Bourse, La Marina BJ — Dans un marché financier régional en quête de repères et marqué par un repli quasi généralisé, le pôle béninois continue de défier les lois de la pesanteur boursière. Alors que les indices de la BRVM viraient au rouge vif, les fleurons béninois, portés par la Bank of Africa et la Loterie nationale, se sont imposés comme les rares havres de croissance de la sous-région.
Au terme de la séance de cotation du mardi 5 mai 2026, le BRVM Composite a cédé -0,99 % pour s’établir à 401,60 points, effaçant d’un trait le rebond observé la veille. Plus révélateur encore de la frilosité des investisseurs, le nombre de titres en baisse s’est accentué, avec 28 valeurs dans le rouge contre seulement 12 en hausse. Dans cette déroute où les Services publics (-4,79 %) et la Consommation discrétionnaire (-4,07 %) ont lourdement pesé, deux titres béninois ont littéralement capté l’énergie haussière du marché.
Résilience exceptionnelle du pôle béninois
La Bank of Africa Bénin (BOAB) ne semble plus avoir de limites. Après avoir déjà brillé en avril (Lire LMBJ du 04/05/2026), le titre a franchi un nouveau palier psychologique ce 5 mai en s’adjugeant une hausse spectaculaire de +3,29 %. En clôturant à 9 250 FCFA, la valeur porte sa performance annuelle au niveau stratosphérique de +58,12 %. Elle intègre d’ailleurs le « Top 5 » des plus fortes hausses de la journée, confirmant sa position de valeur refuge absolue. Cette envolée, soutenue par un volume transactionnel robuste de plus de 65,9 millions de FCFA, témoigne d’une confiance inébranlable des gestionnaires de portefeuilles. Dans un environnement sectoriel financier pourtant en repli (-1,48 %), la BOAB confirme ses fondamentaux qui continuent de séduire les institutionnels.
L’autre satisfaction du pôle béninois vient de la Loterie nationale du Bénin (LNBB). Le « virage au vert » amorcé lundi s’est transformé en une confirmation éclatante : le titre a grimpé de +1,94 % pour atteindre 3 950 FCFA. Ce regain de forme, qui permet à la société de réduire significativement sa méforme annuelle (désormais à -8,03 %), s’appuie sur une actualité forte. La publication récente de ses états financiers pour l’exercice 2025, intervenue le 30 avril dernier, semble avoir levé les doutes des investisseurs. Attirés par un rendement net qui culmine à 6,97 %, les acheteurs reviennent massivement sur le dossier, faisant de la LNB la deuxième locomotive béninoise de la séance.
Seule fausse note dans ce paysage idyllique, la BIIC Bénin (BICB) a marqué le pas avec un recul de -1,04 %, ramenant son cours à 5 250 FCFA. Cette correction technique n’altère cependant pas sa trajectoire de fond, la valeur conservant une variation annuelle positive de +5,53 %.
Un marché de plus en plus sélectif
Au-delà des frontières béninoises, la séance a été rude. Contrairement à la veille, les trois indices majeurs replongent dans le rouge. À l’instar du BRVM Composite, le BRVM-30 recule de -0,93 %, annulant les gains de la séance précédente, tout comme le BRVM Prestige (-0,50 %). De grandes capitalisations comme Vivo Energy (-7,50 %) ou Oragroup Togo (-7,48 %) ont subi d’importants dégagements. Si le volume global d’échanges reste soutenu à plus de 1,2 million de titres, la valeur transigée a légèrement fléchi à 1,63 milliard de FCFA (-15,29 %), illustrant une prudence accrue des opérateurs qui délaissent les secteurs classiques au profit de valeurs ciblées.
La séance du 4 mai était celle de l’espoir pour l’ensemble du marché ; celle du 5 mai est celle de la sélectivité. Les investisseurs ont déserté les valeurs régionales classiques pour se ruer sur les actifs béninois, avec la confirmation du rebond de la LNB, mais également ivoiriens. On retrouve ainsi en tête des plus fortes hausses de cette deuxième séance de cotation de la semaine la SOGB CI (+5,56 %), PALM CI (+4,43 %), Servair Abidjan CI (+4,03 %) et Africa Global Logistics CI (+2,68 %).
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