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Bénin : L’inflation sous contrôle à +0,6% à fin juin 2026, malgré la flambée des coûts de transport

Consommation, La Marina BJSelon le dernier bulletin de l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INStaD), l’Indice Harmonisé des Prix à la Consommation (IHPC) affiche une quasi-stabilité sur un mois (+0,1%), portée par la cherté des carburants mais modérée par le recul des prix alimentaires. Une conjoncture globale marquée par une légère baisse de l’indice général en glissement annuel.

L’économie béninoise continue d’évoluer dans un régime de faible inflation. À fin juin 2026, le taux d’inflation en moyenne annuelle s’est établi à +0,6%, enregistrant un léger repli de 0,2 point de pourcentage par rapport au mois de mai. Cet indicateur clé de convergence au sein de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) démontre une maîtrise globale du niveau des prix à la consommation à l’échelle nationale. L’indice global s’établit ainsi à 102,7 contre 102,6 un mois plus tôt, soit une infime progression mensuelle de 0,1%.

Cette légère hausse mensuelle est avant tout portée par le secteur des transports. Les usagers de la route subissent de plein fouet l’augmentation du prix de l’essence de contrebande, dite « Kpayo » (+0,5%), couplée à une hausse de 0,7% des tarifs du « transport de voyageurs par route ». En variation trimestrielle, par rapport à mars 2026, la division des transports affiche d’ailleurs un bond spectaculaire de +4,2%. Heureusement pour le panier de la ménagère, cette surchauffe a été amortie par la baisse du prix du « maïs séché ». Ce produit de première nécessité a bénéficié d’un phénomène de déstockage qui a permis de détendre les cours sur les marchés locaux. Signe d’une relative stabilité des fondements économiques, l’inflation sous-jacente — qui exclut les produits saisonniers et énergétiques — est restée parfaitement stable à 100,7 par rapport au mois précédent.

Des prix en trompe-l’œil pour le consommateur

Si l’on élargit la perspective à un glissement annuel entre juin 2026 et juin 2025, l’indice général des prix affiche un léger recul de 0,4%. Ce repli global cache cependant de fortes disparités sectorielles et ne saurait être qualifié de déflation généralisée. La baisse est en réalité concentrée sur seulement deux divisions majeures du panier de la ménagère, à savoir les produits alimentaires et boissons non alcoolisées, dont les prix ont chuté de 3,2% en un an, ainsi que le secteur des restaurants et services d’hébergement qui enregistre une baisse de 6,4%. Ce mouvement baissier est notamment corrélé à la diminution des prix des produits frais de l’ordre de 3,7%, des produits locaux à hauteur de 2,3%, et des produits du secteur primaire qui se replient globalement de 4,9%.

À l’inverse, la majorité des autres postes de consommation subit un renchérissement notable sur douze mois. C’est le cas de la division du transport qui affiche une hausse massive de 10,4%, tandis que le logement, l’eau, l’électricité et le gaz progressent de 2,7%. Les divisions liées aux loisirs, au sport et à la culture augmentent également de 4,1%, illustrant une pression persistante sur les dépenses non alimentaires des ménages.

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Stabilité du cadre monétaire national

Le bulletin de l’INStaD révèle que l’évolution des prix ne frappe pas le territoire béninois de manière uniforme, puisque les six grandes régions économiques du pays affichent des réalités divergentes en juin 2026. La région du Nord-Ouest, englobant l’Atacora et la Donga, enregistre la plus forte progression mensuelle avec une hausse de 0,7% et détient le record de l’inflation en glissement annuel avec une augmentation de 4,3%. Le Nord-Est, comprenant le Borgou et l’Alibori, suit une dynamique similaire avec une hausse annuelle constatée de 1,3%. À l’inverse, la région du Sud-Centre, qui regroupe le Littoral et l’Atlantique, connaît une véritable bouffée d’oxygène en affichant un net repli mensuel de 0,8% combiné à une baisse annuelle des prix de 3,5%.

Ces données sont consolidées par une méthodologie statistique rigoureuse, basée sur l’observation de 844 produits suivis dans 2 583 points de vente, représentant plus de 21 802 relevés mensuels à travers le pays. En se maintenant à un taux moyen annuel de +0,6%, le Bénin affiche une performance macroéconomique largement en deçà du seuil communautaire de l’UEMOA, traditionnellement fixé à un maximum de 3%. Cette marge de manœuvre confortable confirme la stabilité du cadre monétaire national, même si la surveillance de la cherté des transports et du carburant reste le principal point de vigilance pour les mois à venir.

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