Finances publiques, La Marina BJ — Le projet de loi de finances pour la gestion 2027, transmis à l’Assemblée nationale après son adoption en Conseil des ministres le 7 octobre, porte l’enveloppe budgétaire à 4.757,029 milliards de FCFA, en hausse de 14,7 % par rapport à la loi de finances rectificative 2026. Derrière cette progression, l’exécutif accentue surtout l’effort consacré aux dépenses à sensibilité sociale, portées à 1.597,533 milliards de FCFA, soit environ 33,6 % du budget. Une traduction financière de la priorité donnée à l’éradication de l’extrême pauvreté au début du régime de Romuald Wadagni.
Alors que le gouvernement table sur une croissance économique de 7,5 %, un déficit budgétaire global limité à 2,8 % du PIB et une inflation de 2 %, il entend davantage orienter la dépense publique vers les ménages vulnérables, le capital humain et les services sociaux de base. Les crédits doivent également soutenir la modernisation de l’agriculture, l’industrialisation, le tourisme, l’innovation technologique et les infrastructures. Mais le signal le plus mesurable réside dans la progression des dépenses à sensibilité sociale : elles augmentent d’environ 312,2 milliards de FCFA par rapport aux 1.285,37 milliards prévus en 2026, soit une progression d’environ 24,3 %, supérieure à celle du budget global.
Tiers de l’enveloppe pour le social
Avec 1.597,533 milliards de FCFA, les dépenses à sensibilité sociale représentent près de 33,6 % du budget 2027. L’effort porte notamment sur la poursuite et l’extension du Programme Assurance pour le Renforcement du Capital Humain (ARCH), la généralisation progressive des cantines scolaires, la gratuité des frais de scolarité des filles dans l’enseignement secondaire général et technique ainsi que d’autres mesures de gratuité.
Le gouvernement prévoit également de mettre à l’échelle et de consolider GBESSOKE, à travers des transferts monétaires destinés aux ménages en situation d’extrême pauvreté pour favoriser le développement d’activités génératrices de revenus. À cela s’ajoutent l’extension des programmes de nutrition et de vaccination, la lutte contre le paludisme et le renforcement de la santé maternelle. Le projet de budget prévoit par ailleurs la construction de cinq hôpitaux de zone ainsi que la réhabilitation et l’équipement d’hôpitaux départementaux et de centres hospitalo-universitaires.
Cette orientation donne une traduction budgétaire à l’objectif affiché par l’exécutif de faire de la réduction de la pauvreté et du renforcement du capital humain des priorités du nouveau cycle de programmation. L’enjeu sera désormais de mesurer, à l’exécution, la part effectivement mobilisée et les résultats obtenus auprès des populations ciblées.
Élargir les filets de protection
Le PLF 2027 ne se limite pas à l’augmentation des crédits. Il prévoit également de renforcer l’architecture de protection sociale. Une plateforme nationale des prestations sociales doit être mise en place, tandis que le service d’aide sociale d’urgence doit être institutionnalisé comme mécanisme national intégré de réponse aux urgences sociales. L’objectif affiché est de mieux articuler les différents instruments d’intervention et de toucher davantage les ménages les plus vulnérables. GBESSOKE occupe, dans cette perspective, une place particulière puisque les transferts monétaires doivent être associés au développement d’activités génératrices de revenus.
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Le même objectif se retrouve dans le champ éducatif, avec la poursuite du recrutement progressif sur titre des aspirants au métier d’enseignant, la poursuite de la construction et de la réhabilitation des lycées, l’équipement des établissements en mobilier scolaire et la requalification du système des bourses en fonction des filières prioritaires et des besoins du marché de l’emploi.
L’augmentation des crédits sociaux intervient toutefois dans un budget qui reste fortement orienté vers l’investissement et la transformation économique. Les cinq leviers retenus pour 2027 — agriculture, industrie, tourisme et culture, innovation technologique et capital humain — doivent contribuer à soutenir une croissance projetée à 7,5 %. Le gouvernement entend également renforcer le financement des collectivités territoriales à travers l’opérationnalisation du Fonds d’Investissement Communal (FIC) et du mécanisme de découpage économique du territoire. Les communes doivent ainsi pouvoir mobiliser davantage de ressources et accéder à des financements diversifiés au-delà des dotations de l’État.
Avec le PLF 2027, l’exécutif donne donc une première traduction chiffrée à sa priorité d’éradication de l’extrême pauvreté. Les 1.597,533 milliards de FCFA annoncés constituent un indicateur de l’effort public projeté, mais la portée réelle de cette orientation se mesurera surtout à travers les crédits effectivement exécutés, le nombre de bénéficiaires atteints et les effets des programmes sur les revenus et l’accès aux services essentiels.
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