Transport, La Marina BJ – Par un arrêté communal en date du 19 mai 2026, le maire Félicien M. HOUNKANRIN serre la vis. Désormais, tout véhicule en surcharge circulant sur le territoire de la commune s’expose à de lourdes sanctions financières et à la mise en fourrière. Une décision qui s’inscrit dans la continuité de la répression nationale engagée par le gouvernement béninois depuis février 2026.
La récréation est terminée pour les transporteurs indélicats traversant la commune d’Adjohoun. Afin de stopper la dégradation précoce des infrastructures routières, la municipalité vient d’officialiser une mesure radicale qui interdit formellement le chargement hors gabarit sur toute l’étendue du territoire communal. Cette décision marque une volonté ferme de l’autorité locale de mettre fin aux pratiques de surcharge qui fragilisent le réseau routier et mettent en péril la sécurité des citoyens.
Des sanctions dissuasives pour les contrevenants
L’arrêté du maire Hounkanrin ne surgit pas du vide. Il s’inscrit dans le sillage d’une politique nationale de tolérance zéro engagée quelques mois plus tôt. Le 20 février 2026, les ministres José Tonato (Cadre de Vie et des Transports) et Alassane Séïdou (Intérieur et Sécurité publique) ont publié un communiqué conjoint rappelant l’interdiction formelle des surcharges sur l’ensemble du territoire national, avec instruction à la Police républicaine de procéder à une répression systématique des contrevenants.
Dans la commune d’Adjohoun, qu’ils transportent des marchandises, des produits agricoles, des matériaux miniers ou des passagers, les usagers sont désormais tenus de marquer un arrêt obligatoire aux postes de délivrance et de contrôle du droit de passage afin de permettre la vérification rigoureuse de leurs chargements. Ce passage obligé permet aux autorités de s’assurer que chaque véhicule respecte scrupuleusement les limites de charge autorisées avant de poursuivre sa route dans la commune.
Le non-respect de cette nouvelle réglementation expose les transporteurs à des conséquences immédiates et sévères. Tout contrevenant s’expose ainsi à la mise en fourrière de son véhicule, une mesure qui n’intervient qu’après le déchargement obligatoire du surplus de cargaison. En complément de cette immobilisation, des amendes significatives sont appliquées selon la nature des produits transportés. Les amendes oscillent entre 100 000 et 200 000 francs CFA pour les produits miniers, entre 50 000 et 100 000 francs CFA pour les produits agricoles, tandis que le transport de passagers en infraction est sanctionné par une amende allant de 25 000 à 50 000 francs CFA.
Préserver l’intégrité des routes et la sécurité des populations
La hiérarchie des amendes retenue par la mairie d’Adjohoun reflète la réalité économique d’une commune dont le sous-sol recèle des carrières de sable fluvial, avec des possibilités d’exploitation de calcaire et de gravier notamment à Kpodédji et Sissékpa. Ce sont précisément les camions d’extraction qui infligent les dommages les plus importants aux voies communales, d’où l’amende la plus élevée réservée aux produits miniers. Le barème agricole tient compte, lui, de l’intense activité de transport qui accompagne les récoltes de manioc, maïs, tomate ou riz cultivés dans cette commune riveraine de l’Ouémé.
Selon les informations rapportées par notre journaliste contributeur Gabin Tovonon, cette fermeté municipale répond à l’impérative nécessité de sauvegarder un patrimoine routier lourdement éprouvé par la circulation récurrente de convois en surcharge. Cette réforme dépasse cependant la simple protection du bitume, puisqu’elle place la sécurité des citoyens et la préservation de l’écosystème local au cœur des priorités de l’hôtel de ville. Pour garantir l’efficacité de ce nouveau dispositif, la municipalité exhorte désormais l’ensemble des acteurs du transport et les populations à une adhésion sincère et à une coopération exemplaire.
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