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Assainissement pluvial à Cotonou : 171 plaintes en attente et des aides inachevées à la clôture du PGERU

Infrastructures, La Marina BJAlors que le rapport final d’achèvement salue la livraison technique du Projet de Gestion des Eaux Pluviales et de Résilience Urbaine (PGERU), l’évaluation met en exergue un lourd passif social. À la clôture officielle du projet, 171 réclamations de riverains affectés demeurent non satisfaites et les programmes d’accompagnement économique restent incomplets, contraignant l’État béninois à exécuter, sur ses propres deniers, un plan de rattrapage dont l’échéance est fixée à janvier 2027. En savoir plus.

Dans les bilans officiels des grands projets d’aménagement urbain, la livraison des ouvrages en béton masque parfois des trajectoires humaines fragilisées. C’est l’autre constat qui ressort du rapport d’évaluation ex-post du PGERU, composante majeure du Programme d’Assainissement Pluvial de Cotonou (PAPC). Si la certification irréprochable des comptes de l’exercice 2025 (Lire LMBJ du 09/09/2026) et la construction de 21,23 kilomètres de canaux ont permis de protéger une vaste partie de la capitale contre les inondations, le volet des réparations sociales accuse un net retard d’exécution. Le document d’achèvement consulté par La Marina BJ, dresse le portrait d’une clôture sous condition, grevée par un passif social que les autorités doivent désormais solder sur leurs propres deniers.

L’accumulation des griefs

À l’origine de cette dette sociale figure un vice de conception dans les premières études d’impact. Les Plans d’Action de Réinstallation (PAR) élaborés au lancement du projet ont sous-estimé de 58,4 % le nombre réel de Personnes Affectées par le Projet (PAP) au niveau des trois bassins versants cibles. Selon le rapport, l’absence de délimitation spatiale suffisamment précise des emprises de chantiers a entraîné des omissions massives de riverains à indemniser, déclenchant un contentieux durable sur le terrain. Tout au long du cycle de vie du PGERU, le Mécanisme de Gestion des Plaintes a enregistré 785 réclamations, dont 78 % ont été traitées — un taux proche de la cible de 80 % fixée par le cadre de résultats du projet. Mais ce chiffre global masque une réalité plus problématique : à la clôture, au 31 mars 2026, 171 plaintes jugées éligibles restaient concentrées sur les seuls bassins Pa3 et AAc, précisément ceux où les omissions initiales de recensement avaient été les plus massives — signe que le retard ne relève pas d’une simple lenteur administrative diffuse, mais d’un nœud structurel resté non résolu jusqu’au bout.

Ce blocage réside dans un double verrou institutionnel et financier. D’une part, la correction des omissions a provoqué un désalignement entre les barèmes de compensation exigeants de la Banque mondiale (politique opérationnelle OP/BP 4.12) et les cadres juridiques nationaux, générant un blocage des paiements ordonné par le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF). D’autre part, le gel des indemnisations a grippé le calendrier des chantiers. Lorsque le gouvernement a décidé, lors de la restructuration de mai 2025, d’annuler les voiries additionnelles non démarrées pour respecter les délais de clôture, cette décision a entraîné l’arrêt net des Plans de Restauration des Moyens de Subsistance (LRMP) associés. Ce sont ainsi plus de 1,41 milliard de FCFA de prévisions sociales qui ont été annulées, laissant de nombreux commerçants, artisans et ménages vulnérables sans les mesures de réinstallation ou d’aide à la reconversion promise.

Un plan d’action d’urgence imposé jusqu’en janvier 2027

Le rapport d’achèvement ne dresse pas un satisfecit sans réserve. Il documente qu’à la clôture, la cellule d’exécution, intégrée à la Société des Infrastructures Routières et de l’Aménagement du Territoire (SIRAT SA), a soumis, en coordination avec la municipalité de Cotonou, un plan d’action post-clôture de 10 mois, s’étalant jusqu’en janvier 2027. Ce dispositif vise à mobiliser les ressources de contrepartie nationale nécessaires pour solder les 171 indemnisations en souffrance et clarifier les modalités de prise en charge des programmes de subsistance interrompus.

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L’enjeu dépasse la seule question comptable des 1,41 milliard de FCFA de prévisions sociales annulées; c’est désormais au budget national, et non plus au financement du bailleur, clos avec le projet, qu’il revient de porter cet effort. Alors que les ouvrages d’assainissement sont transférés à la gestion municipale et que le relais d’entretien par la SGDS est opérationnel, la pleine exécution de ce rattrapage social constitue le dernier test de crédibilité pour l’État, appelé à démontrer que la résilience urbaine de Cotonou ne s’est pas construite au détriment de ses citoyens les plus vulnérables.

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