Maritime, La Marina BJ – Par l’adoption de la « Déclaration de Cotonou 2026 », la 7e réunion ministérielle du Processus des États africains atlantiques (PEAA) a marqué un tournant. Porté par une convergence stratégique forte entre Rabat et Cotonou, ce cadre multilatéral ambitionne de transformer la façade maritime ouest-africaine en un hub économique intégré, sécurisé et décarboné.
La façade atlantique de l’Afrique ne veut plus se contenter d’observer passivement les turbulences du commerce mondial. Réunis à Cotonou les 12 et 13 juillet 2026, les points focaux et ministres des Affaires étrangères du Processus des États africains atlantiques (PEAA) ont acté une feuille de route offensive. Initié à l’origine par le Roi Mohammed VI du Maroc, ce processus de coopération régionale a trouvé au Bénin un coorganisateur et un catalyseur de premier plan. Le rideau est tombé sur l’adoption de la Déclaration de Cotonou 2026, un document-cadre qui formalise les ambitions d’un espace de 23 pays côtiers, bien décidés à faire de l’économie bleue le moteur de leur souveraineté.
Sortir de la posture de « spectateur »
Pour le Maroc, pivot historique de cette initiative, l’enjeu dépasse la simple coopération technique car il s’agit d’une posture géopolitique globale. Mohamed Methqal, Directeur Général de l’Agence Marocaine de Coopération Internationale (AMCI) et représentant de la diplomatie chérifienne à Cotonou, a fermement rappelé les règles du jeu en soulignant que les espaces maritimes restent des « biens ouverts à la circulation inoffensive » en dépit des juridictions nationales.
Dans un contexte mondial marqué par des tensions accrues sur les grandes routes maritimes, le message de Rabat est limpide puisque l’Afrique doit impérativement se doter des moyens de sa propre sécurité pour ne pas subir les contrecoups des crises exogènes. C’est pourquoi le diplomate marocain a insisté sur le fait que l’Afrique atlantique ne peut plus se permettre de rester « spectatrice de crises » qui affectent directement sa stabilité économique.
Le Bénin impose le pivot de la valeur ajoutée
Face à cette vision géopolitique, le Bénin apporte une déclinaison géoéconomique très concrète, dictée par sa position de porte d’entrée naturelle des pays de l’Hinterland comme le Niger, le Burkina Faso et le Mali. Selon les informations rapportées par notre journaliste contributeur David Agboton, pour Cotonou, l’infrastructure portuaire ne doit plus être un simple lieu de passage, mais un accélérateur industriel majeur.
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Madame la Ministre des Affaires étrangères du Bénin, Corinne Amori Brunet, qui a ouvert la séquence ministérielle, a articulé avec clarté ce changement de paradigme en rappelant que son pays renforce la coordination de l’État en mer et poursuit la digitalisation de sa plateforme logistique. Elle a d’ailleurs précisé que l’ambition béninoise va désormais « au-delà du transit » pour que les infrastructures soutiennent la production et la « transformation locale » des produits. En liant ainsi la modernisation du Port Autonome de Cotonou à des impératifs d’industrialisation, la diplomatie béninoise redéfinit profondément les attentes vis-vis des corridors de transport régionaux.
Les quatre piliers de la Déclaration de Cotonou
Pour opérationnaliser cette vision commune, la Déclaration de Cotonou 2026 s’articule autour de quatre engagements majeurs pensés pour répondre aux défis immédiats de la sous-région. Le premier axe met l’accent sur la sécurité et la sûreté maritimes en appelant à intensifier de manière coordonnée la lutte contre la piraterie, la pêche illicite et les différents trafics transnationaux qui déstabilisent le golfe de Guinée. Parallèlement, le texte insiste sur le développement de corridors logistiques verts pour connecter plus durablement et proprement les façades maritimes aux pays enclavés de l’Hinterland.
Pour injecter de l’efficacité au cœur du commerce régional, les États membres s’engagent également à accélérer la digitalisation des procédures portuaires et douanières, un levier indispensable pour doper la compétitivité et réduire les délais. Enfin, ce plan d’action intègre une forte dimension environnementale en prévoyant la promotion des énergies renouvelables marines ainsi que la structuration d’une véritable filière africaine dédiée à l’hydrogène vert. En s’imposant comme les moteurs de ce dialogue atlantique, Cotonou et Rabat dessinent une trajectoire où la sécurité et le business s’alimentent mutuellement, même s’il reste à traduire ces orientations politiques en investissements lourds tout au long de la côte ouest-africaine.
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