Votre portail vers l'information stratégique au Bénin, en Afrique et au-delà
Votre portail vers l'information stratégique au Bénin, en Afrique et au-delà

Accès à l’électricité au Bénin : vers une révision à la baisse de 82 % d’une cible clé du projet BEAS

Électricité, La Marina BJSelon nos informations, il a été étudié un reformatage du Projet d’Élargissement de l’Accès à l’Électricité au Bénin (BEAS). En réponse à la demande d’extension formulée par le gouvernement béninois, le bailleur du projet propose de ramener l’ambition de construction des lignes de moyenne tension de 1 600 à 289 kilomètres.

D’après le document de restructuration de deuxième niveau consulté par La Marina BJ, l’objectif physique dédié aux lignes de moyenne tension (MT) accuse une réduction de 81,94 %. Si l’engagement net du crédit de l’Association internationale de développement (IDA) reste formellement de 190,01 millions de dollars US (sur une enveloppe initiale de 200 millions USD), le surcoût observé lors des appels d’offres compétitifs contraint le bailleur et l’exécutif béninois à un arbitrage sévère sur le périmètre de la distribution électrique.

L’explication de cet ajustement réside dans un choc tarifaire exogène. Les analyses d’instruction de la Banque mondiale indiquent que les marchés attribués pour la construction des infrastructures de distribution ont enregistré un surcoût estimé à environ 40 % sur les prix unitaires. Les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales liées à la pandémie de Covid-19 et au conflit en Ukraine ont fortement renchéri les coûts des matériaux et du génie civil.

À enveloppe financière constante, l’ambition globale du réseau (moyenne et basse tension combinées) doit ainsi être recalculée de 5 600 km à 3 097 km au total. Si les lignes de basse tension (BT) connaissent un ajustement plus contenu, passant de 4 000 km à 2 808 km, soit -28,8 %, le volet Moyenne Tension subit la révision la plus importante. De même, le périmètre géographique est resserré et au lieu des 1 100 localités prévues initialement, 283 localités bénéficieront finalement des travaux de densification et d’extension du réseau.

Des goulots administratifs

Outre l’inflation, le dernier rapport de suivi révèle que le démarrage des travaux de réseau a été retardé par la finalisation tardive des études préalables. Entré en vigueur en novembre 2021, le projet BEAS ne disposait pas d’études de faisabilité ni d’évaluations d’impact environnemental et social finalisées à son approbation. Ces études n’ayant été définitivement validées qu’en mars 2026, la mise en service des premiers tronçons de réseau a été différée et reste désormais attendue pour octobre 2026.

En parallèle, le document souligne les contraintes de fonctionnement de la deuxième Composante du projet, dédiée aux réformes réglementaires ancrées sur des conditions basées sur la performance (PBC). Bien que la composante affiche un taux d’exécution physique de 82 %, marqué notamment par l’adoption de la baisse des frais de raccordement de 85 000 à 10 000 FCFA pour 254 454 ménages intégrés à la base de la SBEE,, seuls 2 666,64 dollars ont été effectivement décaissés sur les 7 millions alloués. Ce faible montant s’explique par des justificatifs transmis jugés insuffisants pour prouver l’éligibilité des dépenses au regard des exigences du mécanisme PBC. Pour débloquer la situation, le bailleur propose de transférer 4 millions de dollars vers la construction des réseaux (Composante 1) et 2,996 millions de dollars vers l’assistance technique (Composante 3).

⚠️ Toute reproduction, même partielle de nos articles, sans mention explicite de la source lamarina.bj est strictement interdite et constitue une violation du droit d'auteur.

Une extension proposée jusqu’en août 2028

Pour permettre l’achèvement des quatre contrats de réseau restants sur les six attribués, le rapport propose de reporter la date de clôture au 31 août 2028, avec une date limite de retrait des fonds au 31 décembre 2028. Cette échéance est plus courte que celle sollicitée par le gouvernement béninois dans sa correspondance officielle du 22 décembre 2025, qui demandait une clôture au 30 novembre 2028 (lire LMBJ du 12/08/2026).

Selon la feuille de route, l’achèvement des quatre marchés majeurs devrait s’échelonner entre le 31 décembre 2027 pour les départements de l’Ouémé et du Plateau et le 24 juin 2028 pour les départements de l’Atlantique, du Mono, et les communes du Grand Nokoué. Par ailleurs, le recalibrage technique issu des études de terrain permet de revoir à la hausse la capacité de transformation à installer, qui passe de 80 000 kVA à 90 690 kVA (+13,36 %). L’approbation finale de cette proposition de restructuration par les instances décisionnelles dira si ce cadre révisé sera validé pour la suite des opérations.

Restez connectés à l’actualité en temps réel en rejoignant notre chaîne WhatsApp pour ne rien manquer : actus exclusives, alertes, et bien plus encore.

Partager cet article
Lien partageable
Précédent

BRVM HEBDO (S38) : Quand une hausse de 2 % suffit à la LNB pour décrocher le bronze

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire article suivant