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Assurance du patrimoine électrique de la SBEE : Six assureurs engagés dans une féroce bataille tarifaire

Assurance, La Marina BJC’est une séquence hautement stratégique pour le marché de l’assurance du Bénin qui s’est jouée, fin mai 2026, au siège de la Société Béninoise d’Énergie Électrique. À l’occasion de l’ouverture des plis financiers pour l’attribution du contrat de couverture globale dommages du réseau électrique national, six des plus grandes compagnies de la place béninoise ont dévoilé leurs offres. Le rapport consulté par La Marina BJ révèlent une dispersion tarifaire inédite et une concurrence exacerbée qui illustrent les grandes manœuvres en cours dans le secteur de l’assurance non-vie.

Pour ce contrat d’une durée de deux ans, les barrières à l’entrée imposées par le gestionnaire public du réseau électrique étaient particulièrement rigoureuses. Entre l’obligation de détenir un agrément ministériel valide, de justifier d’une capacité financière minimale de 43,3 millions de FCFA, de mobiliser une caution de soumission de 5,2 millions de FCFA et de présenter des états financiers certifiés sur les trois derniers exercices, la sélection a opéré un tri naturel. Sur neuf compagnies ayant initialement manifesté leur intérêt, six ont réussi à formaliser une offre technique et financière conforme. La liste des finalistes dessine la cartographie des forces vives du marché béninois, alignant AFG Assurances Bénin IARDT, L’Africaine des Assurances, SUNU Assurances, SANLAM Allianz Bénin Assurances, NSIA Assurances et le Groupement Nobila Assurances-GAB.

Un grand écart financier de plus de 57 %

L’analyse des propositions financières met en évidence une véritable guerre des prix, caractérisée par un écart du simple au double qui témoigne de visions techniques divergentes. Au bas de l’échelle, NSIA Assurances a choisi une stratégie de pénétration particulièrement agressive en se positionnant comme le moins-disant de la compétition avec une offre d’environ 258 millions de FCFA hors taxes. À l’extrême inverse, AFG Assurances Bénin IARDT affiche la proposition la plus haute, culminant à plus de 405 millions de FCFA hors taxes, soit un écart de plus de 57 % par rapport au premier soumissionnaire.

Entre ces deux bornes, la mise en concurrence s’organise autour d’un bloc intermédiaire relativement serré. Le Groupement Nobila-GAB se positionne à environ 309 millions de FCFA hors taxes, suivi de près par L’Africaine des Assurances à 348 millions de FCFA hors taxes, SUNU Assurances à 365 millions de FCFA hors taxes et le géant SanlamAllianz à 373 millions de FCFA hors taxes. Signe évident de la tension commerciale qui entoure ce grand compte industriel, aucune des six compagnies n’a consenti le moindre rabais lors du dépôt des plis.

Pour notre spécialiste à la rédaction, cette forte dispersion tarifaire ne relève pas du hasard mais traduit des approches de gestion des risques diamétralement opposées. Selon ses explications, la différence de prime repose essentiellement sur le calibrage technique des contrats, notamment le niveau des franchises contractuelles laissées à la charge de la SBEE, le périmètre précis des extensions de garanties incluses, et surtout la nature des traités de réassurance internationale mobilisés pour adosser ce risque industriel majeur.

La résilience des infrastructures publiques en jeu

L’enjeu de cette compétition dépasse largement la simple attribution d’un marché public. La Société Béninoise d’Énergie Électrique gère le patrimoine industriel le plus critique et le plus étendu du territoire béninois. Ses réseaux de distribution haute et basse tension, ses postes de transformation stratégiques et ses centres de contrôle numérique représentent des investissements publics massifs. En cas de sinistre d’envergure, une rupture de couverture ou une mauvaise évaluation du risque ferait peser un danger immédiat sur le budget de l’État et sur la continuité de la fourniture d’énergie.

La formule retenue par la compagnie en gestion déléguée, à savoir une couverture glissante sur deux ans actionnable selon les besoins du parc d’exploitation, démontre une maturité dans la gestion des risques. Il s’agit de garantir un filet contractuel permanent et activable sans pour autant alourdir inutilement les charges d’exploitation par une sur-assurance à fonds perdus.

Le verdict final dépendra désormais de la phase d’évaluation technique. La commission de sélection de la SBEE devra trancher un arbitrage classique mais délicat en matière de grands risques, qui consiste à évaluer si l’attractivité financière du moins-disant offre les mêmes garanties de solidité et de réassurance face aux sinistres majeurs que les propositions plus haut de gamme de ses concurrents.

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