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Eau potable en milieu rural : Le modèle béninois de l’ANAEPMR salué dans le rapport ASDR 2026

Développement durable, La Marina BJ Alors que le continent africain peine à garantir l’accès universel aux services d’eau gérés en toute sécurité, le Bénin s’impose comme une référence technique et institutionnelle. Dans le Rapport 2026 sur le développement durable en Afrique (ASDR 2026), les experts de la Commission de l’Union africaine, de la CEA, de la BAD et du PNUD mettent en avant la stratégie nationale portée par l’Agence nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural (ANAEPMR) du Bénin.

À l’échelle du continent, l’Objectif de Développement Durable dédié à l’eau et à l’assainissement (ODD 6) accuse un retard structurel préoccupant. Si 81 % de la population africaine bénéficie désormais d’un accès de base à l’eau potable selon le rapport, la couverture gérée en toute sécurité chute drastiquement à 36 %. En Afrique de l’Est et centrale, ce taux peine à franchir la barre des 20 %. C’est dans ce paysage contrasté que le Rapport 2026 sur le développement durable en Afrique (ASDR 2026) consacre un encadré stratégique aux performances du Bénin.

Un pilotage centralisé

Au cœur de la trajectoire béninoise saluée par les institutions internationales figure l’Agence nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural (ANAEPMR). Créée pour répondre au morcellement historique de la gestion de l’eau en zone rurale, cette structure publique assure désormais la planification, la coordination et la supervision opérationnelle des réseaux sur l’ensemble du territoire. L’ASDR 2026 souligne l’efficacité de cette approche centralisée, qui a permis de sortir d’une logique de micro-projets isolés au profit d’une gouvernance industrielle de la ressource. L’objectif poursuivi vise à pallier l’instabilité des infrastructures villageoises souvent livrées à elles-mêmes après leur livraison.

L’analyse de l’ASDR 2026 s’appuie sur des résultats concrets enregistrés entre 2024 et 2025. En premier lieu, dans le cadre de la mise à niveau opérationnelle de 2024, le Projet de réhabilitation des adductions d’eau villageoises (PRAEV) a permis le déploiement de 125 électropompes accompagnées de groupes électrogènes au cours du second semestre sur les réseaux d’Adduction d’Eau Villageoise (AEV). Cette intervention ciblée a résorbé les pannes mécaniques tout en compensant l’instabilité du réseau électrique. Dans un second temps, marquant le changement d’échelle de 2025, le pays a concrétisé dès le premier semestre la construction de plusieurs Systèmes d’approvisionnement en eau potable multi-villages (SAEPmV). Ces infrastructures d’envergure alimentent désormais plusieurs localités à partir de points de captage sécurisés et pérennes.

Enfin, cette dynamique repose sur une rigueur de suivi constante, caractérisée par l’actualisation continue de l’inventaire des équipements et l’augmentation mesurée des raccordements directs dans les ménages ruraux, traduisant un pilotage axé sur des indicateurs précis pour réduire au minimum les temps d’arrêt du service.

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Une méthodologie inspirante

L’expérience béninoise documentée dans l’ASDR 2026 montre que l’accès durable à l’eau potable ne repose pas uniquement sur le volume des investissements, mais sur la qualité de l’architecture institutionnelle et le suivi technique des ouvrages. Alors que l’Aide publique au développement (APD) dédiée au secteur de l’eau s’est contractée de 24 % en Afrique de l’Ouest entre 2015 et 2023 passant de 973,45 millions de dollars en 2015 à 740,15 millions de dollars en 2023, le modèle de l’ANAEPMR offre une feuille de route pour rationaliser la dépense publique et garantir la continuité des services essentiels.

À titre de comparaison, le rapport signale un recul encore plus marqué en Afrique du Nord, avec une baisse de 44 %, de 1,08 milliard à 606,79 millions de dollars, ainsi qu’en Afrique centrale, où le repli atteint 33,1 % pour s’établir à 119,97 millions de dollars, tandis que l’Afrique de l’Est est la seule sous-région à afficher une hausse sur la période, avec une progression de 30,3 %, de 1,01 milliard à 1,32 milliard de dollars.

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