Finances publiques, La Marina BJ — Selon la situation d’exécution arrêtée au 30 juin 2026, l’État béninois avait ordonnancé 71,023 milliards de francs CFA au titre des dépenses sociales prioritaires, sur une cible annuelle de 219,24 milliards de francs CFA. À cette date, 67,6 % de l’objectif annuel restaient donc à ordonnancer sur les six derniers mois de l’exercice, avec des niveaux d’exécution variables selon les secteurs. Décryptage.
Les données consolidées du ministère de l’Économie et des Finances font ressortir, à fin juin, un taux d’ordonnancement de 32,4 % par rapport à la cible annuelle. Ces dépenses à haute sensibilité sociale, suivies dans le cadre des engagements avec le Fonds monétaire international, couvrent notamment l’éducation, la santé, l’accès à l’eau, la protection sociale, l’agriculture et certaines interventions en matière de sécurité et d’énergie. Sur la base de la situation arrêtée au premier semestre, 148,217 milliards de francs CFA restaient ainsi à ordonnancer pour atteindre la cible annuelle.
L’éducation en tête des ordonnancements
L’éducation constitue le principal poste d’ordonnancement parmi les dépenses sociales recensées à fin juin, avec 36,50 milliards de francs CFA. Les cantines scolaires représentent 16,50 milliards de francs CFA engagés et ordonnancés, sur un crédit final de 33,01 milliards. Les mesures de gratuité affichent également des niveaux d’exécution élevés. Pour l’enseignement primaire, 6,42 milliards de francs CFA ont été ordonnancés sur 6,44 milliards prévus. La gratuité au profit des filles dans le secondaire atteint 4,18 milliards sur une enveloppe de 4,34 milliards.
Les bourses et secours universitaires totalisent 3,87 milliards de francs CFA. Les bourses destinées à la formation des formateurs atteignent 360 millions de francs CFA, soit la totalité du crédit prévu. Les dépenses consacrées à la construction et à l’équipement des infrastructures éducatives s’élèvent par ailleurs à 3,78 milliards. Ces différents postes expliquent le poids de l’éducation dans les ordonnancements sociaux recensés au 30 juin, devant les autres secteurs couverts par le tableau de suivi consulté par La Marina BJ.
Des niveaux d’exécution contrastés
L’accès à l’eau potable figure parmi les principaux postes de dépenses, avec 10,70 milliards de francs CFA ordonnancés sur un crédit final de 21,40 milliards, soit 50 %. L’habitat social et l’assainissement pluvial représentent pour leur part 8,57 milliards de francs CFA, dont 8,20 milliards pour l’habitat social.
Dans la santé, les ordonnancements atteignent 4,14 milliards de francs CFA. Les dépenses concernent notamment la prise en charge sanitaire des personnes indigentes, la vaccination et les soins de santé primaire, la santé reproductive, la transfusion sanguine ainsi que le dépistage et le traitement de plusieurs affections. La prise en charge des indigents représente 709,01 millions de francs CFA ordonnancés, contre 747,29 millions pour la vaccination et les soins de santé primaire. La transfusion sanguine totalise 843,75 millions, tandis que les actions relatives à plusieurs maladies prises en charge atteignent 1,50 milliard de francs CFA.
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Les affaires sociales et la microfinance affichent 2,69 milliards de francs CFA ordonnancés. L’appui à la solidarité nationale en représente la principale composante avec 2,27 milliards, devant le microcrédit aux plus pauvres, à 366,86 millions. Les transferts monétaires aux ménages atteignent 54,25 millions de francs CFA sur un crédit de paiement final de 843 millions, soit environ 6,4 %.
Des lignes encore peu consommées
L’agriculture affiche 1,42 milliard de francs CFA ordonnancé sur un crédit de paiement final de 12,40 milliards, soit environ 11,5 %. Les dépenses concernent notamment la diversification agricole, les infrastructures et le secteur vivrier. Le niveau d’exécution apparaît ainsi nettement inférieur à celui enregistré dans l’éducation ou l’eau. Le même contraste ressort dans l’énergie. À ce niveau, les actions à sensibilité sociale totalisent 250 millions de francs CFA ordonnancés, tandis que certaines lignes restent sans ordonnancement à fin juin. C’est notamment le cas de l’électrification rurale, dotée d’un crédit de paiement final de 3,90 milliards de francs CFA, ainsi que des lignes consacrées aux énergies renouvelables.
À la date du 30 juin, l’enjeu budgétaire se situait donc principalement dans l’exécution du reliquat de 148,217 milliards de francs CFA nécessaire pour atteindre la cible annuelle de 219,24 milliards. Les données du premier semestre montrent, au-delà du montant global, des écarts importants dans les niveaux d’engagement et d’ordonnancement entre les différents secteurs couverts par les dépenses pro-pauvres.
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