Sécurité alimentaire, La Marina BJ – Les marques LEADER, RICHFUL et TOP PREMIER sont visées par un communiqué officiel du ministère béninois de l’Industrie et du Commerce daté du 21 mai 2026. Leur commercialisation est désormais interdite sur l’ensemble du territoire national, dans un contexte où la fraude alimentaire sur ce segment de marché est structurelle et documentée.
Le ministère de l’Industrie et du Commerce a rendu public ce 21 mai 2026 un communiqué officiel signé par le Secrétaire Général Adjoint Kocou Zéphiryn Pognon, au nom de la ministre Alimatou Shadiya Assouman. D’après notre journaliste contributeur Noé William HOUNKANRIN, le texte constate la présence sur le marché national de concentrés de tomates en boîtes sous les marques LEADER, RICHFUL et TOP PREMIER, dont la conformité aux normes en vigueur en République du Bénin n’est pas établie, et dont la consommation est susceptible, selon le ministère, de constituer un risque sanitaire pour les populations. Importateurs, distributeurs, détaillants et autres opérateurs économiques sont tenus de procéder au retrait immédiat de ces produits des circuits de distribution et des points de vente. Toute violation de cette mesure expose les contrevenants aux sanctions prévues par la réglementation commerciale béninoise en vigueur.
Un marché déjà fragilisé par des antécédents de fraude
Cette nouvelle interdiction intervient dans un contexte de vigilance accrue des autorités béninoises sur le segment des concentrés de tomate importés. En août 2025, le ministère avait déjà ordonné la suspension de l’importation, de la distribution et de la consommation du concentré « Tasty Tom Enriched Tomato Mix », à la suite d’une décision de la Food and Drugs Authority du Ghana qui avait suspendu la production de ce produit pour défauts critiques affectant sa qualité sanitaire. Le Bénin avait alors suivi les pas du Togo dans cette démarche de retrait.
Plus révélateur encore, en février 2026, une enquête avait conduit à la fermeture d’une unité clandestine produisant du concentré de tomate sous la marque « LEADER » — l’une des trois marques visées par le communiqué de ce jour. La falsification constatée était totale, les opérateurs utilisaient de la farine de soja et des colorants pour simuler du concentré de tomate, trompant ainsi les consommateurs sur la nature même du produit. La présence de cette même marque dans l’interdiction du 21 mai 2026 soulève des interrogations légitimes sur l’ampleur et la persistance du phénomène.
La situation béninoise s’inscrit dans une problématique régionale bien documentée. En Afrique de l’Ouest selon des données rapportées par Novethic, où 90 % du marché du concentré de tomates est détenu par des opérateurs d’origine chinoise, les boîtes de concentrés importées sont régulièrement frelatées, parfois coupées à l’amidon, au dextrose ou à la fibre de soja. Le communiqué du ministère rappelle que les services compétents de l’État prennent les dispositions nécessaires pour « renforcer la surveillance du marché afin d’empêcher l’entrée et la distribution de ces produits sur le territoire national », une formulation qui met en lumière, en creux, les limites actuelles du dispositif de contrôle aux frontières.
Un cadre de surveillance à consolider
La récurrence de ces alertes sanitaires, Tasty Tom en 2025, LEADER en production clandestine en février 2026, et désormais trois marques simultanément en mai 2026, pose la question de la robustesse du dispositif de contrôle de conformité aux points d’entrée du territoire.
Le communiqué renvoie en copie le MAEP (ministère de l’Agriculture) et le MEF (ministère de l’Économie et des Finances, signalant une coordination interministérielle. Reste à savoir si elle sera suivie d’effets sur la chaîne d’importation, là où la fraude prend sa source.
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