Votre portail vers l'information stratégique au Bénin, en Afrique et au-delà
Votre portail vers l'information stratégique au Bénin, en Afrique et au-delà

Après le Sud, le Nord Bénin dans le viseur des inondations d’ici septembre selon les prévisions

Protection civile, La Marina BJAlors que le sud du Bénin subissait récemment de plein fouet les fortes précipitations de la grande saison des pluies, l’Agence béninoise de protection civile (ABPC) ajuste déjà ses radars. Selon les prévisions, la dynamique hydrologique s’apprête à basculer vers les départements du Nord à compter du mois de septembre. Entre la menace spécifique des inondations fluviales et le déploiement d’un mode opératoire hautement codifié, l’État prépare sa montée en puissance.

Si les artères de Cotonou et d’Abomey-Calavi ont été le théâtre, il y a quelques semaines, des premières interventions d’urgence grâce aux infrastructures d’assainissement de la SIRAT et aux motopompes de l’ABPC, le répit n’est que provisoire à l’échelle nationale. Invité sur le plateau de la chaîne Eden TV dans l’émission Entretien du Dimanche, le lieutenant-colonel Gilbert Edah a dressé un panorama clair de la trajectoire du risque climatique sur le territoire national : le centre de gravité des intempéries s’apprête à glisser vers la partie septentrionale du pays.

Une double dynamique

La vulnérabilité du Nord-Bénin répond à une mécanique hydrologique bien différente de celle du Sud. Si les régions côtières font face à des inondations pluviales provoquées par l’intensité des précipitations directes sur les sols et les bassins urbains, le Septentrion est principalement exposé au risque fluvial. La saturation des grands bassins versants et les crues venues de l’arrière-pays transforment régulièrement ces territoires en zones de forts ruissellements et de déplacements involontaires de populations. Cette transition saisonnière est au cœur de la stratégie de veille de l’agence. Interrogé sur le calme relatif qui règne pour l’heure dans la partie haute du pays, le lieutenant-colonel Gilbert Edah réfute tout optimisme hâtif : « Pas du tout », avertit l’officier, précisant que si c’est le Sud du Bénin qui a enregistré les dernières semaines « les plus fortes précipitations », la situation va « bientôt basculer vers le Nord ».

Rappelant qu’il existe deux types de risques — l’inondation pluviale due à la pluviométrie et l’inondation fluviale liée au débordement des cours d’eau —, l’invité d’Eden TV souligne que le Nord est particulièrement exposé à cette seconde catégorie. « Nous connaissons plus vers la partie septentrionale, surtout dans l’Alibori, les inondations fluviales parce qu’il y a le fleuve Niger qui déborde souvent, le fleuve Ouémé à travers tout son circuit », explique-t-il. Et si le responsable de la protection civile confirme qu’à l’issue d’une tournée des unités au niveau national, « pour le moment, le Nord n’est pas encore impacté », il insiste sur l’échéance à venir : « Ce qui est sûr, ça va basculer vers le Nord. Peut-être en septembre, on pourra avoir une forte pluviométrie également dans la partie septentrionale selon les prévisions. »

Une réponse graduée

Face à cette échéance critique de septembre, la réponse de l’État ne s’improvise pas. Elle repose sur un principe d’implication territoriale progressive, structuré autour des plateformes communale, départementale et nationale de réduction des risques de catastrophe. L’architecture d’intervention garantit que les premiers secours soient apportés à l’échelle locale avant toute sollicitation des moyens centraux.

Comme le détaille le lieutenant-colonel Gilbert Edah, le schéma opérationnel obéit à une logique d’escalade très stricte. Une fois la crise née dans un département, « on déploie d’abord les moyens du département », et ce n’est que lorsque ceux-ci sont « dépassés » ou « surpassés » qu’intervient l’appui interdépartemental. « C’est une montée en puissance qu’on fait, c’est une gradation », insiste le cadre de l’ABPC, rappelant que la gestion commence d’abord par le niveau local avant de « monter en puissance en matière de déploiement des moyens » en fonction de la gravité des événements.

⚠️ Toute reproduction, même partielle de nos articles, sans mention explicite de la source lamarina.bj est strictement interdite et constitue une violation du droit d'auteur.

Au-delà de la logistique lourde, la rapidité du flux d’information constitue le nerf de la guerre en période de crise. L’ABPC s’appuie sur un outil juridique et technique structurant qu’est l’arrêté ministériel établissant le Mode opératoire normalisé (MON). Ce protocole définit précisément le rôle de chaque maillon de la chaîne, du délégué de village jusqu’au sommet de l’appareil d’État, pour supprimer les temps morts décisionnels. Sur ce point, le lieutenant-colonel Gilbert Edah se veut rassurant quant à la réactivité des équipes. « Chaque acteur, du village jusqu’au niveau national, a une plateforme dédiée », indique-t-il, assurant qu’une fois la situation née, « en moins de 5 minutes au niveau national, l’information est partagée ». C’est cette fluidité qui permet ensuite à l’agence de coordonner l’ensemble des acteurs — y compris les ONG internationales, les partenaires publics et privés, ou encore les services de santé comme le SAMU — pour mobiliser rapidement les secours requis.

Alors que les regards restent tournés vers la gestion du réseau d’assainissement de la bande côtière, l’horloge climatique tourne. Pour les autorités et les populations du Septentrion, le compte à rebours avant le pic hydrologique de septembre est désormais bel et bien lancé.

Restez connectés à l’actualité en temps réel en rejoignant notre chaîne WhatsApp pour ne rien manquer : actus exclusives, alertes, et bien plus encore.

Partager cet article
Lien partageable
Précédent

Administration sans papier au Bénin : deux ans après les décrets fondateurs, place à l’exécution ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire article suivant