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Fret maritime vers le Bénin : Maersk révise à la hausse ses surcharges

Logistiques, La Marina BJ À compter du 24 août 2026, l’armateur danois Maersk appliquera une nouvelle révision à la hausse de sa surcharge de haute saison (PSS) sur les flux de marchandises au départ de l’Asie du Sud-Est et à destination de l’Afrique de l’Ouest, incluant directement le Bénin. Cette décision marque la troisième augmentation successive enregistrée sur cet axe stratégique depuis le début de l’année.

Les acteurs de la chaîne logistique et du commerce international au Bénin doivent anticiper un nouveau surcoût sur leurs approvisionnements maritimes. Dans une note tarifaire consultée par La Marina BJ et en date du 7 août 2026, le leader mondial du transport maritime par conteneurs, Maersk, a notifié la revalorisation de sa surcharge de haute saison (PSS). Cette révision s’appliquera à toutes les expéditions en provenance de neuf pays d’Asie du Sud-Est et d’Extrême-Orient vers les ports ouest-africains, avec une entrée en vigueur fixée au 24 août.

+250 % en six mois

La nouvelle grille tarifaire s’impose aux cargaisons expédiées depuis l’Indonésie, la Malaisie, Singapour, les Philippines, le Vietnam, la Thaïlande, le Myanmar, le Laos et le Cambodge. Les conteneurs de 20 pieds acheminés vers le Bénin seront désormais frappés d’une surcharge de 700 USD par unité. Pour les conteneurs de plus grands volumes, à savoir les modèles de 40 et 45 pieds, la surcharge s’établit à 1 000 USD par conteneur. S’agissant des contrats non-SPOT, l’application du tarif dépend formellement de la date de calcul du prix, correspondant à la date de départ prévue du premier navire. Pour les réservations effectuées sous le régime SPOT, le tarif est adossé à la date de départ estimée (ETD) au moment de la confirmation.

L’analyse de la grille tarifaire de Maersk met en évidence une accélération marquée de la pression tarifaire sur la ligne Asie du Sud-Est–Afrique de l’Ouest tout au long de l’année 2026. Le 1er mars 2026, le PSS s’élevait à 200 USD pour un conteneur de 20 pieds et à 400 USD pour les formats 40/45 pieds. Un premier relèvement substantiel intervenu le 11 juin 2026 a ensuite porté cette surcharge à 500 USD pour les conteneurs de 20 pieds et à 1 000 USD pour ceux de 40/45 pieds. Enfin, la nouvelle révision entrant en vigueur le 24 août 2026 hisse la taxe à 700 USD sur les conteneurs de 20 pieds, tout en maintenant le palier de 1 000 USD sur les grands conteneurs. En l’espace de six mois, la surcharge appliquée aux conteneurs de 20 pieds — particulièrement prisés par les importateurs béninois pour le transport de marchandises lourdes ou de forte densité — a ainsi bondi de 250 %. Il convient de distinguer ce corridor d’Asie du Sud-Est de la ligne d’approvisionnement en provenance directe de la Grande Chine (Chine continentale, Hong Kong, Taïwan). Sur cette dernière, soumise à des tensions de capacité distinctes, les surcharges observées durant la même période ont atteint des niveaux encore plus élevés, oscillant entre 1 000 USD et 2 000 USD par conteneur selon la période.

Impacts directs

D’après l’analyse du cabinet WE Connector pour La Marina BJ, pour le Port Autonome de Cotonou (PAC), hub majeur du golfe de Guinée, cette révision tarifaire comporte plusieurs implications opérationnelles et économiques majeures. Premier impact direct, le renchérissement de la valeur CIF s’explique par le fait que la surcharge vient s’ajouter au fret de base, ce qui augmente mécaniquement la valeur CAF/CIF (Coût, Assurance, Fret) des marchandises et élargit l’assiette de calcul des droits et taxes douaniers perçus à l’entrée sur le territoire béninois. Deuxièmement, une forte pression s’exercera sur les corridors de transit, car la note de Maersk inclut également parmi ses destinations les pays de l’hinterland, notamment le Niger et le Burkina Faso ; les opérateurs économiques acheminant des marchandises en transit via le corridor Cotonou-Niamey ou Cotonou-Ouagadougou devront donc intégrer ce surcoût logistique dans leurs structures de coûts.

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Enfin, des répercussions directes sont à prévoir sur les prix à la consommation, dans la mesure où les matériaux de construction, équipements textiles, pièces détachées et produits manufacturés en provenance d’Asie du Sud-Est risquent de connaître des ajustements de prix sur le marché local au cours du dernier trimestre 2026, les importateurs répercutant la hausse de la chaîne logistique sur les prix de vente totaux. Face à cette mesure qui prendra effet dans deux semaines, les commissionnaires agréés en douane et les centrales d’achat de la place de Cotonou vont sûrement tenter d’accélérer le traitement des expéditions dont la date de départ peut être enregistrée avant l’échéance du 24 août.

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