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Budget 2027 du parlement : Comment les députés ont accueilli le premier exercice « d’austérité » de la 10eme législature

Gouvernance, La Marina BJRéunis en plénière ce mercredi 9 septembre 2026, les députés béninois ont adopté à l’unanimité la résolution portant budget de l’Assemblée nationale pour l’exercice 2027. Fixée à 31,641 milliards de FCFA, cette enveloppe marque un repli net de 4,37 % par rapport à 2026. Derrière ce vote de conformité, les débats en hémicycle ont révélé un accueil nuancé. En savoir plus.

Si la fin des dépenses de prestige et le cap mis sur le nouveau siège font consensus, certains élus ont profité des échanges pour appeler à la prudence face à ce resserrement des dépenses. Présenté par le président de l’institution, Joseph Djogbénou, ce projet de budget pour la gestion 2027 acte le retour à un cycle comptable normalisé, vierge des charges exceptionnelles d’installation et des indemnités de sevrage qui avaient alourdi l’exercice 2026 (arrêté au remanié à 37,960 milliards de FCFA, puis exécuté à 65,40 % à la fin août). En isolant ces dépenses d’amorce, les crédits de fonctionnement connaissent même une progression réelle de 6,16 %, destinée à consolider l’administration parlementaire tout en sanctuarisant 9,174 milliards de FCFA pour l’achèvement et l’équipement du futur siège, dont la livraison est attendue dans le courant de l’année 2027.

La majorité salue une cure de sobriété

Dans les rangs des députés, les premières prises de parole ont rapidement donné le ton d’une adhésion sur les principes. Selon les informations rapportées par notre journaliste contributeur Noé William HOUNKANRIN, l’honorable Djamilatou Sabi Mohamed s’est réjouie d’un document qui pose « un ancrage et une vision claire », tout en se félicitant de la place accordée à la digitalisation des procédures pour moderniser le travail parlementaire. Mêmes satisfecit chez Adjoua Gladys Eudoxie Tossou et Paulin Akponna, qui ont vu dans ce texte la traduction comptable des orientations de rationalisation de l’État : « Une baisse apparente du volume global n’est pas le signe d’un ralentissement, mais bien celui d’une optimisation de nos dépenses », a fait valoir Paulin Akponna, saluant le refus des « dépenses de prestige ou de confort ».

Cependant sur le plan opérationnel, le premier vice-président de l’Assemblée nationale Barthélémy Kassa est allé plus loin en soulignant l’effort consenti par la présidence au-delà des directives financières du pouvoir exécutif. Selon l’élu de la troisième circonscription électorale, le président du Parlement est allé au-delà de la lettre de cadrage gouvernementale en coupant prioritairement dans les achats de biens et services pour redéployer des marges vers la formation des élus et le renforcement de leur présence sur le terrain.

L’anticipation des besoins futurs

Sous le vernis du consensus, certains ténors de l’hémicycle ont apporté des nuances plus techniques, rappelant que la compression des coûts imposera des arbitrages délicats. Le député Augustin Sèdogbo Ahouanvoebla a notamment tenu à recadrer la lecture des masses financières : en observant la trajectoire depuis le budget remanié de 2026, la contraction réelle atteint près de 9 %, soit une réduction brute de plus de 3,5 milliards de FCFA. L’élu du département de l’Ouémé a appelé le bureau à anticiper les incidences financières qu’engendrera la révision prochaine du Règlement intérieur du Parlement, ainsi que la couverture des frais liés aux distinctions honorifiques des nouveaux députés.

Dans une posture similaire, le président du groupe parlementaire Bloc Républicain, Assan Seibou, n’a pas hésité à qualifier ce projet de « budget d’austérité et de resserrement », confiant que ces coupes sombres ont parfois « séché le palais » de certains élus et suscité de l’inquiétude au sein du personnel parlementaire. Tout en appelant à voter le texte « sans retenue » par responsabilité, l’élu a prévenu qu’il n’excluait pas de revenir frapper à la porte du gouvernement lors de futurs collectifs budgétaires s’il s’avérait nécessaire de « desserrer les cordons ».

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La Questure rassure

Face à ces interpellations avant le vote à l’unanimité, la direction de la Questure est montée au créneau pour apaiser les craintes et réaffirmer la cohérence de l’exercice. Le premier questeur, Labiou Amadou Djibril, a assuré aux collègues parlementaires que « l’essentiel a été préservé » et que les moyens alloués garantissent un fonctionnement optimal des missions constitutionnelles. Il a particulièrement insisté sur l’effort financier consenti en faveur des infrastructures, matérialisé par une hausse de près d’un milliard de FCFA sur le poste du chantier du nouveau siège, afin d’assurer l’achèvement des travaux et le déménagement des services dans des conditions optimales.

Abondant dans ce sens, la deuxième questeur, Chantal Ahyi, a salué une gouvernance empreinte de « transparence, de responsabilité et de sincérité », prenant l’engagement d’exécuter ces crédits avec la plus stricte rigueur. En clôturant les débats, le président Joseph Djogbénou a pris acte des recommandations formulées par la commission des finances et ses collègues, réaffirmant son engagement à veiller à une gestion efficiente de ce budget de transition vers les nouveaux locaux de l’institution.

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