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Bénin : de 17 % à 12 %, la recomposition silencieuse des fournisseurs de second rang

Commerce, La Marina BJDerrière les géants asiatiques et européens qui dominent traditionnellement le port de Cotonou, une deuxième ligne de fournisseurs connaît une recomposition rapide. Entre le premier et le deuxième trimestre 2026, le Maroc, la Russie, la Turquie et le Brésil ont vu leur poids combiné dans les importations béninoises reculer de 17,4 % à 11,9 %, une baisse qui masque en réalité des trajectoires individuelles radicalement opposées.

Dans la géographie du commerce extérieur béninois, les projecteurs restent braqués sur les géants habituels. Au premier semestre 2026, la Chine, l’Inde, la France et le Nigéria ont continué à capter l’essentiel du trafic de marchandises à destination du port de Cotonou. Mais derrière ces mastodontes de l’approvisionnement national se joue une dynamique tout aussi révélatrice : celle d’un groupe de partenaires de « second rang », dont la Fédération de Russie, le Maroc, la Turquie et le Brésil, dont les positions se redessinent trimestre après trimestre selon les données publiées par l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INStaD).

La chute russe

Le mouvement le plus marquant du premier semestre est sans conteste celui de la Russie. Troisième fournisseur du Bénin au premier trimestre 2026 avec 10,0 % des importations, un montant alors détaillé par l’INStaD à hauteur de 19,1 milliards de FCFA d’engrais et 18,9 milliards de FCFA de produits pétroliers, le pays chute à 3,2 % des importations au trimestre suivant, soit un recul de 6,8 points de pourcentage en trois mois. C’est cette dégringolade, à elle seule, qui explique l’essentiel du repli du poids combiné des quatre partenaires de second rang. Le bulletin du deuxième trimestre ne fournissant pas de détail produit équivalent pour ce partenaire retombé hors du top 5, la cause exacte de ce recul, ajustement ponctuel du calendrier des livraisons d’engrais ou réorientation plus durable des approvisionnements — reste à confirmer dans les prochains bulletins.

À contre-courant, le Maroc est le seul des quatre à voir sa part doubler, passant de 2,2 % des importations béninoises au premier trimestre 2026 à 4,4 % au deuxième, selon l’INStaD. Les deux bulletins ne détaillent pas la composition précise des achats marocains pour ces trimestres, mais cette progression s’inscrit dans une présence régionale déjà bien établie du groupe marocain des phosphates OCP, qui revendiquait en 2025 des filiales actives dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Bénin.

Turquie et Brésil, une érosion mesurée

Les deux autres partenaires du groupe affichent une évolution plus modeste. La Turquie recule très légèrement, de 2,4 % à 2,3 % des importations entre les deux trimestres, conservant une présence stable dans le classement. Le Brésil cède davantage de terrain, passant de 2,8 % à 2,0 %, sortant ainsi du top 5 des fournisseurs de ce segment. Ni l’un ni l’autre de ces flux n’est détaillé par produit dans les bulletins consultés, l’INStaD limitant ses développements textuels aux trois ou quatre premiers fournisseurs de chaque trimestre.

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L’analyse des données officielles de l’INStaD permet de replacer ces variations dans leur contexte. La Chine (22,2 % au premier trimestre puis 17,5 % au deuxième) et l’Inde (18,0 % puis 23,2 %, cette dernière hausse portée par les achats de riz) dominent largement le classement des fournisseurs du Bénin. La France (8,4 % puis 7,8 %) et le Nigéria (5,1 % puis 5,0 %) restent également stables sur la période, tandis que les États-Unis connaissent une progression notable, de 1,9 % à 6,8 %, se hissant à la quatrième position du classement au deuxième trimestre. Plus bas dans le tableau, la Pologne, présente au premier trimestre avec 2,1 % des importations, disparaît du top 10 au trimestre suivant, cédant sa place à la Côte d’Ivoire (2,0 %),signe que la volatilité observée chez les partenaires du Maghreb, d’Europe de l’Est et d’Amérique du Sud touche également d’autres pays du classement.

Ces mouvements, pris dans leur ensemble, illustrent moins une montée en puissance linéaire des fournisseurs alternatifs qu’une recomposition rapide et encore instable de ce segment du commerce extérieur béninois. Selon l’analyse du cabinet WE Connector pour La Marina BJ, la chute russe et la percée marocaine, en particulier, invitent à une lecture prudente des bulletins trimestriels à venir. Pour ce dernier, seule la confirmation de ces tendances sur plusieurs trimestres permettra de dire si elles relèvent d’une stratégie durable de diversification des sources d’approvisionnement, ou de simples à-coups conjoncturels liés au calendrier des commandes d’engrais et de produits pétroliers.

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