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Comment l’exécutif béninois compte reprendre la main sur 290 km de domaine public routier

Infrastructures, La Marina BJÀ l’ombre des grands chantiers de bitumage, le gouvernement béninois s’apprête à initier une opération d’envergure pour borner et sécuriser l’emprise foncière de 290 kilomètres d’axes stratégiques dans le Sud et le Nord du pays. Figurant parmi les investissements du budget national 2026 affecté au ministère des transports, cette cartographie rigoureuse devrait préfigurer le recensement des biens, la clarification des limites avec les riverains et la libération anticipée des espaces publics.

Au-delà des kilomètres d’asphaltage alignés depuis dix ans, la modernisation du réseau routier béninois exige un contrôle strict du sol. Selon les informations recueillies par La Marina BJ, le ministère du Cadre de Vie, des Transports et du Développement Durable, se dispose à ouvrir une nouvelle phase décisive sur le terrain : la reconquête méthodique du domaine public routier classé. L’objectif est d’installer des repères inamovibles pour stopper l’empiètement informel, clarifier le statut des propriétés riveraines et préparer sans blocage foncier les projets d’infrastructures de demain.

Pour mener à bien ce maillage territorial, une enveloppe budgétaire prévisionnelle de 624 millions FCFA est mobilisée sur les ressources nationales au titre de l’exercice 2026. Affectée directement au Programme Infrastructures et Transports du ministère du Cadre de Vie, des Transports et du Développement Durable, cette ligne financière est destinée à mandater une firme spécialisée afin d’exécuter une feuille de route d’une haute exigence technique et juridique.

D’après nos informations, les équipes qui seront déployées durant près d’un an mobiliseront une expertise pluridisciplinaire mêlant compétences géomatiques, juridiques et sociologiques. Elles s’appuieront sur des outils de géolocalisation de pointe rattachés au système géodésique national, établiront des fichiers numériques d’archivage et procéderont à l’implantation de bornes et balises normalisées. Cette cartographie fine permettrait ainsi à l’État d’adosser sa souveraineté territoriale sur une base de données géographique incontestable.

Trois corridors ciblés

L’opération devrait cibler 290 kilomètres répartis sur trois tronçons majeurs aux enjeux économiques bien distincts. Dans la zone Sud, l’intervention couvrirait 80 kilomètres le long des axes Ouidah-Allada et Pahou-Tori. Situés dans un périmètre périurbain et touristique en pleine expansion, ces tronçons subissent une pression foncière intense où l’urbanisation sauvage grignote progressivement les bordures de chaussée. Concernant l’épine dorsale du Nord, les opérations s’étendraient sur 210 kilomètres cumulés, englobant la continuité Parakou-Bembèrèkè sur 105 kilomètres ainsi que le tronçon Bembèrèkè-Kandi sur 105 kilomètres. Ce couloir constitue le cœur marchand reliant le port de Cotonou aux pays du Sahel, où garantir une emprise totalement dégagée apparaît comme une condition indispensable pour maintenir la fluidité du transit sous-régional et envisager de futurs élargissements de chaussée.

Le relevé technique ne devrait pas s’affranchir de la réalité sociale du terrain. Selon nos sources, les experts à mandatés auront pour instruction de dresser un répertoire exhaustif des occupants et riverains, de vérifier les éléments de formation des titres fonciers et de mesurer très exactement les superficies frappées d’alignement. Chaque bâtiment, installation commerciale ou réseau souterrain empiétant sur la zone inaliénable de la route serait ainsi formellement répertorié. Parallèlement à ce recensement, des campagnes de sensibilisation devraient être menées en lien direct avec les autorités locales afin de rappeler le principe d’inviolabilité du domaine public et prévenir les contentieux. La finalité opérationnelle s’annonce claire : poser des jalons juridiques et physiques stricts avant toute phase d’assainissement ou de libération des emprises.

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Le troisième pilier d’une gouvernance routière intégrée

Cette sécurisation foncière en vue ne survient pas de manière isolée, mais vient vraisemblablement boucler la trajectoire globale de rationalisation des infrastructures portée depuis le régime précédent. La démarche avait débuté au troisième trimestre de l’année 2025 avec l’engagement de la phase administrative pour l’élaboration du catalogue des structures types de chaussée pour adapter les matériaux au sol et garantir la durabilité des ouvrages (Lire LMBJ du 12/08/2025) et l’actualisation triennale de la Banque de Données Routières pour diagnostiquer l’usure du réseau par la donnée scientifique et mieux cibler l’entretien (Lire LMBJ du 22/09/2025).

En s’apprêtant à verrouiller maintenant l’espace foncier de ses corridors majeurs à travers la délimitation et le bornage des emprises, le nouveau régime porté par le président Romuald Wadagni confirmera une nouvelle approche consistant à faire de la rigueur technique et juridique le préalable à tout développement durable des transports.

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