Politique, La Marina BJ — Alors que les 17 562 bureaux de vote du pays ont ouvert leurs portes ce matin pour un scrutin historique, l’arrondissement de Djèrègbé dans la commune Sèmè-Kpodji affiche une sérénité contrastée. Si la logistique est irréprochable, l’affluence, elle, reste en deçà des attentes. Un calme plat que Casmir Dossou Adjimon, le chef d’arrondissement, analyse avec une sérénité toute politique.
Au centre d’arrondissement, au CEG Djèrègbé comme à la Maison des jeunes et de la culture, les kits électoraux ont été déployés à l’heure, les urnes scellées et les isoloirs en place. Une efficacité que l’on doit à une anticipation rigoureuse : Andréa Zinsou, coordonnatrice de l’arrondissement, confie que ses équipes ont été mobilisées dès 04h00 du matin. Ce déploiement sans faille, de l’encre indélébile aux bulletins de vote, témoigne d’une volonté manifeste des autorités d’effacer les errances logistiques des scrutins passés.
L’ombre de l’abstention et le poids des messes
Pourtant, malgré ce déploiement technique impeccable, les files d’attente restent désespérément courtes. Au CEG Djèrègbé, le constat est encore plus marqué par une faible présence féminine, tandis que la Maison des jeunes affiche une sociologie variée mais encore clairsemée. Pour les acteurs locaux, le constat est manifeste : le calendrier religieux dicte le rythme électoral.
Casmir Dossou Adjimon, le chef d’arrondissement, se veut toutefois rassurant. « Le contexte dominical pèse lourdement sur l’affluence matinale », explique-t-il, rejoint par de nombreux responsables de bureaux de vote. Tous attendent la fin des offices religieux pour espérer une accélération de la participation. Une confiance partagée par Francis Hounzame, électeur optimiste, bien que d’autres, comme Élodie Sawi, ne cachent pas leur déception face à ce qu’ils appellent un « décalage entre les attentes et la réalité du terrain ».
Un calme sécuritaire sous l’œil des observateurs
Sur le plan sécuritaire, Djèrègbé baigne dans une atmosphère de sérénité. Si des patrouilles de police sont visibles sur certains sites, d’autres centres fonctionnent sans dispositif apparent, sans qu’aucune tension ne vienne troubler le vote. Détail notable : si les délégués des candidats se font encore discrets dans certains postes, des observateurs internationaux ont déjà été aperçus, notamment à la Maison des jeunes, scrutant chaque détail de ce processus.
À la mi-journée, l’équation de Djèrègbé est celle d’une démocratie qui a réussi sa logistique mais qui cherche encore ses électeurs. Le défi n’est désormais plus technique, mais purement politique. Entre la fluidité du dispositif et l’apathie matinale, la dynamique des prochaines heures sera le véritable juge de paix de ce scrutin. La capacité du système à transformer cette perfection opérationnelle en une légitimité par les urnes reste le grand défi de cet après-midi de vote.
Par Noé William HOUNKANRIN
Envoyé spécial de LMBJ à Djèrègbé
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