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Énergie, sécurité, port de Cotonou… La feuille de route des nouveaux ambassadeurs au Bénin

Diplomatie, La Marina BJ À la suite de la présentation de leurs lettres de créance ce vendredi 10 juillet 2026 au Palais de la Marina, les déclarations des treize diplomates accrédités, recueillies par la direction de la communication de la Présidence, dessinent les contours des chantiers économiques et stratégiques nationaux. Entre impératifs sécuritaires, offensive logistique et partenariats de financement, revue de détail des priorités affichées par les nouvelles chancelleries.

La fin de l’embouteillage protocolaire (Lire LMBJ du 29/05/2026), actée par le chef de l’État, Romuald Wadagni, et coordonnée par la ministre des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, laisse désormais place au réalisme économique et géopolitique. Reçus tour à tour au Palais de la Marina, les plénipotentiaires des treize pays partenaires ont, dans leurs prises de parole, abattu leurs cartes. Plusieurs feuilles de route convergent vers les secteurs névralgiques de la croissance et de la stabilité du Bénin.

Énergie, Port et offensive industrielle pour l’axe Alger-N’Djamena- Cotonou

L’Algérie se positionne comme un partenaire de premier plan pour ce nouveau septennat. L’ambassadeur Ammar Hadjar a clairement annoncé la couleur, inscrivant son mandat dans une dynamique de redynamisation du dialogue politique et de consolidation de la coopération sécuritaire entre Alger et Cotonou. Il a détaillé à la suite de son entretien avec le président Romuald Wadagni l’ambition d’un « partenariat énergétique et stratégique global », doublé d’un partenariat industriel qui sera piloté par un futur comité ministériel mixte, le tout complété par un volet économique et commercial axé sur la facilitation de l’investissement. Pour l’économie béninoise, ce corridor avec Alger, déjà engagé sur l’industrie pharmaceutique, l’agriculture, le BTP et les transports lors des échanges préparatoires de mars dernier à l’issue de la présentation des copies figurées des lettres de créance, ouvre des perspectives en matière de transfert de technologies et de sécurisation énergétique.

Plus au sud, c’est le secteur portuaire qui capte l’attention du Tchad. Le nouvel ambassadeur, Ahmat Tadjadine Moussa, l’a placé en tête de ses priorités, devant le chef de l’État Romuald Wadagni : renforcer la coopération bilatérale « dans le domaine portuaire », diversifier les économies des deux pays, en particulier dans l’agriculture et intensifier la lutte contre le terrorisme. Pour N’Djamena, l’accès à la plateforme logistique de Cotonou est un enjeu vital de désenclavement, à la fois vecteur d’échanges agricoles et pièce d’un dispositif sécuritaire régional partagé.

Le volet sécuritaire reste d’ailleurs le pivot autour duquel s’articulent plusieurs de ces nouvelles relations. Outre le Tchad, le Pakistan a formellement inscrit la défense parmi ses axes de coopération : l’ambassadeur Najeeb Durrani a cité, aux côtés du commerce et de l’investissement, la santé, la défense et l’informatique comme secteurs à solidifier avec le gouvernement béninois. Même logique côté algérien, où la consolidation sécuritaire est indissociable de l’offre de partenariat énergétique et industriel formulée par Ammar Hadjar.

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Les leviers du financement et de la modernisation

Le troisième pilier de cette vague d’accréditations tient au financement des infrastructures sociales et à l’approfondissement des partenariats bilatéraux. L’Arabie saoudite, par son ambassadeur Youssef bin Mhammed Albalawi, a mis en avant sa volonté de renforcer ses liens avec le Bénin « à travers beaucoup d’autres domaines », citant nommément l’éducation et la santé, tout en rappelant le rôle du Fonds saoudien de développement dans le financement de projets divers, un appui appelé, selon ses mots, à être « renforcé ». Israël, représenté désormais par l’ambassadeur Simon-Clément Séroussi, également accrédité à Abidjan, Lomé et Ouagadougou, a insisté sur la « fraternité » et la collaboration diplomatique de longue date entre les deux pays, avec la volonté de renforcer les relations dans les domaines où Israël dispose d’une réelle valeur ajoutée pour accompagner le travail de développement mené au Bénin, sans toutefois détailler de secteurs précis lors de cette prise de parole.

L’Inde, via son ambassadeur Abhishek Singh, également Haut-Commissaire à Abuja et représentant permanent auprès de la CEDEAO, a pour sa part choisi d’ancrer sa relation avec Cotonou sur un registre de valeurs partagées, citant la démocratie et la laïcité comme socle commun aux deux pays, en préalable à une coopération à construire. La Thaïlande, via l’ambassadeur Thirapath Mongkolnavin, basé à Abuja avec juridiction sur le Bénin, cible plus directement des opportunités concrètes dans le commerce, l’investissement et le développement durable, un secteur dans lequel Bangkok dit voir un fort potentiel béninois. Cuba, enfin, par la voix de l’ambassadrice Denisse Amaro Salabarria, a inscrit sa mission dans la continuité du travail engagé par son prédécesseur, avec un accent sur la santé, l’éducation et la culture.

En alignant ces feuilles de route, sécuritaires pour le Tchad et le Pakistan, industrielle et énergétique pour l’Algérie, financière pour l’Arabie saoudite, commerciale pour la Thaïlande, symbolique pour l’Inde, sur les priorités de son programme d’action, l’exécutif béninois s’offre un portefeuille d’alliances diversifié, entre puissances régionales, partenaires du Golfe et chancelleries non-résidentes couvrant le pays depuis Abuja ou Abidjan.

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