Bourse, La Marina BJ — Au terme d’un mois d’avril 2026 marqué par une fébrilité manifeste sur la place boursière régionale, le pôle financier béninois s’est imposé comme une véritable zone de refuge pour les investisseurs. Alors qu’une majorité de titres subissaient les foudres d’un marché à deux vitesses, les valeurs bancaires de Cotonou ont affiché une performance remarquable, déconnectée de la morosité ambiante qui a frappé les secteurs cycliques de l’UEMOA.
Le bilan mensuel de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) dresse le portrait d’un marché sous haute tension. Sur les 47 valeurs cotées, seules 18 ont terminé dans le vert contre 29 en baisse. Entre le 1er avril et le 30 avril pour les indices, les variations mensuelles d’avril 2026 confirment l’ampleur de la correction. Le BRVM Composite recule de -1,17 %, passant de 408,69 à 403,93 points. Le BRVM-30 accuse la plus forte baisse avec -1,89 %, chutant de 194,49 à 190,82 points. Le BRVM Prestige cède quant à lui -0,84 %, passant de 159,61 à 158,27 points.
Une performance hors catégorie pour la BOA Bénin
Dans cet océan de rouge, la Bank of Africa Bénin (BOAB) a survolé les débats. Véritable locomotive du pôle béninois, le titre a bouclé le mois d’avril sur une progression spectaculaire de +18 %, son cours grimpant de 7 400 FCFA à 8 850 FCFA. Ce momentum exceptionnel permet à la banque de franchir un cap historique : sa variation annuelle s’établit désormais à +51,28 % à fin avril (Lire LMBJ du 30/04/2026). L’engouement est loin d’être purement spéculatif puisque plus d’un milliard de FCFA ont été transigés sur le titre en un mois, témoignant d’une confiance profonde des investisseurs institutionnels dans les fondamentaux de la filiale béninoise.
L’autre pilier bancaire de la place de Cotonou, la Banque internationale pour l’industrie et le commerce (BIIC), n’est pas restée en marge. Dans l’ombre des records de la BOA, elle a signé une progression solide de +4,12 %, portant son cours à 5 310 FCFA. Avec une capitalisation boursière franchissant la barre des 306,7 milliards de FCFA, la BIIC confirme sa trajectoire ascendante. Sa performance surpasse nettement l’indice sectoriel des services financiers (+1,54 %), prouvant que le marché privilégie spécifiquement les actifs bancaires béninois pour leur capacité de résilience et leur rentabilité.
Seule ombre au tableau du pôle béninois, la Loterie nationale du Bénin (LNBB) a marqué le pas avec un repli mensuel de -1,28 %. En reculant à 3 850 FCFA, le titre paie son statut de valeur défensive à faible volatilité dans un mois où les flux se sont massivement déportés vers le secteur bancaire. Sa variation annuelle demeure en territoire négatif à -10,36 %, signalant que le titre cherche encore ses catalyseurs pour l’exercice 2026.
Un marché en pleine mutation
Au niveau régional, la lecture de l’ensemble des indices sur un mois révèle une image sévère. Sur les indices suivis, six sont dans le rouge, et les replis les plus marqués touchent des secteurs économiquement stratégiques. Le secteur de la consommation discrétionnaire accuse la pire performance, à -7,14 %, signe d’un retrait des investisseurs sur les valeurs cycliques. L’indice Énergie recule de -6,4 %, et les Industriels cèdent -6,13 %, dans la continuité d’un mouvement de désaffection qui frappe les valeurs à forte intensité capitalistique. La consommation de base perd quant à elle -4,26 %. Du côté des résistances, le secteur des services publics tire son épingle du jeu avec +4,6 %, suivi des télécommunications (+1,91 %) et des services financiers (+1,54 %).
Le quatrième mois de cotation de l’année a été marqué par la performance exceptionnelle de la BOA Niger qui domine l’ensemble de la cote avec une progression spectaculaire de +38,9 % sur le mois, s’établissant à 3 660 FCFA contre 2 635 FCFA fin mars, sur un volume de 294 324 titres échangés. NEI-CEDA (+32,87 %) et SUCRIVOIRE (+28,39 %) complètent le podium, suivies de SODE CI (+21,55 %) et BOA Bénin (+19,59 %). Ces cinq valeurs concentrent l’essentiel de l’énergie haussière du mois. À l’autre extrémité, CROWN SIEM s’effondre de -21,95 %, à 1 600 FCFA. SAFCA perd -21,88 %, ramenant son cours à 3 610 FCFA sur un volume conséquent de 133 525 titres. SERVAIR (-12,87 %), CFAO Motors (-11,18 %) et ORAGROUP (-11,08 %) complètent le tableau des replis sévères.
En conclusion, le mois d’avril 2026 aura été celui d’une consécration pour le secteur bancaire béninois. En réussissant à survoler le repli généralisé de la cote, les bancaires de Cotonou confirment leur statut de piliers de la BRVM. Pour les investisseurs, dans un marché régional en quête de direction, le pôle financier béninois reste, pour l’heure, un véritable havre de croissance.
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