Gouvernance, La Marina BJ – À quelques jours de l’installation officielle du Sénat, prévue pour le 30 juillet 2026 au Palais des gouverneurs de Porto-Novo, les interrogations sur la future indépendance de cette chambre haute restent vives au sein de l’opinion publique. Invité de l’émission Grand Angle sur Crystal News ce dimanche, Antoine Guédou, président du parti Grande Solidarité Républicaine (GSR), a invité ses concitoyens à la retenue, tout en lançant une mise en garde solennelle sur l’importance cruciale de cette institution.
Face aux craintes largement partagées par une partie de la population quant à une institution qui serait « à la solde » du prédécesseur du président Romuald Wadagni, Antoine Guédou s’est inscrit en faux. Pour le président du GSR, la qualité du profil des sénateurs, composée d’intellectuels et de figures marquantes de la vie publique, constitue une garantie, bien que non absolue, contre les dérives.
« je préfère demander aux uns aux autres de les laisser faire pour qu’on voit un peu ce que nous sommes dans le pays aujourd’hui. Est-ce que nous sommes encore dans le Bénin d’hier du lendemain de la conférence nationale ? Nous aurons le temps d’apprécier… », a-t-il déclaré, réfutant l’idée qu’un consensus de corruption puisse exister parmi des personnalités aux trajectoires aussi diverses. Toutefois, l’ancien opposant au régime de Patrice Talon n’a pas caché le poids de cette responsabilité historique. Pour lui, l’heure n’est plus aux procès d’intention, mais à l’observation rigoureuse de la probité des élus, « Ces gens-là qui sont au Sénat aujourd’hui, je voudrais les inviter à faire attention. […] Si ça là échoue encore, sachez que le Bénin est foutu… ».
La présidence du Sénat
Au-delà de la question de l’indépendance, Antoine Guédou a porté le débat sur le terrain de l’éthique financière. Pour le leader du GSR, l’installation du Sénat représente une opportunité pour assainir les pratiques de gouvernance. Il a lancé un appel direct aux nouveaux sénateurs de contribuer volontairement à une réduction des salaires politiques, qu’il qualifie de « salaires de corruption » au regard des ressources limitées du pays. « Il y a beaucoup de dossiers qui attendent le Sénat, et c’est à travers leur façon de régler ces problèmes-là qu’on pourra les apprécier », a-t-il conclu, rappelant que si cette nouvelle expérience institutionnelle venait à échouer, les conséquences pour la stabilité du pays seraient lourdes.
⚠️ Toute reproduction, même partielle de nos articles, sans mention explicite de la source lamarina.bj est strictement interdite et constitue une violation du droit d'auteur.
Interrogé sur la stratégie de désignation du bureau de la chambre haute, Antoine Guédou a souligné que l’identité du futur président du Sénat sera un signal fort. S’il refuse de spéculer sur des noms, il considère que la mise en place d’un bureau reflétant une simple allégeance serait un aveu d’échec prématuré. « Si par exemple ils prennent un bureau qui reflète ce que vous dites là, on va conclure à l’avance que vraiment c’est les mêmes causes qui vont produire les mêmes effets », a-t-il prévenu. Pour le président du GSR, c’est à travers la composition de ce bureau que les sénateurs devront prouver leur volonté de rompre avec les pratiques du passé et d’incarner une véritable autonomie institutionnelle.
Restez connectés à l’actualité en temps réel en rejoignant notre chaîne WhatsApp pour ne rien manquer : actus exclusives, alertes, et bien plus encore.