pari de la modernité infrastructurelle
Le duo porté par le ministre d’État Romuald Wadagni et la vice-présidente Mariam Chabi Talata capitalise sur la dynamique des dernières années pour proposer une accélération de la transformation physique du pays. Selon le message porté par leur direction de campagne, la doctrine du duo repose sur la conviction que le développement du cadre de vie est le moteur de l’attractivité économique. La feuille de route est claire : parachever le maillage du territoire par le bitumage d’axes stratégiques, tels que le contournement Nord de Cotonou ou encore les axes transversaux Natitingou-Guilmaro-Kérou et Prékété-Bassila-Bétérou-Tchaourou. Le projet inclut également la modernisation des hubs logistiques, notamment le port et l’aéroport de Cotonou, ainsi que l’opérationnalisation de l’aéroport de Tourou.
Sur le plan urbain, le duo mise sur l’extension du modèle de gestion des déchets qui a déjà fait ses preuves dans les grandes métropoles, avec l’ambition de maintenir Cotonou parmi les villes les plus propres du continent. Cette politique s’accompagne d’un volet social via la promotion de logements économiques, liant l’urbanisation à une amélioration directe du bien-être des populations.
L’ambition d’un redressement écologique
Pour Paul Hounkpè et Rock Hounwanou, le diagnostic du cadre de vie actuel appelle une réponse de rupture. Le duo de la FCBE dénonce un « déficit d’État » face à l’érosion côtière, à l’exploitation anarchique des forêts et aux inondations récurrentes. Leur projet de « République écologique de responsabilité » propose de placer l’environnement non plus comme un accessoire, mais comme le socle de l’autorité républicaine. Cela passe par l’application rigoureuse des lois forestières, un plan national de reboisement massif et un programme structurant de drainage urbain pour sortir les communes de la fatalité des eaux.
Le candidat Paul Hounkpè prône une gestion courageuse de l’espace public, incluant la fin de l’occupation des exutoires naturels et des zones à risques, tout en assurant un accompagnement humain des populations. Pour la FCBE, la dignité d’un peuple commence par la protection de son territoire face aux menaces systémiques du dérèglement climatique.
L’arbitrage qui attend les citoyens oppose deux temporalités. D’un côté, le duo Wadagni-Talata propose de répondre à l’urgence du développement par l’équipement, le bitume et la propreté urbaine, pariant sur un effet d’entraînement économique. De l’autre, le duo Hounkpè-Hounwanou met en avant l’urgence de la survie écologique, estimant que sans une rigueur environnementale accrue, les infrastructures resteront vulnérables. Alors que la caravane médiatique entre dans sa dernière ligne droite, la question du cadre de vie n’est plus seulement une affaire de voirie, mais bien le reflet d’une vision globale du futur visage du Bénin.
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